Football
 

Mondial 2026 : la FIFA accusée de plier face aux diffuseurs américains

Carlos PIRES
16 juin 2026 à 23h55

La Coupe du monde 2026, organisée notamment aux États-Unis, a démarré dans un climat tendu, marqué par plusieurs controverses qui ont rapidement éclipsé les premiers matchs.

Deux sujets concentrent les critiques : les restrictions linguistiques imposées aux joueurs lors des interviews, et l'usage contesté des pauses hydratation, accusées d'être détournées pour diffuser davantage de publicité.

La FIFA avait initialement imposé que les joueurs répondent aux interviews d'après-match uniquement en anglais ou dans leur langue maternelle. L'espagnol, pourtant langue la plus parlée dans plusieurs villes hôtes du tournoi, n'était pas autorisé dans ce cadre. Face à l'indignation des équipes, des médias et des supporters, l'organisation est finalement revenue sur cette décision.

Plusieurs sélectionneurs ont dénoncé une règle « incompréhensible » et « déconnectée de la réalité linguistique du football mondial ». La FIFA a reconnu une « erreur d'appréciation » et a rétabli la liberté linguistique habituelle.

Mais c'est surtout l'usage des pauses hydratation qui alimente les critiques. Officiellement instaurées pour protéger les joueurs face aux fortes chaleurs, ces interruptions de trois minutes sont accusées d'être exploitées par les diffuseurs américains pour insérer des écrans publicitaires supplémentaires.

Sur plusieurs rencontres, des images ont montré des délégués de la FIFA postés au bord du terrain attendant la fin des spots publicitaires pour autoriser la reprise du jeu. Une scène qui a suscité de vives réactions, certains y voyant une dérive vers un modèle inspiré du sport-spectacle américain.

Des joueurs ont également exprimé leur frustration, estimant que ces interruptions « cassent le rythme » et « déséquilibrent les matchs ». Des fédérations européennes ont demandé des clarifications immédiates sur le protocole exact de ces pauses.

Cette controverse intervient alors que la FIFA cherche à maximiser les revenus d'un tournoi organisé dans l'un des plus grands marchés publicitaires du monde. Plusieurs analystes estiment que ces pauses pourraient devenir « un outil commercial majeur » pour les diffuseurs, au risque d'altérer l'intégrité sportive.

La FIFA assure que les pauses hydratation « restent avant tout une mesure sanitaire » et nie toute coordination avec les chaînes pour synchroniser les publicités. Mais les images diffusées depuis le bord du terrain ont déjà installé le doute.

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