2) Rouen - Grand-Couronne / Rouen - Les Essarts
Quelques mois après le Mont-Pinçon, l'émetteur de Rouen est enfin mis en service le 14 octobre 1956 au lieu-dit Le Grand Essart, dans le quartier des Essarts au sud de la commune de Grand-Couronne. Si dans les documents officiels de la RTF puis de l'ORTF et de TDF il a pour nom Rouen Grand-Couronne, il est souvent aussi dénommé Rouen Les Essarts.
La raison de ce retard est notamment due à la situation de ce pylône par rapport à l'aérodrome de Rouen Le Madrillet (St-Etienne du Rouvray) : il se situe exactement dans l'axe de la piste d'atterrisage et de décollage.
La RTF se voit donc obligée de limiter à 100 mètres la hauteur de ce pylône, dont la base se trouve néanmoins à 130 mètres au-dessus de la mer : Le premier émetteur du Grand Essart désormais disparu. Un "Chemin de l'antenne"marque maintenant son ancien emplacement.
Deux autres vues anciennes sont visibles ici sur le site de M. Thierry VignaudCliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en grande taille.Document © Delcampe.net Dans Radio-Cinéma Télévision (futur Télérama) du 25 novembre 1956 il est précisé qu'avec une puissance de 10 kW crête-image et trois panneaux rayonnants de 100 kW de P.A.R. (et un quatrième limité à 50 kW vers le nord-est), le canal F10-H de Rouen (vidéo 199,70 MHz - audio 188,55 Mhz) est bien reçu jusqu'à Honfleur à l'ouest, Bernay et L'Aigle au sud-ouest, Nonencourt et Houdan au sud-est, Gisors à l'est, Forges-les-eaux et Neuchâtel-en-Bray au nord-est : La baie centrale de contrôle aux Essarts. Noter le téléviseur typique des années 50 avecla vitre de protection de l'écran, utilisé pour vérifier le "retour antenne" de l'émetteur. Les fanions tricolores indiquent que cette photo date de l'inauguration en octobre 1956.Cliquer dans l'image ou ici pour voir tous les détails en grande taille.Document © Delcampe.net Seule ombre au tableau, comme Cherbourg pour le Mont-Pinçon, Le Havre se trouve hors de portée d'une réception correcte des Essarts. Les deux agglomérations devront attendre deux ans avant de se voir doter d'émetteurs secondaires de faible puissance (nous y reviendrons très bientôt) pour assurer une réception correcte des émissions.
En 1964 est entreprise la construction d'un second pylône, toujours aux Essarts, à quelques centaines de mètres au nord du mât existant. Selon les nouveaux choix techniques de l'époque, comme au Mont-Pinçon cet édifice sera lui aussi tubulaire : Le nouveau mât tubulaire de 200 mètres mis en service en 1966. Dès avant sa mise en service définitive il avait commencé à diffuser la Deuxième Chaîne.Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en grande taille.Document © Martin Watkins (2001)
Les choses traînent toutefois en longueur car il faudra deux ans avant que cette nouvelle installation soit mise en service, afin d'apporter, grâce à ce mât deux fois plus haut (200 mètres) une couverture correcte pour la toute nouvelle Deuxième Chaîne. Celle-ci sera lancée avec près d'un an de retard sur celle du Mont-Pinçon, sur le canal 33-H avec une puissance crête-image de 20 kW (soit 500 kW de P.A.R.) ce qui fait de ce site une particularité par rapport au reste du réseau auquel on a assigné des "triplets" (21-24-27 à Lille et Brest, 22-25-28 à Paris et Caen, 50-53-56 à Limoges et Vannes etc): pour on ne sait quelle raison, Rouen s'est vu en effet attribuer les canaux 23-26-33. Il rejoint ainsi Strasbourg Nordheim qui a hérité d'un hétéroclite 43-56-62 dû, lui, à la proximité des nombreux émetteurs étrangers limitrophes.
Parallèlement, le voisinage trop proche et l'axe trop direct de la piste de l'aérodrome de Rouen-Rouvray (Le Madrillet) sont réglés par l'abandon de ce dernier au profit, en 1968, de celui de Boos qui deviendra l'actuel Rouen Val de Seine, à l'est de la ville, et dont l'axe de la piste met désormais l'ORTF à l'abri d'éventuels problèmes de hauteur pour ses installations :

Vue aérienne de l'ancien émetteur au bord de ce qui deviendra, en bas, l'autoroute A13Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en grande tailleDocument © IGN - GLImages - Forgotten Circuits
Pour la vue aérienne de l'émetteur actuel, cliquer ici
(document © Google Maps - Collection Coplan) 

Le premier mât se situait dans l'axe (en bleu) de la piste (en violet) de l'aérodrome du Mardillet. Un léger déplacement (en rouge) permettait de réduire un peu le problème, mais celui-ci fut définitivement réglé avec le transfert d'aérodrome à Boos ont l'axe de la piste (en orange) est totalement différent de celui (en fuschia) en direction de l'émetteur.Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en grande taille, plus lisible.Document © Google Maps
Sources des informations :© Mme Cécile-Anne Sibout, historienne (2004, 2010)© Agglomération de Rouen (2004) et © Journal Paris-Normandie (2010)© anciens-aerodromes.com
Alors que le Mont-Pinçon s'est vu attribuer dès 1957 trois émetteurs FM, les Haut-Normands devront attendre 1963 avant de pouvoir écouter RTF-Inter (future France Inter) sur 96,5 MHz et RTF Haute-Fidélité (future France Musique) sur 92 MHz grâce à deux émetteurs de 12 kW. Le troisième, sur 94 MHz, arrivera l'année suivante pour diffuser France Culture (ex-RTF Promotion) :


En haut de cette photographie de mw963 datant d'avant la TNT, les antennes TV bande III. Sous la plateforme, les panneaux UHF bande V diffusant La Cinq (puis Arte/France 5) et M6 En bas, les panneaux radio FM pour France-Inter, France-Cultureet France-Musique.Cliquer dans l'image ou ici pour voir tous les détails en grande taille.Document © Martin Watkins (2004)
Côté télévision régionale, la station ORTF de Rouen installée au pied de l'émetteur est inaugurée comme à l'habitude par le ministre Alain Peyrefitte le 27 novembre 1964. Les locaux sont exigus, les conditions de travail sont difficiles pour l'équipe qui détient le triste record de studio le plus petit de France avec ses 35 m², à peine plus grand que celui du Beffroi de Lille dans les années 50. La situation sera grandement améliorée fin 1978 avec le déménagement dans des locaux adaptés, au sein du nouveau centre tertiaire de Saint-Sever. La station pourra alors, le 15 décembre 1978, proposer son premier journal télévisé en couleurs.
Entre temps, la Troisième Chaîne est arrivée à Rouen Grand-Couronne le 24 avril 1974 sur le canal 26-H, suivie en 1976 par TF1 Couleur sur le canal 23-H, toutes deux avec une puissance crête-image de 20 kW, soit 500 kW de P.A.R.
Au début des années 80, Canal Plus émet désormais sur le nouveau canal L07-H (vidéo 192 MHz - audio 198,5 MHz) avec une P.A.R. de 65 kW. Ses fréquences se logent sans problème dans celles, plus larges, de l'ancien canal F10 du 819 lignes.
Quelques années plus tard, La Cinq (puis Arte/France 5) se caseront respectivement sur les canaux 59-H et 62-H rayonnés de façon plus ou moins directionnelle par un petit jeu de panneaux bande V installé entre les panneaux bande III et FM. Même avec des P.A.R. de 100 kW, la diffusion sera évidemment nettement moins bonne que celle du triplet bande IV diffusé depuis l'antenne au sommet du pylône, dont la puissance a été ramenée de 500 à un peu moins de 200 kW avec l'arrivée de ces nouvelles chaînes.
Le 31 mars 2005, pour une fois c'est Grand-Couronne (Les Essarts) qui est favorisé par rapport au Mont-Pinçon, avec le lancement officiel, en même temps que Paris et une douzaine d'autres villes, de la T.N.T.
Au niveau de la zone de réception, France 5, Arte et M6 sont enfin à égalité avec les autres chaînes historiques en ayant accès, elle aussi, à l'antenne UHF principale au sommet du pylône :


L'émetteur peu après l'arrivée de la TNT le 31 mars 2005Cliquer dans l'image ou ici pour voir tous les détails en grande taille.Document © TDF (2005)


Noter le bâtiment en bas à droite, un ancien logement du personnel du premier centre émetteurCliquer dans l'image ou ici pour voir tous les détails en grande taille.Document © TDF (2005)
Édité par kiki37 le 12/07/2022 à 16:11:35
3) Cherbourg - Digosville et Le Havre - Harfleur
Autant en baie de Seine qu'à l'extrémité de la pointe du Cotentin, les émissions de Grand-Couronne comme celles du Mont-Pinçon ne parviennent que très difficilement, voire pas du tout dans ces secteurs en bord de mer.
Aussi la R.T.F. décide-t-elle de construire deux émetteurs de faible puissance destinés à compléter ces couvertures insuffisantes dans les zones de Cherbourg et du Havre-Honfleur.
Toutefois, en cette deuxième moitié des années 50, la conjoncture économique est très défavorable pour les déblocages de crédits destinés à l'achat de nouveaux émetteurs. L'Ouest est en première ligne dans cette période de vaches maigres, nombreux sont ses futurs émetteurs de grande puissance qui voient leurs délais de mise en route reportés de un ou deux ans. Le bal commence avec les deux sites de Cherbourg-Digosville et Le Havre-Harfleur, qui devaient être initialement mis en route dans la foulée de ceux de Caen et Rouen, mais ils devront finalement attendre l'été 1958, avec le 27 juillet pour Cherbourg et le 5 août pour Le Havre.
a) Cherbourg - Digosville
C'est donc dans le petit village de Digosville (le "s" ne se prononce pas), au lieu-dit Le Hameau Giot sur la Lande Panverse, à 5 km au nord-est de Cherbourg, qu'est construit un petit pylône en treillis métallique haubané de 80 mètres seulement pour assurer une réception correcte dans cette zone hors de portée du Mont-Pinçon, distant de 100 km et dont le signal est affaibli par les collines encadrant la vallée de la Divette.
Le canal F12-H (vidéo 212,85 MHz, audio 201,70 MHz) avait été retenu avec une puissance-crête image de 500 Watts, soit environ 10 kW de P.A.R.
Par la suite, occupant cette même bande de fréquences et malgré leur voisinage relatif, les émetteurs I.T.V. de Chillerton Down (canal B11-V) sur l'île de Wight dès 1959, et de Caradon Hill (canal B12-V) dans le Devon en 1960, n'allaient pas apporter de soucis marquants, notamment grâce à leurs diagrammes de rayonnement très limités vers le continent, mettant la pointe du Cotentin à l'abri des interférences subies par les usagers du Mont-Pinçon.
Courant 1966, un émetteur Deuxième Chaîne de 2 kW (soit 50 kW de P.A.R.) était mis en service sur le canal 59-H et l'année suivante, un premier petit émetteur radio F.M. diffusait France-Inter pour l'agglomération de Cherbourg sur 94,15 MHz avec 50 Watts de puissance, celle-ci étant portée à 250 Watts (soit environ 5 kW de P.A.R.) courant 1968, au côté de deux autres émetteurs de mêmes caractéristiques diffusant France-Culture sur 89,2 MHz et France-Musique sur 92,35 MHz avec une zone de réception à peu près identique à celle des deux émetteurs de télévision.
Merci à notre ami normand14 qui nous apporte également les précisions suivantes : " L'émetteur FM fut mis en service pour permettre de diffuser Radio-Cherbourg en décrochage de France-Inter. Radio-Cherbourg fut inauguré le 6 janvier 1966 en même temps que la station régionale de l'ORTF de Caen. De ce fait l'émetteur de Caen-Mont Pinçon cessa ce jour-là de transmettre les actualités régionales réalisées depuis Rouen pour diffuser celles produites par la station de Caen. Un faisceau hertzien fut mis en place entre la station installée à Saint-Contest dans la banlieue de Caen et le Mont-Pinçon.
https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/video-caen-la-television-regionale-fete-ses-50-ans-898401.html
https://www.ouest-france.fr/normandie/caen-14000/il-y-50-ans-le-premier-jt-bas-normand-naissait-3962087 "
La puissance des émetteurs UHF sera doublée (4 kW crête-image, soit 100 kW de P.A.R. environ) lors de la mise en service d'un second émetteur en 1976 sur le canal 62-H pour FR3, suivi en 1978 par celui de TF1 Couleur sur le canal 65-H. Canal Plus suivra au milieu des années 80 en 625 lignes SECAM sur le canal L06-H (vidéo 191,25 MHz – audio 197,75 MHz). Alors qu'en général on s'efforçait de rester dans la même bande de fréquences que l'ancien réseau 819 lignes, ici à cause de l'écart important de fréquence vidéo avec l'ancien canal F12 du 819 lignes, certains téléspectateurs, notamment abonnés à la chaîne, ont pu être amenés à devoir remplacer leur antenne Bande III.
Dans le milieu des années 80, Digosville reçoit deux émetteurs UHF d'une puissance de 1 kW crête-image environ (soit 20 kW P.A.R.) sur les canaux 35-H pour La Cinq et 37-H pour M6.
Malgré d'intenses recherches menées sur plusieurs semaines, il n'a pas été possible (comme cela avait déjà été le cas pour Dijon Nuits St-Georges et Besançon-Lomont) de trouver une seule illustration de cet émetteur avant 1986. C'est en effet à notre ami Martin, mw963, que nous devons ces photographies du site lors du remplacement de son pylône en 1986, qu'il nous a gentiment mis a disposition comme il l'avait fait pour le site de M. Thierry Vignaud. En retouchant l'une d'entre elles, comme cela a été fait précédemment pour le Lomont dans des conditions identiques, voici l'aspect que devait avoir le pylône à ses débuts en 1958 :
Les antennes 819 lignes du canal F12, au sommet du mât, étaient légèrement moins grandes que
celles de Canal Plus (canal L06) visibles sur cette retouche de la photographie originale prise par
notre ami mw963 en 1986 lors du remplacement de ce pylône, et visible après celle ci-dessous.
Document retouché à partir du cliché original © Martin Watkins (1986)
Et voici à quoi il ressemblait réellement en 1986 après l'arrivée de La Cinq et M6 : Noter le réflecteur passif assurant la liaison hertzienne des quatre premières chaînes
Document retouché à partir du cliché original © Martin Watkins (1986)
Enfin, voici la photographie originale prise par notre ami mw963 au moment du remplacement de l'ancien pylône de 80 mètres, par un nouveau, haut de 138 mètres :
Site T.D.F. de Cherbourg – Digosville, 1986.
Remplacement de l'ancien mât de 1958, haut d'environ 90 mètres
avec son antenne UHF, par un nouveau mât de 138 mètres (à droite)
Document © Martin Watkins (1986)
Cherbourg n'a pas eu seulement un rôle au niveau de la télévision française : lors de l'arrivée très tardive (en 1976) de BBC2 et de la mise en couleur de BBC1 et de ITV Channel Television dans les îles anglo-normandes, les opérateurs britanniques avaient adopté deux politiques différentes. Apparemment ITV (peut-être à cause de son statut commercial) n'avait ni souhaité ni réussi à s'entendre avec la France (alors encore sous monopole) pour assurer une liaison hertzienne via Cherbourg, ce qui avait contraint la chaîne britannique à mettre au point un système compliqué d'antenne (le SABRE, voir ici – pages en anglais) captant l'émetteur UHF de Stockland Hill (Sud-Ouest de l'Angleterre) pour relayer les émissions en couleur nationales du réseau ITV. Par contre, la BBC avait passé un accord avec l'établissement public TéléDiffusion de France, et Cherbourg (très vraisemblablement Digosville, vu la hauteur de son pylône) a servi de d'étape sur le parcours du faisceau hertzien pour relayer BBC1 et BBC2 en couleur PAL entre l'Angleterre et les îles anglo-normandes jusqu'à la mise en service des liaisons satellites dans les années 80.
Par la suite, l'encombrement des fréquences sera (difficilement) mis à plat pour assurer l'arrivée de la TNT en France comme dans les îles anglo-normandes. Celles-ci, d'ailleurs, prises en enclave entre les émetteurs normands et bretons, et susceptibles de subir des interférences de ceux du Sud de l'Angleterre, ne disposent pas de la totalité des très nombreuses chaînes britanniques du bouquet TNT Freeview. Par contre, Digosville, comme partout ailleurs en France, diffusait dès l'automne 2006 toutes les chaînes numériques prévues au plan national. Le centre émetteur T.D.F. de Digosville en décembre 2004 A gauche les quartiers nord de Cherbourg, et la Manche dans le lointain. Document ©TDF (2004) Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en très grande taille pour voir tous les détails Document ©TDF(2004) Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en très grande taille pour voir tous les détails Depuis, politique européenne concurrentielle oblige, c'est la société Towercast qui a remporté le marché local et assure la diffusion de toutes les chaînes à partir d'un pylône autostable en treillis métallique érigé en 2015-2016 à La Cacherie, à moins de 200 mètres de celui de TDF qui ne diffuse plus que les cinq radios FM de Radio-France (Inter, Culture, Musique et Bleu Cotentin).
Site Towercast de Cherbourg – Digosville, route de la Cacherie.
Le pylône haut de 118 mètres diffuse désormais tous les multiplex de la TNT
Au Royaume-Uni, pour des raisons techniques, ITV avait été amenée à émettre depuis des sites différents de ceux de la BBC, pour compenser la limite de portée de la bande III par rapport à la bande I de la BBC. Mais par la suite, les deux opérateurs s'étaient entendus pour regrouper à égalité sur un seul site, les émetteurs de toutes les chaînes UHF britanniques.
En France c'est maintenant exactement l'inverse : de plus en plus, comme nous l'avons vu avec Besançon-Lomont et Argenton-sur-Creuse, et comme nous le verrons très bientôt pour l'intercalaire de Mortain (au sud de ce département de la Manche) on se retrouve avec des dédoublements de pylônes sur un même site d'émission, et parfois même plus lorsque des opérateurs de téléphonie mobile décident d'en faire autant, ce qui ne va pas sans créer des remous parmi les populations locales soucieuses de l'esthétique de leur environnement. Mais le fait est là, l'actuelle société TDF qui a pris la suite de l'ancien établissement public Télé Diffusion de France (héritier de la Régie de Diffusion de l'ex-ORTF), se voit de plus en plus abandonnée par ses concurrents locataires qui préfèrent investir dans leurs propres équipements d'émission à l'esthétique, il faut le reconnaître, assez contestable dans les belles campagnes françaises.
b) Le Havre - Harfleur Comme pour Cherbourg avec l'émetteur du Mont-Pinçon, Le Havre et son agglomération ne pouvaient pas capter correctement l'émetteur des Essarts, notamment à cause de certaines hauteurs dominant les méandres de la vallée de la Seine.
Après deux ans d'attente, la R.T.F. a finalement mis en service le 5 août 1958 sur les hauteurs du quartier de Caucriauville, dépendant alors de Harfleur, à l'est du Havre, un petit "émetteur satellite" de 50 Watts de puissance-crête image avec un pylône haut de 50 mètres, et fonctionnant sur le canal F7-H (vidéo 177,15 MHz – audio 188,30 MHz).
Un émetteur Deuxième Chaîne de 10 kW (soit environ 250 kW de PAR) suivra début 1965 sur le canal 43-H, permettant de compléter la zone de couverture insuffisante en baie de Seine, à la fois de l'émetteur de Rouen sur la rive nord (Le Havre, Sainte-Adresse, Octeville...) et sur la rive sud (Honfleur, Villerville, Trouville) se trouvant en limite de réception de celui du Mont-Pinçon. La puissance de l'émetteur VHF est simultanément portée de 50 à 500 Watts (soit environ 10 kW de P.A.R.) cette même année 1965 :


Le pylône surmonté de sa nouvelle antenne UHF à partir de 1965
Photographie originale © Editions CAPCliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en très grande taille
La radio en modulation de fréquence devra attendre jusqu'en 1967 avant que trois émetteurs de 250 Watts soient mis en service sur 88,9 MHz pour France-Inter, 93,3 MHz pour France-Culture, et 98,5 MHz en stéréophonie pour France-Musique. Toutefois, la réception des émetteurs du Mont-Pinçon était déjà possible auparavant pour les Havrais s'équipant d'une antenne F.M. extérieure.
A partir de 1971, à la suite d'une recomposition urbaine, l'émetteur ne se situe plus sur le territoire de la commune d'Harfleur, mais de celle du Havre. L'ORTF, puis TéléDiffusion de France, et désormais TDF et le CSA, lui ont néanmoins conservé son appellation d'origine : "Le Havre - Harfleur ".
Peu après Grand-Couronne, la Troisième Chaîne est mise en service par l'ORTF dans le courant du printemps 1974 à Harfleur sur le canal 40-H, suivie en 1976 par TF1 Couleur sur le canal 46-H, à qui la revue professionnelle Antennes de TéléDiffusion de France rendra hommage sur sa page de couverture quelques mois plus tard : L'émetteur du Havre a bénéficié de la duplication de TF1 Couleur dès 1976
Document © TDF (février 1977)
Au milieu des années 80, Canal Plus émet désormais sur le canal L05-H (vidéo 176 MHz – audio 182,50 MHz) dans l'ancienne bande de fréquences du canal F7 et avec la même polarisation, permettant aux anciennes antennes VHF de capter la nouvelle chaîne. Celle-ci sera suivie par deux émetteurs UHF diffusant La Cinq et M6 respectivement sur les canaux 53-H et 56-H avec 45 kW de P.A.R.
Plus tard, un émetteur de 20 kW de P.A.R. sur le canal 35-H relaiera pour la rive sud, appartenant au Calavados, France 3 avec l'édition régionale " Basse-Normandie " pour pallier l'insuffisance ou l'absence de signal du Mont-Pinçon dans cette zone. Les émetteurs F.M. de Radio-France seront complétés en 1986 par celui de la nouvelle station Radio France Normandie Rouen sur 95,1 MHz avec des décrochages locaux jusqu'en juin 2015, et par une dizaine de stations locales.
Notre ami normand14 apporte aussi la précision suivante : "en 1989, tout comme pour la télévision, un émetteur FM (102.2 Mhz) destiné à la diffusion de Radio-France Normandie Caen fut installé. Cet émetteur diffusait donc FR3 Rouen et FR3 Caen ainsi que RF Normandie Rouen et RF Normandie Caen. Situation inchangée à ce jour."

L'émetteur du Havre sur les hauteurs d'Aplemont, autrefois un quartier de HarfleurDocument © Martin Watkins (1990)
Courant 2001, l'ancien pylône autostable a été remplacé par un modèle de même type, mais légèrement plus grand avec une hauteur totale de 132 mètres. Voici, prise par notre ami Martin, mw963, une photographie publiée sur le site de M. Thierry Vignaud (cliquer ici pour d'autres photos) avant la "déconstruction" de l'ancien pylône :


A gauche, l'ancien pylône construit par l'ORTF.
Noter la plus grande légèreté de structure de son successeur.Cliquer dans l'image ou ici pour ouvrir la page du site de M. Thierry VignaudDocument © Martin Watkins (2001) et M. Thierry Vignaud La TNT est arrivée sur le site de Harfleur dès septembre 2005, permettant la diffusion de toutes les chaînes nationales. Par la suite, la chaîne locale "LCN" (La Chaîne Normande) autorisée en Haute-Normandie par le CSA en 2011 n'a pu jusqu'à présent trouver place au Havre, la dernière fréquence disponible ayant été préemptée par France 3 pour continuer le relais, à destination de la rive gauche de la baie de Seine, de son édition régionale de Caen.


Le centre émetteur T.D.F. de Harfleur en décembre 2004 Document ©TDF (2004) Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en très grande taille pour voir tous les détails


Document ©TDF (2004) Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en très grande taille pour voir tous les détails 

Document © M. X. Boudou et carte-fh.lafibre.info (2017)Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en très grande taille pour voir tous les détails
A ce jour, tous les opérateurs exploitant les divers multiplex de la TNT utilisent le site de Harfleur. Contrairement à Digosville, il n'y a pas à ce jour de nouveau pylône construit ou projeté par un concurrent de TDF au Havre.
4) Les intercalaires normands
a) Neufchâtel-en-Bray - Croixdalle
Dans les années 60 et le début des années 70, la couverture de l'émetteur UHF de Rouen Grand-Couronne / Les Essarts était très insuffisante voire inexistante dans le nord et le nord-est du département de la Seine-Maritime, partiellement desservis par ceux d'Abbeville-Limeux et d'Amiens Saint-Just en Chaussée diffusant par ailleurs les émissions régionales d'Amiens.
Un centre intercalaire avec pylône tubulaire de 200 mètres fut donc construit et mis en service en 1976-1977 sur les hauteurs de la forêt de La Verrerie du Hellet, dans le secteur très vallonné de Croixdalle à quelques kilomètres au nord-ouest de Neuchâtel-en-Bray, diffusant Antenne 2 et FR3 Haute-Normandie respectivement sur les canaux 48-H et 54-H avec une puissance crête-image de 4 kW (soit 100 KW de P.A.R. à l'époque). Jusqu'à la mise en service en 1978 de l'émetteur de TF1 Couleur avec cette même puissance sur le canal 51-H, TF1 fut provisoirement difffusé en "hybride" (819 lignes UHF) sur le canal 65-H avec une puissance crête-image de 250 Watts (soit environ 5 kW de P.A.R.). Par la suite, la puissance apparente rayonnée de ce canal 65 fut portée à 10 kW lors de sa réaffectation à la diffusion de Canal Plus au milieu des années 80.
Le centre fut aussi complété peu après par deux émetteurs UHF de même puissance (10 kW P.A.R.) relayant La Cinq et M6 respectivement sur les canaux 34-H et 31-H.
Comme tous les centres intercalaires de même type, Neuchâtel-en-Bray s'est vu aussi attribuer des émetteurs radio FM diffusant France Inter (92,7 MHz), France Culture (96 MHz), France Musique (90,2 MHz) complétés plus tard par celui de Radio-France Haute-Normandie (101,6 MHz) avec une même P.A.R. actuelle de 5 kW, puis par une demi-douzaine de radios privées limitées, elles, à 500 Watts de P.A.R. :


Document © Martin Watkins (2004) Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en très grande taille pour voir tous les détails
Neufchâtel-en-Bray est passé à la TNT en octobre 2006 et diffuse, outre les multiplex nationaux, la station locale "LCN" (La Chaîne Normande) basée à Rouen.


Document © Martin Watkins (2004) Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en très grande taille pour voir tous les détails


Dans une forêt à 200 mêtres d'altitude, le centre intercalaire de
Neufchâtel-en-Bray - Croixdalle et son pylône de même hauteur Document ©TDF (2004) Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en très grande taille pour voir tous les détails

Document ©TDF (2004) Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en très grande taille pour voir tous les détailsb) Alençon - Mont d'Amain
Dans la même situation qu'à Neufchâtel-en-Bray, Alençon et ses environs, encaissés dans les montagnes du Perche, se trouvaient hors de portée confortable des émissions UHF à la fois du puissant émetteur de Mayet, au sud du Mans, et de celui du Mont-Pinçon diffusant par ailleurs les émissions régionales de Caen couvrant l'actualité de l'Orne.
L'ORTF entreprit donc la construction et la mise en service, en 1971, d'un émetteur intercalaire destiné à couvrir correctement ce département depuis les hauteurs des Monts d'Amain, à la fois en radio FM et en télévision UHF. Le choix se porta sur le lieu-dit "Les Champs Gassiers" à 300 mètres d'altitude sur la commune de Brullemail, à 30 km au nord-est d'Alençon :

Vue satellite de l'émetteur intercalaire TDF d'Alencon Mont d'AmainDocument © IGN - Géoportail - Collection Coplan
Comme pour presque tous les émetteurs de cette époque la technologie du mât tubulaire fut retenue avec un pylône de 200 mètres accueillant un émetteur Deuxième Chaîne de 4 kW de puissance crête-image (soit 100 kW de PAR) sur le canal 51-H, et trois émetteurs radio à modulation de fréquence de 2kW diffusant France-Inter sur 93 MHz, France-Culture sur 88 MHz et France-Musique en stéréophonie sur 91 MHz.

L'émetteur d'Alençon Mont d'Amain à ses débuts dans les années 70.
Les antennes FM n'ont pas été encore posées sur le pylône.
Document © Delcampe.net Le centre, trop éloigné d'Alençon (30 km) n'a pas été retenu pour relayer la station locale France Bleu Normandie (Calvados, Orne) sur 101,6 MHz limitée à 500 Watts de PAR, TDF ayant préféré créer un nouveau site à Valframbert, plus proche de la ville d'Alençon. Il en est de même pour les stations privées, trop limitées elles aussi en PAR, pour lesquelles ce diffuseur exploite un autre site à Saint-Barthélémy, au sud de l'agglomération.
FR3 avec son édition régionale Basse-Normandie fut mise en service vers 1976 sur le canal 54-H, suivie en 1978 par TF1 Couleur, toutes deux avec la même puissance de 4 kW crête-image.
A la fin de l'été 1989, deux émetteurs de 1 kW crête-image complétaient les équipements UHF avec La Cinq sur le canal 42-H et M6 sur le canal 45-H. En raison de la multiplication de ces nouveaux émetteurs initialement non prévus par les accords internationaux, leur puissance apparente rayonnée étaient limitée à 12 kW tandis que celles du "triplet" étaient abaissées à 40 kW de PAR.
En juin 2006, le site est passé au numérique avec la diffusion de toutes les chaînes nationales. Il n'y a aucune chaîne locale sur la TNT dans ce département.


Le centre émetteur lors du passage à la TNT en juin 2006
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c) Mortain Grand-Fontaine, Mortain Roche-Plate et Mortain Bocage
- TDF Mortain Grand-FontaineEncaissé lui aussi dans une petite vallée située à mi-chemin entre les émetteurs du Mont-Pinçon et de Rennes Saint-Pern, à une trentaine de kilomètres à l'est d'Avranches et de la baie du Mont Saint-Michel, le secteur de Mortain reçoit mal ou pas du tout les émissions UHF (et en couleurs) de la Deuxième Chaîne.
Comme pour Neufchâtel-en-Bray et Alençon, Télé Diffusion de France décide donc d'y implanter, au lieu-dit "Grand-Fontaine" en 1975-1976, un petit émetteur dont le mât en treillis métallique haubané se limitera à une hauteur de 100 mètres, soit la moitié de ceux habituellement construits en tubulaire pour les intercalaires à cette époque :


L'émetteur intercalaire TDF de Mortain Grand-FontaineDocument © Google Street View Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en très grande taille pour voir tous les détails
Deux émetteurs UHF de 500 Watts de puissance apparente rayonnée (soit environ 10 kW de PAR) sont mis en service en février 1976 (voir l'intéressant article de la revue Antennes dans le message ci-dessous de kiki37) pour diffuser Antenne 2 sur le canal 52-H et FR3 avec les émissions régionales de Basse-Normandie sur le canal 55-H. Ils seront suivis en septembre 1978 par un autre dupliquant TF1 Couleur sur le canal 55-H.
Dans le milieu des années 80, le site se trouvant à proximité de la ville de Mortain, un petit émetteur de 700 Watts de puissance apparente rayonnée lui était attribué pour diffuser M6 sur le canal 58-H. L'encombrement des fréquences lié à la proximité des îles anglo-normandes et des émetteurs du Mont-Pinçon, de Rennes Saint-Pern et de Laval Mont-Rochard ne laissait plus de place pour un émetteur plus puissant, ni même pour un autre de faible puissance pour La Cinq.
- ITAS-TIM Mortain Roche Plate
Au printemps 2008 ce site TDF passait à la TNT, diffusant l'ensemble des multiplex nationaux jusqu'à 2014-2015, date à laquelle a été mis en service à proximité, de l'autre côté de la route, un pylône ITAS-TIM autostable de taille quasi-identique (106 mètres) diffusant le multiplex R6 sous l'appellation "Mortain - Roche Plate" :

Vue satellite du site "Mortain - Bocage"
En haut, le nouveau pylône autostable ITAS-TIM de Roche-Plate
En bas, le pylône haubané de TDF Grand-Fontaine
Les deux sites sont éloignés de moins de 150 mètresDocument © Google Street View
- Mortain Bocage
Depuis, en 2016, TDF a pris le contrôle de ce concurrent, ce qui a amené l'ARCEP (autorité de contrôle des télécommunications) a considérer désormais TDF et ITAS-TIM comme étant toutes deux l'opérateur historique. Depuis ce rachat d'ailleurs, les deux pylônes continuent de fonctionner simultanément sous l'appellation "Mortain - Bocage". Aucune télévision locale n'est par ailleurs disponible dans ce secteur sur la TNT.
Prochaine étape : la Bretagne
(Rennes - Saint-Pern, Brest - Roc Trédudon, Vannes - Moustoir-Ac)
Édité par kiki37 le 13/07/2022 à 13:49:33
Mais une fois tous ces émetteurs installés et mis en service
, il fallait les contrôler, mesurer leur portée et les entretenir, ce à quoi s'activait Télédiffusion de France
N.B. l'appellation TDF dans l'article ci-dessus fait référence à Télédiffusion De France alors établissement public, à ne pas confondre avec l'actuel TDF, établissement privé.
Édité par kiki37 le 15/10/2018 à 10:55:15
Tres bien mis a jour LMF! Merci.
Pour ceux qui peuvent lire la langue de Shakespeare:
http://downloads.bbc.co.uk/rd/pubs/reports/1961-16.pdf(Enquete technique BBC sur les rapports de frequences entre Mt Pincon et North Hessary Tor, compris visite "top secret" en France.....)
mw963 a écrit ↗Tres bien mis a jour LMF! Merci.
Merci cher Martin, ainsi qu'à SAT (qui a gentiment supprimé un message pour permettre à kiki37 de compléter bientôt l'étape Normandie de façon logique) pour vos encouragements à tous les deux !
Citation :Pour ceux qui peuvent lire la langue de Shakespeare (...) Enquete technique BBC sur les rapports de frequences entre Mt Pincon et North Hessary Tor (...)
Pour résumer un peu ce document de la B.B.C. pour les non-anglophones :
En 1961 la R.T.F. avait fait savoir à la B.B.C. que des interférences brouillaient la réception du Mont-Pinçon, même à seulement 20 km de l'émetteur.
Vérifications faites, c'était bien celui de North Hessary Tor, dans le Sud du Devon, qui provoquait des moirages sur le canal F2, dont (nous l'avons vu précédemment) les fréquences se chevauchaient avec celles de son canal B2.
La B.B.C. a commencé par s'installer non loin de son émetteur des Platons à Jersey, munie d'un téléviseur 819 lignes du commerce, mais celui-ci captait trop bien le canal B4 des Platons, même ailleurs dans l'île. Ils continuèrent avec un récepteur 405 lignes modifié, mais n'étaient pas satisfaits des résultats. Néanmoins, la réception du Mont-Pinçon à Jersey ne semblait pas bonne, celle de Rennes Saint-Pern (canal F5-H) en bande III étant bien supérieure.
Nos techniciens britanniques reçurent l'aide d'un revendeur TV local qui mit à leur disposition un second récepteur équipé (chose encore rare en 1961) pour les cinq normes européennes (405 lignes, 625 lignes européen et "belge", 819 lignes français et "belge"... vraisemblablement un BARCO). Ils purent ainsi constater que la diffusion du Mont-Pinçon ne semblait quand même pas parfaite.
Par ailleurs, contrairement à la B.B.C. qui émettait normalement toute l'année, la R.T.F. faisait des économies en n'émettant que le soir en été, ce qui ne facilitait pas les choses.
Le seul moyen d'en savoir plus, c'était d'organiser une discrète visite non officielle chez les Gaulois... et de vérifier sur place les conditions de réception du Mont-Pinçon et les fameuses interférences qu'ils n'avaient pu vérifier à Jersey. Ainsi que l'a souligné notre ami Martin, "le signataire du présent rapport s'est fait passer pour un touriste s'intéressant à la télévision française" (sic) pour mieux mener sa mission secrète ! 
Le choix se porta d'abord sur la petite station estivale de Carteret, sur la côte ouest du Cotentin, mais ils ne purent avoir accès à aucun téléviseur, ni les hôtels ni les cafés, ni même les magasins n'en avaient... N'ayant pu, voyageant en train, emporter avec eux un de ces encombrants téléviseurs de 40 kgs de cette époque, ils se déplacèrent donc (toujours en train) plus à l'est, à Carentan, où la télévision étant mieux implantée, ils purent utiliser celle de l'hôtel pour vérifier la réception : un moirage marqué existait bien sur le canal F2.
En Britanniques bien organisés, ils s'étaient entendus d'avance avec les techniciens de North Hessary Tor qui, à certains horaires bien définis, décalaient la fréquence nominale de leur émetteur, en calculant cet offset à partir de la fréquence ligne de la norme 819 lignes. Nous n'entrerons pas ici dans les détails techniques, que même les spécialistes non anglophones pourront comprendre aisément dans le document original en anglais. On notera toutefois que, la BBC émettant sur tout le Royaume-Uni avec seulement cinq canaux en bande I, tous ses émetteurs "secondaires" étaient décalés par rapport à l'émetteur "principal" (le plus ancien et le plus puissant : Home Moss pour le canal B2, en partage avec North Hessary Tor, Oxford, Douvres...). Il apparut ainsi que le moirage disparaissait presque complètement en ramenant la fréquence vision de 51,74325 MHz à 51,733125 MHz, abaissant ainsi de 12 dB l'interférence avec celle du canal F2 et rendant la vision de celui-ci bien plus confortable, très proche de la normale.
Les Britanniques poussèrent aussi jusqu'à Cherbourg, mais la réception de Caen y était quasi impossible, d'autant plus que, nous l'avons vu précédemment, l'émetteur de Digosville sur le canal F12-H, mis en service trois ans plus tôt, en 1958, avait une diffusion d'excellente qualité.
Les techniciens concluent leur rapport en laissant entendre que des études plus poussées auraient été souhaitables, notamment avec des mesures de champ des deux émetteurs de Caen et North Hessary Tor dans d'autres endroits en France, ainsi que des informations plus complètes sur la stabilité du secteur électrique alimentant le Mont-Pinçon. Ces éléments, bien sûr, ne pouvant être obtenus par un simple "touriste anglais s'intéressant à la télévision française"...
Et puisque nous évoquions North Hessary Tor, quoi de mieux que de le découvrir ici grâce à notre ami mw963 justement, qui l'a photographié ici en novembre 2017 :

Document © Martin Watkins - Novembre 2017Le centre émetteur radio FM et DAB de la BBC à North Hessary Tor (Sud Devon)
Les antennes bande I ont disparu depuis 1985 et la configuration de la région a privé ce centre
de la diffusion UHF au bénéfice des deux stations créées par ITV à Stockland Hill et Caradon Hill.
Comme d'autres anciens sites TV 405 lignes de la BBC et de l'ITA non retenus pour la télévision
en UHF, North Hessary Tor continue de fonctionner pour diffuser la radio en FM et DAB.Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en grande taille Rappel : les débuts de l'émetteur du Mont-Pinçon (Normandie) sont ici
Édité par kiki37 le 13/07/2022 à 13:51:38
Merci Colorix. Très bon résumé! C'est dommage qu'on n'a pas toujours la note des frais pour cinq heures passés dans un hôtel, regardant la télé! J'imagine que le personnel de la BBC ont réussi a consommé quelques verres pour encourager l’hôtelier.....!
Enfin la BBC est un peu le "pompier pyromane" car il ne s'empêche pas d'adosser à bloc le nord de la France. ....
Je vous assure que vos emetteurs en France provoquaient des problemes egales chez nous en Angleterre en VHF..... Il faut rappeller en plus que North Hessary Tor etait beaucoup moins puissant que Mt Pincon.....
Il faut dire que 41 Mhz, c'est une fréquence trop perturbée.
Dans les années 1970, il y avait un émetteur VHF Bande I CCIR à Stockholm( Motala ? ), qui diffusait la SVT 1 sur le canal E1, par la suite, cet émetteur a été rapidement coupé, et la Bande I VHF infradyne CCIR a commencé par le canal E2 au lieu de E 1. Pour ce canal, j' avais vu ça dans un livre sur la DX-TV, de Pierre GODOU
En 1978, lors de l' élaboration de la norme L' par le CCETT et TDF, ils avaient défini le canal L 01( appellé A ), sur la bande I VHF supradyne, sur la même porteuse audio que le canal F2 norme E, comme celui, ici, du Mont Pinçon.
Ce canal L 01 appellé aussi A, je l' avais étudié, en 1984, lorsque je faisais mon stage AFPA radio TV, sur la leçon " les TV anciennes normes et nouvelles normes ", il était mentionné sur nos tableaux des nos cours.
Cependant, en pratique, on n' a jamais utilisé ce canal VHF Bande I , lors de la création du 4 eme réseau( C+ analogique ), et pour cause ! Alors les 41 mhz ont été réaffectés aux pulses de radiocommande. En VHF bande I, pour C+ analogique, il y en a eu, de nombreuses "galères " !
Le Mont Pinçon n' a jamais réutilisé la Bande I VHF avec C+ analogique.
Mont petit TV JVC CX 610 PF, sorti au Printemps 1981, multistandard, couvre la norme CCIR B/G traditionnelle, ainsi que la norme L/L' Française, en commençant bien sur 41,25 Mhz, avec ce canal mentionné " A " sur le cadran. Même chose sur un radiocassette TV noir et blanc multinormes.
Édité par BAISIN le 03/07/2018 à 15:43:14
mw963 a écrit ↗Je vous assure que vos emetteurs en France provoquaient des problemes egales chez nous en Angleterre en VHF..... Il faut rappeller en plus que North Hessary Tor etait beaucoup moins puissant que Mt Pincon.....
Tout à fait d'accord !
North Hessary Tor :
Puissance apparente rayonnée 15 kW selon les tableaux officiels dans les "BBC Yearbook" annuels. L'antenne était même directionnelle, réduite vers Caen.
Mont-Pinçon :
Puissance apparente rayonnée... "supérieure à 100 kW", relire ci-dessous la fin de cet article précédemment publié :
Quant aux émetteurs britanniques reçus dans le nord de la France, tous les World TV Radio Handbook de cette époque comportaient le petit astérisque * signalant une "directional aerial" (antenne directionnelle) indiquant que le diagramme était dirigé vers l'intérieur des terres, avec une "protection" importante vers la France.
A moins de s'équiper d'antennes particulièrement hautes et de gain élevé, comme par exemple ci-dessous à Dublin, pour capter la BBC de Divis (Belfast, canal B1-H, 35 kW PAR) et l'ITV d'Arfon (Ouest du Pays de Galles, canal B10-H, 10 kW PAR) éloignées de plus de 120 km, hormis la frange côtière immédiate vers Calais et Boulogne, il y avait peu de risques d'interférences directes. Les perturbations étaient plutôt dûes à une propagation des émetteurs éloignés les plus puissants.D'ailleurs, sur la carte des TV étrangères reçues en France, publiée par Télé Magazine en janvier 1960 et déjà publiée ici depuis longtemps, la seule zone concernant la BBC est celle de... Jersey. Rien dans le Nord-Pas de Calais.

Réception de la BBC et de ITV à Dublin (République d'Irlande) dans les années 50, avant l'arrivée
de la télévision nationale Telefis Eireann à la fin de 1961. Noter la hauteur impressionnante et la
taille des antennes (presque aussi hautes que les bâtiments) captant Belfast et le Pays de Galles.Cliquer dans l'image ou ici pour afficher l'image en grande tailleDocument © Dublinforum.net
Et pour faire bonne mesure...
Une des plus hautes antennes TV à Dublin, dans Parnel Street dans les années 60.
Depuis, comme en Belgique, pratiquement tout le pays est câblé, y compris en zones
rurales avec le MMDS (faisceaux hertziens à usage communautaire) et même si bien
des antennes ont disparu, des chaînes britanniques sont aussi sur la TNT irlandaise.Document © Dublinforum.net
Édité par kiki37 le 13/07/2022 à 13:54:29
BAISIN a écrit ↗Il faut dire que 41 Mhz, c'est une fréquence trop perturbée.
Dans les années 1970, il y avait un émetteur VHF Bande I CCIR à Stockholm( Motala ? ), qui diffusait la SVT 1 sur le canal E1, par la suite, cet émetteur a été rapidement coupé, et la Bande I VHF infradyne CCIR a commencé par le canal E2 au lieu de E 1. Pour ce canal, j' avais vu ça dans un livre sur la DX-TV, de Pierre GODOU
En 1978, lors de l' élaboration de la norme L' par le CCETT et TDF, ils avaient défini le canal L 01( appellé A ), sur la bande I VHF supradyne, sur la même porteuse audio que le canal F2 norme E, comme celui, ici, du Mont Pinçon.
Ce canal L 01 appellé aussi A, je l' avais étudié, en 1984, lorsque je faisais mon stage AFPA radio TV, sur la leçon " les TV anciennes normes et nouvelles normes ", il était mentionné sur nos tableaux des nos cours.
Cependant, en pratique, on n' a jamais utilisé ce canal VHF Bande I , lors de la création du 4 eme réseau( C+ analogique ), et pour cause ! Alors les 41 mhz ont été réaffectés aux pulses de radiocommande. En VHF bande I, pour C+ analogique, il y en a eu, de nombreuses "galères " !
Le Mont Pinçon n' a jamais réutilisé la Bande I VHF avec C+ analogique.
Mont petit TV JVC CX 610 PF, sorti au Printemps 1981, multistandard, couvre la norme CCIR B/G traditionnelle, ainsi que la norme L/L' Française, en commençant bien sur 41,25 Mhz, avec ce canal mentionné " A " sur le cadran. Même chose sur un radiocassette TV noir et blanc multinormes.
Et en plus tres peu des relais C+ utilisait le canal L'2, donc en pratique le frequence minimum pour la plupart des emetteurs Bande I C+ etait 54.00 MHz.
BAISIN a écrit ↗Mont petit TV JVC CX 610 PF, sorti au Printemps 1981, multistandard, couvre la norme CCIR B/G traditionnelle, ainsi que la norme L/L' Française, en commençant bien sur 41,25 Mhz, avec ce canal mentionné " A " sur le cadran. Même chose sur un radiocassette TV noir et blanc multinormes.
Ces appareils ne permettaient généralement pas de recevoir la bande I française en norme L' car sur cette bande ils recevaient la porteuse son au-dessus de la porteuse vision à cause des valeurs de FI du standard CCIR.
J'en avais un (radio-TV-cassette Nordmende) qui coupait l'alimentation de la FI son AM dans ces conditions.
@mw963, bonjour,
En effet, il n' y a eu que 2 émetteurs, en France, en L' qui émettaient sur le canal L' O2( B sur mon cadran ), le signal de C+ analogique:
-SERRA PIGNO( Bastia)
-ANCY( l' Arbresle, à l' ouest de Lyon )
C'est tout ! Et ça ne marchait pas avec le SYSTER, alors, les abonnés se sont rapidement tournés vers C+ satellite.
@Marceljack, bonjour,
Oui, ce tv JVC avait été optimisé pour la supradyne VHF Bande I, ce qui n' était pas le cas, effectivement des radiocassette tv multistandard noir et blanc, de supermarché. Je l' avait constaté sur un radio réveil TV noir et blanc France CCIR rajouté, je n' entendais pas le son optimum du Mont Brian( La Voulte sur Rhône-Livron sur Rhône ), et Beaumont( Serres ) en canal L' 04( C sur mon cadran JVC ), avec ces petits postes de grande surface, made in Hong Kong , après avoir entrepris des essais.
Ce devait être le même cas avec le Nordmende( modif detection vidéo uniquement, pas de son AM de la norme L ). Il est vrai que, pour vendre cet appareil en France, il fallait qu' il puisse recevoir la norme L, mais chaque fabricant interprétait la législation Française à sa manière, comme pour les Péritels, par la suite, avec les mauvaises surprises pour les premiers abonnés C+ analogique, en 1985.........
Édité par BAISIN le 08/07/2018 à 21:06:44
(Réservé documents complémentaires)
Édité par Colorix le 08/07/2018 à 17:39:31

Cher(e)s ami(e)s qui nous faites l'honneur et le plaisir de partager cette aventure depuis novembre 2013, merci à vous !
Qui aurait pensé, ce week-end même où débute l'édition 2018 du mondialement célèbre Tour de France cycliste, que notre modeste "Tour de France des émetteurs" dépasserait à pleine vitesse le cap des 250 000 visites à bientôt cinq ans d'existence !
Un quart de million de visites pour un domaine aussi particulier que celui des anciens émetteurs de télévision de l'ORTF... aucun de nous ne l'aurait cru quand, rejoint par plusieurs d'entre vous, et soutenu par de plus en plus de visiteurs enthousiastes, je me suis lancé dans cette aventure un peu folle mais ô combien passionnante.
Il reste encore des régions à parcourir, l'Ouest, l'Auvergne, le Sud-Ouest, le 819 lignes en Algérie et au Maroc... et ce n'est pas toujours facile de concilier les contraintes de la vie personnelle avec ce projet qui réclame beaucoup de recherches, de temps et de patience pour mener à bien chaque nouvelle étape.
Mais c'est avec un réel plaisir que, soutenu par vous toutes et vous tous, en particulier celles et ceux qui contribuent de diverses façons et qui se reconnaîtront (je ne voudrais oublier et donc ne vexer personne), que je vous remercie à nouveau pour ce soutien si précieux qui est le vôtre.
L'aventure continue ! Dans quelques jours, cap sur Rouen, le Havre et Cherbourg ! Puis leurs "intercalaires" FM+UHF dans la foulée.
Un rappel pour nos visiteurs occasionnels : le début de l'étape Normandie (Caen Mont-Pinçon) est ici, avec un complément ici concernant sa réception perturbée par la BBC en 1961.
Édité par Colorix le 09/07/2018 à 01:13:54
merci pour la qualité de votre travail,
bien cordialement
Si mes comptes sont bons, dans 15 ans on arrive au million ....
Ah Woodstock, ça fera 50 ans, l' an prochain.
BAISIN a écrit ↗@mw963, bonjour,
En effet, il n' y a eu que 2 émetteurs, en France, en L' qui émettaient sur le canal L' O2( B sur mon cadran ), le signal de C+ analogique:
-SERRA PIGNO( Bastia)
-ANCY( l' Arbresle, à l' ouest de Lyon )
C'est tout ! Et ça ne marchait pas avec le SYSTER, alors, les abonnés se sont rapidement tournés vers C+ satellite.
A l'epoque j'ai fait des recherches exhaustives sur le reseau Canal +, et a tes deux il faut ajouter
Nemours 2H
Drap 2H
Les donnees a ete derive d'une liste CSA a l'epoque du basculement a la numerique.
Pour le canal L'4 j'ai trouve
SERRES
MONT VIAL
CASSIS
USSEL (La Garenne)
Ajaccio
LA VOULTE (Mt Brian)
QUIMPERLE
CLERMONT-FERRAND (Royat)
LA ROCHE-SUR-YON
CHINON
Édité par kiki37 le 13/07/2022 à 13:56:28
@mw963, bonjour,
Oui, ce sont bien ces émetteurs en VHF Bande I norme L' que j' ai, en canal L' 04( canal C sur le cadran de mon JVC ), avec, en plus
ETAMPES-Stand de tir
CAEN Brullemail( sur un tableau d' emetteurs sur un mode d' emploi de TV SONY ), je crois que c' était un petit " Gapfiller " implanté sur le toit du CHU de CAEN, en canal L' 04 polar horizontale.
Sur le canal L'03 ( C1 sur mon cadran, ou C' sur certains tv à varicaps des années 1980 ): Le PLESSIS ROBINSON-La terrasse, en plus du Pic de Nore(Carcassonne), et LOMONT( Besançon)
Pour NEMOURS- Rochert Vert, et DRAP-Ste Catherine, ces émetteurs analogiques sont bien mentionnés sur le site de Thierry VIGNAUD, mais diffusait toutes les chaines sauf C+ analogique, ces canaux ne sont pas mentionnés.
Peut-être que ces émetteurs ont diffusé C+ analogique , au début, mais ça n' a pas du bien marcher.
Édité par BAISIN le 09/07/2018 à 20:42:08
Et pourquoi ces émetteur ne fonctionne pas avec le syster ?
Parce que les signaux d' adressage d' abonné, étaient perturbés par les interferences, tout comme les sous-titres TXT avec plein d' erreurs, et, en plus, en cas de propag DX-TV le signal de C+ était, de ce fait, pas decryptable, le SYSTER " decrochait " sans arrêt( constatations de antennistes habitant dans les régions couvertes par les émetteurs VHF Bande I VHF, par exemple, à Veynes, avec l' emetteur de SERRES-Beaumont, en L' 04 ou C sur le cadran de mon TV JVC )
parce que ce sont des fréquences trop basses très perturbées avec des parasites, alors les signaux de décryptage étaient trop "abimés" pour être exploités correctement; parfois même la synchronisation de l'image était perturbée !
Et canal + ne c'était pas rendu compte ?
BAISIN a écrit ↗(...) Pour NEMOURS- Rochert Vert, et DRAP-Ste Catherine, ces émetteurs analogiques (...) diffusait toutes les chaines sauf C+ analogique, ces canaux ne sont pas mentionnés.(...).
En effet je le confirme,
BAISIN, sur un tableau reprenant à partir de données du
CSA les canaux des sites analogiques et ceux de leur première phase de passage au numérique, ni DRAP ni NEMOURS ne comportent de canal analogique pour
Canal Plus.
Pour ce qui concerne le canal L02 censé avoir été attribué à ces deux sites ci-dessus, en fait seuls les deux suivants figurent avec ce canal sur le tableau : BASTIA Serra di Pigno en polarisation verticale et L"ARBRESLE
"Agglomération" en polarisation horizontale.
Donc je dois retirer le document de mes archives qui fait mentionne de Drap et Nemours et l'envoyer a vous deux, il date de 2011 approx, mais suite a la tempete qui a frappé le Perigord, et vu les arbres descendus sur nos terrains, plus une coupure de secteur entre mercredi et dimanche, ce n'est pas ma priorité.....
En plus, il y avait beaucoup des emetteurs Canal + non officiels, gerés souvent par TDF eux meme, dont la CSA n'a pas connaissance, ou bien ne voulait pas les reconnaitre comme officiels. Absence de mention (soit si c'est Thierry Vignaud ou soit que c'est une autre liste de la CSA) ne veut pas dire forcement que Drap et Nemours n'existaient pas sur L'2.
On pense aussi par example aux problemes de Decazeville et Firmi, ou ce dernier en fonction Canal + non officiel a brouillé les nouveaux emissions numeriques de Decazeville (en UHF bien sur).
C'est pourquoi j'ai passé des heures et des heures a l'epoque pour deriver la "vrai liste complete" des sites Canal +.
Édité par mw963 le 10/07/2018 à 12:34:51
SAT a écrit ↗Et canal + ne c'était pas rendu compte ?
Si, mais s'il a utilisé ces canaux en bande I (sur beaucoup moins d'émetteurs qu'à l'époque du 819 lignes) c'est qu'il n'avait pas d'autre choix à ces endroits-là.
Ne pas oublier que les anglais ont été longtemps à la sauce Bande I en 405 lignes. Avec peu d'émetteurs on couvrait tout le territoire. Et ils n'avaient pas de SYSTER, eux !

marceljack a écrit ↗Si, mais s'il a utilisé ces canaux en bande I (sur beaucoup moins d'émetteurs qu'à l'époque du 819 lignes) c'est qu'il n'avait pas d'autre choix à ces endroits-là.
Exactement !
Eh oui, il n' y avait pas de choix pour le diffuseur. Mais, pour l' abonné C+ analogique, mécontent de la qualité de réception, dans ces zones, il a eu le choix, et s' est tourné sur le satellite TELECOM 2 à l' époque.
D'ailleurs, ça nous a amusé dans la profession à l'époque d'utiliser le syster en satellite, car à l'origine, "syster" était l'acronyme de
système
terrestre

BAISIN a écrit ↗Parce que les signaux d' adressage d' abonné, étaient perturbés par les interferences (...) en cas de propag DX-TV le signal de C+ était, de ce fait, pas decryptable, le SYSTER " decrochait " sans arrêt( ...)
kiki37 a écrit ↗parce que ce sont des fréquences trop basses très perturbées avec des parasites, alors les signaux de décryptage étaient trop "abimés" pour être exploités correctement; parfois même la synchronisation de l'image était perturbée !
Pour compléter ce qui précède au sujet de l'utilisation de la bande I par Canal Plus, n'oublions pas que celle-ci, aux débuts de la chaîne en 1984, était encore utilisée par de nombreux émetteurs européens avec des puissances apparentes rayonnées assez importantes.
Ci-dessous, tirée d'un ancien World Radio Television Handbook, avec les noms des chaînes de l'époque et des pays d'origine avant la chute du Mur, les émetteurs bande I de 100 kW P.A.R. et plus en Europe (je n'y ai pas inclus une multitude d'émetteurs de puissance apparente rayonnée de 15 à 90 kW) :
- 100 kW en Belgique à Ougrée (E3H) et Aalter (E2H),
- 100 kW en Rép. Tchèque à Ceske Budegovice (canal R2-H),
- 3 x 100 kW en RFA par la Bavière (canaux E2H E3V E4H)
- 100 kW par la NDR de Hambourg (canal E2H)
- 100 kW par la Sarre (E2H)
- 500 kW par les Pays-Bas à Lopik (E4H),
- 300 kW par l'Islande (E4H)
- 100 kW par l'Italie en Lombardie (canal B-h)
- 100 kW et plusieurs moins puissants en Norvège sur les canaux E2H, et E4H,
- 100 kW et 200 kW (+ plusieurs autres émetteurs) en Pologne sur les canaux R1 et R2
- 250 kW en Espagne à Madrid (E2H) avec plusieurs émetteurs de 120 et 150 kW sur les canaux E2 à E4,
- 100 kW en Suède (E2H) avec plusieurs autres émetteurs sur les canaux E2 à E4,
- 100 kW en Suisse sur les canaux E2H et E3H de la SRG et les 144 kW du E4H de la TSR de la Dôle
- 100 kW (E4H) par la Croatie en Yougoslavie
- et, impossible de les compter, les dizaines voire centaines d'émetteurs de l'URSS en Russie d'Europe de plus de 100 kW PAR sur les canaux R1 et R2.
Je n'ai pas fait le compte de tous ces émetteurs de plus de 100 kW PAR en bande I (auxquels s'ajoute la multitude de sites de 15 à 90 kW, non repris ci-dessus), mais en tenant compte de la très grande facilité de propagation en DX-TV de la bande I (41-68 MHz), il n'était guère étonnant que dans les années 85 et suivantes les décodeurs de Canal Plus aient eu également quelques problèmes de ce côté-là.
Pour mémoire, même en Amérique du Nord (USA, Canada) où la bande I était très largement répandue, celle-ci a été remplacée par des canaux bande III et UHF lors du passage au numérique. C'es tini, les immenses antennes multibandes qu'on entrevoyait sur les toits américains dans les films et les séries...
Survivante de l'analogique, une antenne bandes I à V à Prescott (Arizona)Cliquer sur le lien ci-dessous pour voir l'antenne dans son environnement.Document © Google Street View

Vue dans la comédie "Les banlieusards" , une autre multibande analogique américaineCliquer dans l'image ou ici pour voir les détails en grande taille.
Les spécialistes noteront l'astuce consistant à utiliser des
demi-brins décalés pour couvrir à la fois les bandes I et IIIDocument © Paramount Picturesmw963 a écrit ↗Donc je dois retirer le document de mes archives qui fait mentionne de Drap et Nemours (...)
Non ! Surtout pas ! Garde précieusement tous tes documents. Rien ne dit que ces réémetteurs n'ont pas été, comme tu le soulignes, mis en service de façon non officielle par des collectivités locales ou même des techniciens, voire des "bidouilleurs chevronnés". Donc tout ce que tu détiens, merci de le garder, cher Martin. On ne sait jamais...
Citation : (...) suite a la tempete qui a frappé le Perigord, et vu les arbres descendus sur nos terrains, plus une coupure de secteur entre mercredi et dimanche, ce n'est pas ma priorité.....
Bon courage Martin, en effet la Dordogne n'a pas été épargnée ces derniers temps, nous sommes de tout coeur avec toi.
Merci de prendre le temps de continuer de contribuer à cette intéressante discussion !
Édité par kiki37 le 13/07/2022 à 13:59:42
Ne t'inquites pas LMF, j'ai du ecrire "faire sortir" des mes archives ces documents et les faire parvenir a toi et a Baisin. C'etait un document Excel ENORME de la CSA qui a montre les affectations pour les reseaux analogiques ET numeriques.
Cote degats il me faut quelqu'un avec une tronconeuse, du bois pour la cheminee en grands quantities. Et au moins nous avons nos trois phases encore, pour 24 heures nous n'avions qu'une seule phase....
Édité par mw963 le 11/07/2018 à 09:17:57
Je pense, cher Martin, que "l'énorme" document Excel que tu évoques est, à peu de choses près, identique à celui que quelqu'un (peut-être toi ?) m'a fait parvenir il y a 2 ans, et qui reprend les canaux analogiques et numériques, listés ensemble par multiplex sur une même ligne, par ordre alphabétique des sites T.N.T. dans toute la France.
Ce document très intéressant comporte les anciens canaux analogiques, le "plan transitoire", et le "plan de passage" (au numérique) en 2010.
Pour celles et ceux à qui il peut être d'une quelque utilité, je l'ai mis à votre disposition : faire un clic droit ici en choisissant "Sauvegarder la cible sous..." (taille 2,5 Mo).
Pour faire notamment apparaître les canaux analogiques qui se trouvent en fin de ligne, déplacer le curseur horizontal qui se trouve en bas à droite du tableau. Pour permettre son utilisation aussi bien par les PC un peu anciens que les Mac, il est sous format Excel 97/2000/XP, bien sûr aussi utilisable sur les ordinateurs récents.
Sur ce document, ainsi que sur les tableaux de la Documentation Française de 1974 et 1977, aucun canal VHF ne figure pour le réémetteur de DRAP Sainte-Catherine (06) ni pour TF1 819 lignes ni pour Canal PLus (le basculement de TF1 819 lignes en "hybride" sur le canal 39-H vers le 625 SECAM étant annoncé dans l'édition 1977). Antenne 2 et FR3 Côte d'Azur étaient respectivement sur les canaux 36-H et 49-H.
Sur le site tvconnect.lcweb.info, la page consacrée aux Alpes-Maritimes (cliquer ici) indique également le canal 62 pour La Cinquième/Arte, mais aucun autre ni pour Canal Plus ni pour M6.
Des périgrinations poussées dans le secteur de DRAP avec Google Street View n'ont d'ailleurs fait apparaître, notamment sur les habitations un peu anciennes les plus susceptibles d'en comporter, aucun vestige d'antenne bande I sur les toits. 
Le réémetteur de DRAP Sainte-Catherine.
Il a toujours fonctionné en UHF, même à l'époque de TF1 en
819 lignes, et n'a jamais diffusé Canal Plus en analogique.Cliquer sur le lien ci-dessous pour voir ce site dans son environnement.
Document © Google Street View Pour ce qui concerne NEMOURS Rocher Vert (77), celui-ci n'a, semble-t-il, jamais non plus fonctionné en VHF. Il est bien listé dans l'édition 1977 de la Documentation Professionnelle (ex-Documentation Française) avec trois canaux diffusant TF1, Antenne 2 et FR3 Ile-de-France respectivement sur les canaux 49, 52 et 55 UHF. Toujours sur le site tvconnect.lcweb.info, la page consacrée à la Seine-et-Marne (cliquer ici) indique également le canal 34 pour M6, mais aucun autre, ni pour La Cinquième/Arte, ni pour Canal Plus.
Comme pour DRAP, un examen poussé des toits de NEMOURS avec Google Street View n'a fait apparaître, pour la bande I, qu'une ou deux très vieilles antennes, délabrées, du canal F2-H orientées vers TROYES Les Riceys.
Sur la plupart des toits, les antennes VHF, toutes en bande III à polarisation horizontale, se partagent entre la Tour Eiffel (TF1 819 pour les plus vieilles, Canal Plus pour les plus plus récentes) et, surtout, l'ancien canal L07-H de Canal Plus sur Les Riceys, avec d'ailleurs des modèles standard montrant que sa réception était assez aisée et ne semblait pas justifier la nécessité d'un réémetteur pour cette chaîne à NEMOURS. 
Le réémetteur de NEMOURS Rocher Vert à l'époque de l'analogique en 2004.
Lui aussi a toujours fonctionné uniquement en UHF et n'a jamais diffusé
ni Canal Plus ni La Cinquième/Arte en analogique.Document © Site de M. Thierry Vignaud
Photographie © M. Philippe SABOT (2004)Cliquer sur le lien ci-dessous pour la vue satellite de l'emplacement exact de ce site.Document © [URL="https://www.google.fr/maps/place/48%C2%B015'37.7%22N+2%C2%B042'22.8%22E/@48.2609543,2.7069531,1037m/data=!3m1!1e3!4m14!1m7!3m6!1s0x47e589129460e563:0x7d9f72f046b76328!2sAvenue+du+Rocher+Vert,+77140+Nemours!3b1!8m2!3d48.265898!4d2.704279!3m5!1s0x0:0x0!7e2!8m2!3d48.2604752!4d2.7063416?hl=fr"]Google Maps[/URL]
Rappel : le début de l'étape Normandie (Caen Mont-Pinçon) est ici
avec un complément ici concernant sa réception perturbée par la BBC en 1961.
Édité par kiki37 le 13/07/2022 à 14:08:24
Je suis d'accord, aucun signe pratique des emissions en Bande I de ces deux sites.
Je sortirai ce fameux document eventuellement pour verifier, mais comme j'ai dit j'ai des autres priorites a ce moment.
mw963 a écrit ↗
comme j'ai dit j'ai des autres priorites a ce moment.
Bonjour Martin, je compatis, ayant eu moi-même 4 grands arbres abattus au printemps par un fort vent tourbillonnant et j'ai actuellement un vieux mirabellier qui s'est incliné à 30° et que je dois abattre; mais j'ai des tronçonneuses. Bon courage
fin du HS
Bonjour Colorix et Kiki37.
Ces que vous appellez "émetteurs" n'est-ce pas ce qu'on désigne habituellement par "ré-émetteurs". Ils sont pilotés par l'émetteur régional principal, transposent les canaux/transpondeurs et les renvoient dans les zones d'ombre sous des puissances ne dépassant pas quelques Watts. Jusque 15 à 20 maximum. Contrairement aux intercalaires qui montent au Kw. Par exemple celui de Sannois en RP.
Si c'est bien celà il y en des quantités partout en France. Rien que près de chez moi j'en compte au moins trois à quelques kilomètres les uns des autres pour combler des trous où des maisons se sont construites depuis quelques décennies.
Rien qu'à Bernay dans l'Eure il y en a 2 ! Les opérateurs n'ont pas pus se mettre d'accord pour une seule implantation. Et à 6 ou 8 Km de là il y en a un autre sur les hauteurs de Serquigny.
Je ne les cherche plus.
J'ai encore un exemplaire de La Documentation Professionnelle des années 70 qui en regorge.
Édité par Coplan le 12/07/2018 à 10:45:22
Coplan a écrit ↗(...) Ces que vous appellez "émetteurs" n'est-ce pas ce qu'on désigne habituellement par "ré-émetteurs".(...)
Bonjour
Coplan, où as-tu vu que nous appelons
"émetteurs" les réémetteurs ???
Nous avons toujours fait la différence entre :
1)
émetteurs principaux....Ce sont ceux du réseau principal établi dès les années 50 par la
R.T.F. et qui servent, en suivant l'ordre chronologique de leurs dates de première mise en service, comme repères d'étapes pour notre
"Tour de France des émetteurs".
....Certains peuvent avoir changé :
.....- soit en emplacement (Lille Beffroi remplacé par Bouvigny, Strasbourg Lauth remplacé par Nordheim),
.....- soit en puissance (Nantes Haute-Goulaine 50 Watts en 1957 porté à 20 kW en 1960, Bastia Serra di Pigno 50 Watts en 1960 porté à 3 kW en 1965),
.....- soit les deux (Rennes Mont Couesme 50 Watts en 1957 remplacé par St-Pern 20 kw en 1960, Dijon Mont Afrique 40 Watts en 1955 remplacé par Nuits St-Georges 500 Watts en 1958)
Ces émetteurs principaux ont tous été reliés, dès le début, aux
"artères hertziennes" mises en place au départ de Paris par les
P.T.T. puis, aussi, par la
R.T.F. à partir de 1958.
2)
émetteurs intercalaires (auparavant dénommés
"émetteurs satellites" par la
R.T.F.)
.....Ces émetteurs secondaires, d'une puissance de 40 Watts à 500 Watts en VHF, et de de 1 kW à 10 kW en UHF, avaient pour but de couvrir en VHF une zone d'une certaine importance, soit géographique (le département du Morbihan pour Vannes Moustoir'Ac à l'origine émetteur secondaire de 500 Watts, qui sera intégré par la suite au réseau principal), soit démographique (Boulogne Mont Lambert, 40 Watts).
En UHF, nous l'avons vu, les "intercalaires" complètent tous, avec une puissance allant de 1 kW à 20 kW maximum et sont, contrairement à ceux en VHF, intégrés au réseau principal, mais dans une 2ème phase lors des opérations de déploiement des réseaux de la
Deuxième Chaîne puis de la
Troisième Chaîne, puis de
TF1 Couleur.
2)
réémetteurs (autrefois dénommés
"satellites de faible puissance" par la
R.T.F.)
.....Ces réémetteurs, ainsi que tu le précises fort justement ci dessous...
Citation :(...) sont pilotés par l'émetteur régional principal, transposent les canaux (...) et les renvoient dans les zones d'ombre sous des puissances ne dépassant pas quelques Watts. Jusque 15 à 20 maximum. Contrairement aux intercalaires qui montent au Kw. Par exemple celui de Sannois en RP. (...)
Les puissances habituelles des réémetteurs analogiques étaient habituellement au maximum de 25 Watts, voire 40 ou même 50 Watts. Dans le sens inverse, elles pouvaient descendre très bas : dans les années 50, Sarreguemines Hôpital avait en bande III une puissance de... 3 milliwatts.
Ils étaient habituellement en
"ballempfang" (
"renvoi de balle" en allemand), c'est à dire la transposition du canal de l'émetteur principal reçu avec du matériel professionnel et réinjecté dans le matériel réémetteur.
Dans certains cas, comme nous l'avons vu au sujet du réémetteur de Pornichet (44), le signal de l'émetteur principal était tellement brouillé par de la DX-TV en été, que le
"ballempfang" avait été abandonné au profit d'un faisceau hertzien direct depuis l'émetteur principal.
Citation :Si c'est bien celà il y en des quantités partout en France. Rien que près de chez moi j'en compte au moins trois à quelques kilomètres les uns des autres pour combler des trous où des maisons se sont construites depuis quelques décennies.
Je crois me souvenir qu'à l'apogée de l'analogique, dans les années 80-90, il y avait environ 2500 réémetteurs dans toute la France. Dans certaines régions, notamment de montagne, ils étaient très nombreux et leurs "triplets" de canaux étaient tous différents pour éviter les interférences entre eux et avec les émetteurs intercalaires ou principaux peu éloignés. C'est pour cette raison que, dans le Limousin par exemple, il n'y avait plus de place ni pour
La Cinq (puis
La Cinquième/Arte) ni pour
M6 sur l'émetteur des Cars
France 3 Aquitaine avait pu faire jouer son droit de préemption sur le seul canal disponible aux Cars afin d'assurer la réception de ses journaux régionaux dans le nord de la Dordogne, mais le diagramme directionnel étant orienté vers le Sud, l'agglomération de Limoges avait dû se contenter de l'émetteur de faible puissance du Puy las Rodas. Le reste de la région, comme bien d'autres (Alsace, Bourgogne...) n'avait d'autre solution que le recours au satellite pour capter ces chaînes 5 et 6 avant l'arrivée de la TNT.
Lors de la mise en place de la T.N.T. le
C.S.A. a souhaité réduire de façon drastique tous ce réémetteurs, estimant que le nouveau mode de diffusion le permettait.
La réalité sur le terrain s'est avérée toute autre. A Saint-Nazaire et dans les quartiers bas de Savenay (44) par exemple, il était impossible de capter Nantes Haute-Goulaine. Le
C.SA. a dû se résoudre à réintégrer le site de Saint-Nazaire Etoile du Matin dans le nouveau réseau, en lui attribuant les mêmes canaux que Haute-Goulaine.
Quant à la multiplication des sites suivant les opérateurs numériques, cela vient essentiellement des redevances que réclame T.D.F. (société privée qui n'a plus rien à voir avec l'ex-opérateur public TéléDiffusion de France) à ses concurrents pour utiliser ses installations.
Nous l'avons vu récemment avec le Lomont (25) et Argenton-sur-Creuse (36),
Towercast a préféré construire des pylônes autoporteurs hauts de 200 mètres à proximité de ceux haubanés de
T.D.F. parce que cela lui coûte moins cher que de louer à fonds perdus et lui permet de bénéficier d'aides à l'investissement. Nul doute qu'il en va de même pour les sites de moindre importance exploités par ces divers opérateurs.
Édité par Colorix le 12/07/2018 à 15:43:35
En fait je réagissais à un message de Kiki37, mais dans
un autre sujet.Mais il m'a semblé utile de rappeler ce petit point de détail.
le problème est que de nos jours, certains "réémetteurs" reprennent les émissions par satellite et ne dépendent plus toujours d'un émetteur principal (sauf peut-être pour France 3 régional) et le distinguo devient difficile. C'est pourquoi j'ai mentionné "émetteur" sur ma photo, surtout qu' un internaute a entrepris d'en faire la
description sur wikipédia sous la dénomination "émetteur"
Tout est question de terminologie.
Aux yeux du grand public, qui s'en f...moque, c'est un "émetteur". Tout comme en téléphonie, ce que l'on désigne sous le nom de NRA est très souvent coté comme "le central".
Pour les 2 re-émetteurs, je penserais, plutôt, à des diffusions expérimentales par TDF, avec autorisation provisoires du CSA, qui sont restées confidentielles, pour le public, et, pour le canal L' 02( B ), ces diffusions expérimentales en VHF Bande I n' avaient pas de récepteurs test autres que ceux de TDF.
Vu les résultats de cette experimentation, en VHF Bande I, ça a tourné au fiasco !
En revanche, sur NEMOURS, et GRENOBLE 2( Tour Sans Venin ), en 1990/1991, il y a eu des diffusions expérimentales en D2 MAC par voie hertzienne terrestre( d' après un article de Daniel Renard, à l' époque ). En tous cas, pour GRENOBLE 2/TOUR SANS VENIN, j' ai pu constater ces essais de transmission sur le canal 65 UHF sur cet émetteur à ce moment là en AM VSB/MA BLR. Il s' agissait de diapositives de fleurs, avec de la musique classique en stéréo.
Bonjour.
Vous remarquerez la structure des pylônes. Une superposition de "tubes" mis bout à bout sur des hauteurs vertigineuses. Caen/Mont Pinçon monte à plus de 200 mètres !
L'intérieur achemine les "feeders", les câbles coaxiaux, qui alimentent les antennes en plus d'échelles pour accéder au sommet. Plus de 200 mètres d'échelles, il faut avoir le coeur solide !
Contrairement aux pylônes d'éoliennes qui sont autoporteurs, ceux des émetteurs nécessitent des haubanages sérieux. Voir les massifs de béton autour du pylône de Mont Pinçon. Des tonnes de béton !
Vous verrez la même chose sur les futures photos.
Merci Colorix pour ces reportages très documentés. Je me demande, d'ailleurs, où tu as stocké tout cela !

Merci pour la deuxieme partie de l'histoire Mt Pincon.
Petite chose a corriger, chez le pylone remplacant des annees 1960s, les aeriens FM Band II ont été montés en DESSUS des aeriens Bande I. Donc la premiere chaine a subit une dimunition assez importante pour l'hauteur des ses aeriens en 1968. J'y suis allé en 1981, mais en arrivant j'ai vu deux camionettes de gendarmes/police garé sur l'acces, et j'ai decidé que c'etait possible que ma presence aurait provoquer des questions difficiles. Mais j'ai eu le temps de confirmer que Bande II etait en dessus de Bande I, une situation qui a continué quand les anciens aeriens de Bande I ont été remplacés par les plus petits de Bande III pour Canal +.
En revanche, je dois admets qu'avec le tres peu de temps que j'ai pu y rester, je n'avais pas reussi a identifier le type des aeriens Bande I, le photo que Colorix a mis est exactement en phase avec mon souvenir, c'est a dire des tubes verticales disposés autour du mat, mais sans - apparrement - des elements dignes en taille de ce longeur d'onde impressionant. Je me demandait s'il agissait d'une forme d'aerien en fente, mais je n'avais pas de prise photographique a l'epoque, et j'imagine que nous n'aurons jamais une reponse definitive....
Édité par mw963 le 23/07/2018 à 16:50:52
BAISIN a écrit ↗@mw963, bonjour,
Oui, ce sont bien ces émetteurs en VHF Bande I norme L' que j' ai, en canal L' 04( canal C sur le cadran de mon JVC ), avec, en plus
ETAMPES-Stand de tir
CAEN Brullemail( sur un tableau d' emetteurs sur un mode d' emploi de TV SONY ), je crois que c' était un petit " Gapfiller " implanté sur le toit du CHU de CAEN, en canal L' 04 polar horizontale.
Sur le canal L'03 ( C1 sur mon cadran, ou C' sur certains tv à varicaps des années 1980 ): Le PLESSIS ROBINSON-La terrasse, en plus du Pic de Nore(Carcassonne), et LOMONT( Besançon)
Pour NEMOURS- Rochert Vert, et DRAP-Ste Catherine, ces émetteurs analogiques sont bien mentionnés sur le site de Thierry VIGNAUD, mais diffusait toutes les chaines sauf C+ analogique, ces canaux ne sont pas mentionnés.
Peut-être que ces émetteurs ont diffusé C+ analogique , au début, mais ça n' a pas du bien marcher.
Caen-Brullemail est une erreur,
Brullemail est une petite commune de 100 habitants située entre Argentan et l'Aigle dans le département de l'Orne. Sur le territoire de cette commune a été érigé dans les années 70 l'émetteur d'
Alençon-Monts d'Amain, qui n'est pas un petit ré-émetteur. En effet il couvre une vaste zone à l'est du département et au-delà. Cet émetteur n'a jamais diffusé Canal+ en VHF puisqu'ii ne comptait que trois émetteurs UHF, et trois émetteurs FM. Quant à l'émetteur de Caen-CHU celui-ci n'a diffusé que Arte et M6 jusqu'à son extinction lors du passage à la TNT et son déménagement sur un immeuble d'Hérouville-Saint Clair, dans le quartier de la Haute-Folie.
Édité par normand14 le 23/07/2018 à 17:39:13
Un petit émetteur AM, en ondes moyennes, relayait, dans les années 70, le programme de France-Inter (avec décrochage le matin pour la radio scolaire) diffusé en FM depuis l'émetteur du Mont-pinçon. Les aériens de cet émetteur étaient accrochés au château d'eau de Lebisey, quartier nord de Caen. A noter que la station régionale Ortf de Caen a produit à sa création en 1966 un journal régional radio de 30 minutes diffusé sur l'émetteur FM de France Inter. cependant, la radio régionale n'a en fait vraiment débuté en Normandie (sauf dans le Nord-Cotentin avec Radio-Cherbourg) qu'en fin des années 70 avec la création à Caen de FR3 Radio-Normandie diffusée en décrochage de France Inter sur tous les émetteurs de Normandie.
@normand14, bonjour,
Merci pour ces précisions.
J' avais pris mes sources sur un mode d' emploi de tv SONY, avec une liste " les principaux émetteurs Français " dressée par SONY FRANCE, pour un tv multistandard.
Donc, ces listes d' émetteurs tv, avec canaux, sont des montagnes de c.......ries, de la part des fabricants distributeurs de TV membres de l' ex-SIMAVELEC !
mw963 a écrit ↗(...) Petite chose a corriger, chez le pylone remplacant des annees 1960s, les aeriens FM Band II ont été montés en DESSUS des aeriens Bande I. Donc la premiere chaine a subit une dimunition assez importante pour l'hauteur des ses aeriens en 1968. (...) j'ai eu le temps de confirmer que Bande II etait en dessus de Bande I, une situation qui a continué quand les anciens aeriens de Bande I ont été remplacés par les plus petits de Bande III pour Canal + (...)
Merci cher Martin, j'ai corrigé la légende de la photo en conséquence. C'est d'ailleurs ce que j'avais mis en premier, les bande I en bas et les FM au-dessus.
Puis en tenant d'y voir plus clair en agrandissant la photo, j'ai pensé que la disposition devait être la même qu'à Nantes, et je crois aussi à Limoges et Troyes, à savoir la bande I au-dessus de la radio FM. Il est en effet très difficile de distinguer la différence sur cette carte postale ancienne.
Quant aux antennes bande I, je ne pense pas que l'ORTF se soit amusé à "éclater" les "S upertourniquet" pour les fixer sur des supports séparés. L'aspect général de cette partie des aériens semble cependant très bizarre.
C'est en effet dommage que tu n'aies pas pu photographier ces installations. Je pense que les forces de l'ordre étaient là pour assurer une protection de routine du centre, car comme plusieurs autres, il héberge aussi des installations militaires :
Tu aurais peut-être pu, en allant les voir, leur expliquer que tu t'intéresses aux émetteurs de radio-télévision et leur demander s'il y avait un inconvénient à ce que tu puisses prendre quelques photos.
En pareil cas, soit ils t'expliquent que c'est interdit pour des raisons de défense, soit ils se contentent de te demander simplement ta pièce d'identité pour s'assurer de tes bonnes intentions. Pas évident quand même en effet avec les sites "sensibles"...
Édité par kiki37 le 13/07/2022 à 14:15:43
Coplan a écrit ↗(...) la structure des pylônes. Une superposition de "tubes" mis bout à bout sur des hauteurs vertigineuses.(...)
Oui cher Coplan, mais parfois ça ne se passe pas bien du tout.
C'est ce qui est arrivé au mât tubulaire d'Emley Moor (Yorkshire) haut de 365 mètres qui s'est effondré le 14 mars 1969 (voir ici) à cause du poids de la glace sur ses haubans en hiver, et dont on peu voir les conséquences spectaculaires grâce aux souvenirs et aux nombreuses photos d'un jeune ouvrier polonais qui travaillait sur le site (cliquer ici) et que nous présente le superbe site britannique mb21 (auquel collabore entre autres un ami britannique qui nous est très cher ici
, il se reconnaîtra).
Depuis, c'est une élégante tour en béton haute de 370 mètres qui a pris le relais. Le remplacement des antennes à son sommet a entraîné la construction (récemment terminée) d'un mât provisoire en treillis métallique haubané encore plus haut (voir ici) pour assurer la continuité du service pour plus de 6 millions de personnes.
Pour les non anglophones, utiliser la fonction traduction de votre navigateur en visitant ce site.
Édité par Colorix le 24/07/2018 à 04:04:21
normand14 a écrit ↗Un petit émetteur AM, en ondes moyennes, relayait, dans les années 70, le programme de France-Inter (avec décrochage le matin pour la radio scolaire) diffusé en FM depuis l'émetteur du Mont-pinçon. Les aériens de cet émetteur étaient accrochés au château d'eau de Lebisey, quartier nord de Caen. (...).
Merci pour tes diverses précisions, cher
normand14, toujours aussi détaillées et utiles !

A Caen, ce petit émetteur ondes moyennes avait, selon le
World Radio TV Handbook de 1970, une puissance de 50 Watts, sa fréquence était de 1484 kHz, soit 202 mètres de longueur d'onde.
Comme celui de même puissance installé rue Deshoulières en plein centre de Nantes, qui émettait sur 1493 kHz (201 mètres de longueur d'ondes) et dont l'antenne en nappe de 2 fils traversait la rue, tendue entre deux petits mâts sur les cheminées des immeubles, sa zone d'écoute devait à peine couvrir la ville.
Tous deux, comme d'autres (Dijon, Poitiers, Lorient, St-Quentin etc), relayaient le journal régional diffusé le matin en FM sur l'émetteur régional de
France-Inter.
Ces petits relais locaux dataient de l'après-guerre, mis en service pendant que l'on reconstruisait les stations régionales de grande puissance détruites par l'Occupant.
Ils faisaient partie du réseau
Inter Variétés diffusant en effet des émissions scolaires, les cours de la bourse, les programmes en langues régionales et ceux pour les immigrants tôt le matin, et en soirée ils s'adressaient surtout aux seniors (pour la plupart sans téléviseur) avec des pièces de théâtre, des interviews d'écrivains, des variétés un peu datées etc.
Inter Variétés a fini par disparaître, son puissant réseau étant attribué à
France Culture.
Ces émetteurs de faible puissance, une fois rendus au bout du rouleau, n'étaient pas remplacés. Par la suite, ce sont ceux de moyenne puissance (10 kW) comme Montbert à Nantes, ou Louvetot à Rouen qui ont été éteints, l'
ORTF voulant pousser le plus possible la FM, très en retard en France à l'époque par rapport aux autres pays.
Rappel pour les visiteurs :
Normandie : la suite (et fin) de l'émetteur du Mont-Pinçon est en ligne : cliquer ici
A suivre : Rouen, Le Havre, Cherbourg et les intercalaires normands