Télévision
 

Rédaction
24 mai 2009
L'influence néonazie semble de plus en plus visible à la TVP (Télévision publique polonaise) grâce à la mainmise du président du groupe, Piotr Farfal. La TVP a ainsi refusé récemment de cofinancer avec CBS un film sur Irena Sendler, une juste polonaise qui a sauvé 2500 juifs pendant la Seconde guerre mondiale ; elle a également réalisé une interview très complaisante à l'égard de l'Irlandais Declan Ganley, fondateur du parti Libertas, notoirement anti-européen, et ce à deux semaines des élections européennes. L'actuel président de la TVP est un ancien skinhead, ex-rédacteur en chef du Journal des Jeunesses de la Grande Pologne, où il faisait part de ses idées antisémites. L'arrivée au pouvoir des frères Kaczynski en 2006 lui a permis de devenir membre du Conseil de surveillance de la télévision publique, mais leur chute ne l'a pas affaibli pour autant. Au contraire, le 19 décembre dernier, le président de la TVP a été limogé et Farfal a été nommé ; il en a profité pour proposer à des postes stratégiques six de ses amis d'extrême droite. Certes il y a des oppositions face à ce développement de l'extrémisme à la Télévision publique mais aucun résultat concret n'est à signaler. C'est ainsi que Marek Edelman, héros de l'insurrection du ghetto de Varsovie, et le cinéaste Andrzej Wajda, ont publié une lettre ouverte pour dénoncer la présence à la tête de la TVP d'« un ancien fasciste qui a publiquement prôné le racisme, l'antisémitisme et loué le nazisme sans jamais renier ses opinions ». Dans le même esprit, le premier ministre libéral Donald Tusk avait réussi, en août 2008, à faire adopter un projet de loi qui lui aurait permis de reprendre le contrôle de l'audiovisuel public et d'en extirper les éléments extrémistes mais le président Kaczynski a opposé son véto. Rappelons que la Pologne est le pays le plus peuplé parmi ceux ayant intégré l'Union européenne en 2004, et qu'il a donc une conséquente représentation au Parlement européen. Certes la Télévision publique n'est pas le pouvoir mais elle peut influencer la population dans ses choix, cette dernière se tournant d'ailleurs de plus en plus vers un sentiment d'eurosepticisme.


Source : Le Figaro
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