Bien avant la TNT... Les antennes d'émission TV en France dans les années 50-60

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Nuits Saint-Georges : quelques souvenirs d'un Bourguignon

Avant de passer en revue les émetteurs intercalaires qui sont venus compléter la couverture UHF (et maintenant TNT) en Bourgogne, voici quelques autres souvenirs que nous fait partager notre ami lecteur bourguignon, qui a bien connu le passé analogique de Nuits Saint-Georges et nous a (voir message précédent), fait suivre les photographies de l'arrivée officielle de la Troisième Chaîne dans ce centre émetteur :

" De mémoire, le pylône de Nuits était effectivement rouge et blanc avant qu'il soit remplacé à la fin des années 90 (vers 1998-1999) par le pylône blanc encore en place actuellement.

Je le sais car je passais chaque semaine, je le voyais depuis le train.

Il ressemblait à certains pylônes TDF comme celui de Hautvillers (...)"



Pour ce qui concerne la réception des diverses chaînes françaises et suisses à Dijon à l'époque de l'analogique, notre correspondant précise au sujet du nombre d'antennes UHF nécessaires, que j'estimais au nombre de trois :

" Ce n'est pas tout à fait exact, le canal 69 de la Dôle (TélécinéRomandie /SPlus / Suisse4 / TSR 2) était mal reçu et du coup quasiment inconnu dans le secteur de Beaune et Dijon, car le diagramme d'émission était orienté seulement Est et Sud-Est (Genève et Lac) et assez puissamment pour l'époque.

Je recevais le canal 69 avec une image neigeuse avec une antenne télescopique à Beaune, malgré le diagramme restrictif.

En revanche les canaux 31 et 34 (DRS et TSI) était excellemment reçus, tout comme le 21/24/27 de Gex qu'on attrapait avec la même antenne sur un TV multistandard.

Je ne connais pas la date de la mise en service des canaux 31 et 34 sur la Dôle. (1970 ou 1971 ?)

En sus des deux VHF, il y avait 3 UHF pour avoir toutes les chaînes sur Dijon et Beaune :

- canaux 59-62-62 sur Nuits-Saint-Georges (UHF bande V)
- canaux 21 / 24 / 27 / 31 / 34 (UHF Bande IV) sur Gex + La Dôle
- canaux 43 / 46 pour La Cinq / TV6 puis M6

Ça faisait 9 chaines au total, ce qui était du luxe pour l'époque.

En revanche, ceux qui avaient une TV SECAM et une antenne UHF pointée sur Nuits-Saint-Georges n'avaient que 3 chaines...

Par contre, ceux qui n'avaient qu'une seule antenne UHF pointée sur Gex attrapaient la TSI et DRS, mais avaient les actus FR3 Rhone-Alpes, mais pas Bourgogne.
La TSI et la DRS étaient moins suivies à cause de la barrière de la langue, la TSR Francophone était plus convoitée.

Général Ruffey (appellé aussi Montmuzard par les connaisseurs locaux de l'époque) était reçu au maximum jusqu'à Nuits St Georges, pas plus bas.

Pour avoir La 5 et M6 à Beaune, il a fallu attendre 1989 pour recevoir Buxy en polarisation verticale. Deux ans plus tard, c'était Beaune Monts Rondes, toujours en vertical."


(Note : DRS = TV suisse de langue allemande, TSI = TV suisse italienne)

Quant à la nécessité de faire passer de verticale à horizontale la polarisation de l'antenne VHF, ou de remplacer celle-ci en cas de vétusté
pour capter Canal Plus, il poursuit :

"
C'est juste, mais plein d'installations de particuliers avaient encore l'antenne VHF en verticale sur NSG (avec aussi des antennes mixtes UHF / VHF), et recevaient "mal" Canal+ sans que ces personnes comprennent pourquoi..."

Et pour ne rien oublier, ces détails reçus récemment :

Pour ce qui concerne la régionalisation de France 3, notre ami nous précise que le canal 56-H analogique destiné à relayer les émissions "Franche-Comté" depuis Nuits-Saint-Georges vers le Jura et une partie du Doubs posait des problèmes de cohabitation avec l'émetteur TNT suisse du Chasseral, qui utilisait ce même canal 56, pourtant avec une norme différente (TNT au lieu de L) et avec une polarisation différente (verticale, et non pas horizontale) :

"Concernant NSG (...) le canal 56H qui émettait FR3 / France 3 Franche-Comté pour les Jurassiens et Franc-comtois recevant NSG. D'après la liste de Thierry Vignaud, il était émis à 30 KW (même puissance que le canal 09H pour Canal+)

En revanche (...) aucune idée de la date de mise en service...
Jusqu'à son extinction en novembre 2011, ce 56H posait problème dans certains cas pour recevoir le multiplex suisse du Chasseral sur le 56V, en tenant compte de la contre-polarisation et la direction opposée.

(...) le diagramme était orienté plein Est (Dole) et même Sud-Est (Poligny, Arbois) + ceux bien placés dans le Jura pour recevoir NSG.

Bien plus tard en 2007, ce 56H posait "problème" pour ceux qui voulaient recevoir la TNT Suisse sur le 56V du Chasseral, même si la contre-polarisation et la direction opposée '"protégeaient" la réception du multiplex suisse, qui était bien reçu à Dijon et ses environs, avec pré-ampli sélectif et coupleur sélectif.


Le 56H fut arrêté définitivement en novembre 2011, lors du switch-off en Bourgogne.

(...) Sans être un émetteur intercalaire, cas particulier, à Lons Le Saunier : certains recevaient NSG, mais c'était l’émetteur de Montaigu qui desservait la ville un peu en creux et tous ceux qui étaient à "l'ombre" de NSG

De mémoire (...) Montaigu a eu la 5 et 6 dès 1987-88 (sans être sur à 100%)

A propos de la 5 et 6, le fait que NSG si situe dans une zone presque frontalière où les émetteurs voisins (FR et CH) arrivaient à un bon niveau de réception, ça posait problème pour trouver 2 autres canaux émis dans les mêmes conditions que les 3 premières chaines.
Il y a aussi une autre raison, c'est que la conférence de Stockholm de 1961 ne prévoyait à l'origine que 3 couches UHF par plaque régionale."

Merci donc à notre visiteur pour ses observations personnelles.

N'hésitez pas à en faire autant
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Édité par kiki37 le 06/03/2020 à 17:09:36
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3) Emetteurs intercalaires UHF en Bourgogne


L'emplacement du site et la hauteur du pylône de Nuits-Saint-Georges limitée à 150 mètres, ainsi que le "triplet" de canaux 59-62-65 (les plus élevés dans la bande V et donc les plus limités en portée optique) ne permettaient pas une couverture complète de la vaste région Bourgogne s'étendant du sud de l'Ile-de-France au nord du Rhône-Alpes et des rives de la Loire aux contreforts du Jura.

En VHF les zones les plus éloignées de Dijon se trouvaient donc, par la force des choses, mieux couvertes par la Tour Eiffel et Les Riceys dans l'Yonne, par Neuvy-Deux-Clochers dans la Nièvre et par le Mont-Pilat en Saône-et-Loire, avec les journaux régionaux de Paris, Reims, Orléans ou Lyon. C'était, on l'a vu, dû au fait que le réseau
"Première Chaîne" de l'ORTF avait été conçu pour couvrir un maximum de monde avec un minimum d'émetteurs. De plus, la véritable régionalisation n'intervenant que bien plus tard (années 70-80), les journaux régionaux inaugurés l'un après l'autre par le ministre de l'Information Alain Peyrefitte entre 1963 et 1965 tenaient eux-mêmes compte de la zone de couverture de l'émetteur qui les diffusait (et souvent les hébergeait).

Jusqu'à l'arrivée de la "Deuxième Chaîne" permettant une diffusion différente simultanée, on se retrouvera donc dans certains cas, avec des éditions hétéroclites comme au Mans ("Maine-Anjou-Touraine-Perche") ou même en alternance (Bordeaux "Aquitaine" et Toulouse "Midi-Pyrénées" devant se partager le Pic du Midi, leurs émetteurs locaux de Bouliac et Pechbonnieu ne couvrant que des zones limitées).

En UHF, la portée plus réduite qu'en VHF sur Nuits-Saint-Georges oblige donc l'ORTF à construire des émetteurs intercalaires qui permettront au journal régional
"Bourgogne-Actualités" d'être enfin visible dans toute la région, désormais "Circonscription d'Action Régionale" et préfiguration de la future région qui sera créée par la loi de décentralisation Defferre en 1983. Ce réseau complémentaire arrange donc tout le monde : techniciens et journalistes ORTF, téléspectateurs et... politiciens et décisionnaires en région.


a) Sens Gisy-les-Nobles

D'une puissance de 4 kW crête-image, soit 45 kW de puissance apparente rayonnée (P.A.R.) en télévision avec un triplet de canaux 57-60-63, son pylône de 200 mètres mis en service en 1967 diffuse la "Deuxième Chaîne" en couleurs sur le canal 63-H, avec relais du journal "Bourgogne Actualités" (en noir et blanc pour longtemps) pour les habitants de l'Yonne et du nord de la Côte-d'Or.

Trois émetteurs radio FM de 2 kW lui sont adjoints en 1968 pour diffuser France Inter (avec décrochages régionaux ORTF Bourgogne), France Culture et France Musique.


Par la suite, FR3 puis TF1 Couleur arriveront respectivement en 1976 et à la mi-1980 sur les canaux 60 et 57-H.

Fait rare pour un intercalaire initialement prévu uniquement pour l'UHF et la FM, à Gisy-les-Nobles on installera ensuite au milieu des années 80, un émetteur VHF de 100W (1,38 kW PAR) en norme L' sur le canal 05-H pour diffuser Canal Plus.

Il remplace avec une plus grande portée, un réémetteur 819 lignes de même puissance situé au Bois de Chamonat, dans la commune de Saint-Clément, à 6 km au Nord-Est de Sens, qu'il desservait sur le canal F11-V :

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Haut d'une soixantaine de mètres, le pylône TDF actuel
du Bois de Chamonat diffuse désormais des radios FM
privées sur l'agglomération de Sens avec 1 kW de PAR.

© Google Street View


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Dans les années 60, ce site émettait en 819 lignes sur le canal F11-V
avec
une puissance crête-image de 40 W, portée ultérieurement à 100W
pour une réception dans cette même agglomération de SENS.

© Google Street View



A Gisy-les-Nobles, deux autres émetteurs UHF de 4 kW, diffusant respectivement
La Cinq et M6 sur les canaux 47 et 44-H seront mis en service en 1987.


Sa zone de diffusion débordant sur le sud des départements de la Seine-et-Marne et de l'Aube, Gisy-les-Nobles se verra par la suite attribuer un émetteur de 2 kW (20 kW PAR) relayant FR3 Paris Ile de France sur le canal 50-H et un autre de 1,5 kW (15 kW de PAR) reprenant FR3 Champagne-Ardenne sur le canal 65-H lorsque TF1 et Antenne 2 ne seront plus tenues de diffuser les "actualités régionales".


Ce sont donc en tout huit émetteurs analogiques qui trouveront place dans ce centre intercalaire : cinq UHF de 4kW, un de 2 kW et un de 1,5 kW, ainsi qu'un VHF de 100 W en bande III. Ils seront tous éteints en 2010, deux ans après l'arrivée de la TNT.



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Le centre intercalaire de Gisy-les-Nobles à l'époque de l'analogique.
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Document © Martin Watkins


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Gisy-les-Nobles était peut-être le seul intercalaire à émettre aussi en VHF
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Document © Martin Watkins

Édité par kiki37 le 12/06/2022 à 15:24:55
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Au-dessus de la "tapette à mouches"(appellation de Martin pour les relais
passifs) qui reçoit le signal de FR3 Bourgogne, les panneaux FM surmontés
par ceux de l'émetteur VHF bande III, eux-même dominés par
l'antenne principale UHF. Entre les antennes FM et VHF, noter le jeu
de panneaux UHF orienté vers le Sud de l'Aube, au nord-est, pour la
diffusion des décrochages régionaux "Champagne-Ardenne".
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Document © Martin Watkins



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Un beau montage de deux de ses photos par Martin.
Un grand merci à lui pour ses précieuses contributions !
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Document © Martin Watkins




Et
maintenant... la TNT, arrivée à Gisy-les-Nobles en juillet 2008 :



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Tous les émetteurs, y compris pour les variantes régionales
"Champagne-Ardenne" et "Ile-de-France", sont passés à la TNT.
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Document © TDF




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A quelques kilomètres du Bois de Gisy, au nord-est le bourg de Sergines.
Dans le lointain, le sud de la Seine-et Marne (à gauche) et de l'Aube (à droite).

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Document © TDF
Édité par kiki37 le 12/06/2022 à 15:35:18
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b) Auxerre Molesmes


Avant la création d'un centre intercalaire de moyenne puissance destiné à améliorer la réception de la FM et de la télévision UHF dans le Nord-Ouest de la Bourgogne, la
RTF avait mis en service dès 1960-1961 sur la "Côte Saint-Georges" à Auxerre un réémetteur 819 lignes de 3 watts sur le canal F6-H, piloté par Bourges Neuvy-Deux-Clochers pour améliorer la réception dans la ville située en contrebas :

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Années 60 : Nuits-St-Georges pilote les réémetteurs franc-comtois,
mais c'est Neuvy-Deux-Clochers qui fournit le signal à celui d'Auxerre
et le Puy-de-Dôme qui est relayé par le réémetteur local d'Autun
Document © Revue technique Le Haut-Parleur - Septembre 1961


Par la suite ce réémetteur, installé à Venoy, verra sa puissance doublée dans les années 70, puis portée à 35 watts pour diffuser Canal Plus en 625 lignes SECAM norme L' sur le canal L06-H :

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Le pylône TDF actuel de Venoy, 4 km à l'est d'Auxerre.
Il diffuse la TNT et plusieurs radios FM et assure les liaisons
hertziennes des quatre opérateurs de téléphonie mobile
Document © PauloHeaven et site carte-fh.lafibre.info


Dès 1966 l'ORTF prévoit la construction d'un centre intercalaire sur le plateau de Molesmes, à 20 km au sud-ouest d'Auxerre. A partir de 1971 un pylône haut de 200 mètres y diffuse avec 10 kW de puissance crête-image (soit 215 kW de puissance apparente rayonnée) la "Deuxième Chaîne" sur le canal 31-H avec, comme pour Sens, les émissions régionales "Bourgogne Actualités". FR3 Bourgogne arrive courant 1976 sur le canal 34-H, puis TF1 Couleur sur le canal 37-H en 1980, apportant, avec l'appui de Gisy-les-Nobles au nord, une bonne réception des trois chaînes dans pratiquement tout le département de l'Yonne.

A ce
"triplet" s'ajouteront au milieu des années 80 les chaînes La Cinq puis Arte/La 5ème sur le canal 55-H et M6 sur le canal 49-H avec 2 kW de puissance crête-image, soit 45 kW de P.A.R. :

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1988, l'époque de l'analogique : le centre intercalaire d'Auxerre noyé dans les
brumes du plateau de Molesmes diffuse depuis quelques mois
La Cinq et M6
.
Photographie © Martin Watkins


Depuis le début des années 70, Molesmes diffuse également en FM France-Inter, France-Culture et, en stéréo, France-Musique avec une puissance de 2 kW :

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Entre les deux plateformes de maintenance, les panneaux FM en polarisation horizontale.
Par la suite,
TDF développera la polarisation mixte pour améliorer la réception mobile comme les radios privées.
Photographie © Martin Watkins - 1988



De son côté, pour faciliter la réception dans les quartiers en contrebas d'Auxerre, Venoy se verra également équiper de réémetteurs pour les cinq chaînes UHF analogiques et de relais FM pour Radio-France et plusieurs stations privées.

Les deux centres de Molesmes et Venoy diffusent désormais toutes les chaînes de la télévision numérique terrestre, respectivement depuis 2007 et 2008.

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Le centre intercalaire FM-TNT d'Auxerre Molesmes.
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Document © TDF



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Noter le bâtiment émetteur typique de l'époque des années 60-70
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Document © TDF



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Document © TDF



Édité par kiki37 le 12/06/2022 à 15:45:56
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c) Autun - Bois du Roi / Le Haut-Folin

Dans notre présentation de l'émetteur principal de Nuits Saint-Georges, nous avons vu que son diagramme de rayonnement portait plus facilement à l'est, en direction du Jura, que vers les monts du Morvan, à l'ouest du Dijonnais.

Contrairement à d'autres sites pour lesquels de nombreuses documentations sont disponibles, le manque d'informations précises concernant l'implantation de "NSG" nous empêche de savoir avec certitude si son diagramme plus ou moins directif était délibéré, ou bien provoqué par des éléments collatéraux (relief, nature du sol...).

Il semblerait toutefois, au vu des diagrammes actuels de la TNT pour ce site, que cette directivité soit toujours d'actualité, ainsi que le montre l'illustration publiée ici par le très utile et passionnant forum TVNT.net : alors que le site
ITAS-TIM d'autres opérateurs TNT installé à Villlars-Fontaine, offre des diagrammes quasi omnidirectionnels, ceux de TDF Nuits Saint-Georges sont visiblement, toujours limités à l'ouest :

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Pour voir en détail en grande taille les diagrammes ci-dessus
(et ceux du site
ITAS-TIM de Villars-Fontaine) cliquer ici
ou ici

Document © Forum TVNT.net
à partir de sources © CSA


Dès 1967, en même temps qu'à Gisy-les-Nobles, est mis en service un émetteur intercalaire UHF et radio FM au lieu-dit Le Haut-Folin, sur les hauteurs du Bois-du-Roi près d'Autun.

Son but est d'apporter aux provinces du Morvan, du Nivernais
et du nord du Charolais les émissions de la Deuxième Chaîne et celles de "Bourgogne-Actualités" au lieu, sur la Première Chaîne, de celles de Bourges reçues de Neuvy-Deux-Clochers, de celles de Clermont-Ferrand venant du Puy-de-Dôme ou de Lyon arrivant du Mont-Pilat.

Jusqu'à présent,
rappelons-le, pour la seule agglomération d'Autun un petit réémetteur de 3 Watts situé au Mont Saint-Sébastien reprenait depuis 1961 sur le canal F11-V la Première Chaîne reçue du Puy-de-Dôme :

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Ce petit réémetteur ne sera pas repris pour relayer Canal Plus après l'arrêt du
819 lignes en 1983.

Sur les hauteurs du Haut-Folin, l'ORTF érige donc un pylône autoporteur de 80 m accueillant un émetteur UHF de 20 kW crête-image (soit 500 kW de P.A.R.) relayant la Deuxième Chaîne et les informations régionales "Bourgogne Actualités" sur le canal 51-H.

S'y ajoutent trois émetteurs FM de 2 kW, celui de France-Inter relayant comme ceux de Gisy-les-Nobles et Molesmes, les journaux radio "ORTF Bourgogne" du B.R.I. (Bureau Régional d'Information) de Dijon :

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L'émetteur intercalaire d'Autun Bois-du-Roi
mis en service par l'ORTF en 1968.
Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en grande
taille et mieux apprécier les détails des installations
Document © Delcampe.net


Par la suite, TDF installera deux autres émetteurs de 20 kW : l'un en 1977
sur le canal 54-H pour FR3 et (enfin) tous ses programmes régionaux FR3 Bourgogne (JT et magazines artistiques), l'autre sur le canal 48-H dans le 1er trimestre de 1982 pour TF1 Couleur.

Suivront, quelques années plus tard, deux émetteurs de 2 kW (soit 50 kW de P.A.R.) diffusant La Cinq sur le canal 45-H et M6 sur le canal 42-H.

Depuis l'arrivée de la TNT à la mi-octobre 2006, hormis l'adjonction de nombreuses paraboles de faisceaux hertziens sur le pylône, la physionomie de ce centre intercalaire a peu changé :

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Document © TDF


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Édité par kiki37 le 12/06/2022 à 15:55:19
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d) Le Creusot - Mont Saint-Vincent

Afin d'améliorer la réception de la Deuxième Chaîne dans le Charolais et surtout dans les secteurs du Creusot et
de Montceau-les-Mines, l'ORTF décide d'y implanter un petit émetteur intercalaire. Le choix du site se porte sur le village du Mont-Saint-Vincent :

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Le village du Mont-Saint-Vincent avant la construction du pylône dans le petit bois sur sa droite.
Depuis, ce choix jugé trop proche des habitations fait débat au sein de la population,
voir ici

Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en grande taille
Document © Delcampe.net


L'ORTF y construit un pylône haubané de 100 mètres qui commence à émettre la chaîne couleur courant 1971 sur le canal 33-H avec une puissance crête-image de 1 kW (soit 5,5 kW de P.A.R.) :

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L'émetteur intercalaire du Mont-Saint-Vincent ne diffusait au départ que la télévision UHF.
La radio FM n'arrivera que plus tard, avec trois émetteurs de 300 Watts.
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Document © Delcampe.net


Courant 1976, ce centre désormais géré par TéléDiffusion de France réceptionnera un second émetteur de 1 kW, émettant FR3 Bourgogne sur le canal 30-H.

Il faudra ensuite attendre décembre 1981 pour que TF1 Couleur soit diffusée sur le canal 35-H, une exception à l'écart habituel de trois canaux dans ce "triplet" (canaux 30-33-35 au lieu de 30-33-36) .


Au milieu des années 80 suivront d'abord un émetteur de 2 kW (soit 10 kW de P.A.R.) reprenant Canal Plus sur le canal 67-H, puis deux émetteurs de 500 Watts (soit 2,5 kW de P.A.R.) diffusant La Cinq et M6 respectivement sur les canaux 38 et 60-H.

Depuis la fin mars 2007, ce site TDF diffuse toutes les chaînes de la TNT, mais les opérateurs qui les diffusent
(Towercast, OneCast) sont tous deux des concurrents de cette société, qui leur loue ses installations :


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Vue actuelle de l'émetteur intercalaire du Mont-Saint-Vincent.
Hormis l'ajout de panneaux pour la radio FM, l'aspect du pylône a peu changé.

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et mieux apercevoir les détails des installations.

Document © TDF



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e) Mâcon - Bois de Cenves


Aux confins du Charolais, de la Bresse et du Lyonnais, la ville de Mâcon ne captant pas correctement les émissions de la Deuxième Chaîne et ses émissions régionales "Bourgogne Actualités", l'ORTF décide d'implanter, à la même époque que pour Le Creusot et Montceau-les-Mines, un petit émetteur intercalaire couvrant Mâcon et ses environs.

Le site retenu, le Bois de Cenves, n'est pourtant pas en Bourgogne : la commune de Cenves fait partie du département du Rhône. L'émetteur, mis en service lui aussi en 1971
, s'appelle cependant " Mâcon - Bois de Cenves" sur les documents officiels de l'ORTF, car il est destiné à diffuser les émissions régionales bourguignonnes dans cette ville. Il émet sur le canal 55-H, sa puissance est réduite (250 Watts crête-image, soit environ 1 kW de P.A.R.).

Courant 1976, un deuxième émetteur reprenant FR3 Bourgogne sur le canal 49-H est mis en service avec la même puissance. Comme au Mont-Saint-Vincent, il faudra attendre
décembre 1981 pour qu'un troisième émetteur diffuse TF1 Couleur sur le canal 57-H.

Par contre, comme pour Nuits Saint-Georges, les canaux manquent pour la diffusion des réseaux 5 et 6 analogiques et à défaut de pouvoir capter ces chaînes sur le Mont-Pilat, qui porte jusqu'à Tournus ou même Beaune au nord, les téléspectateurs n'ont d'autre recours que la réception sur satellite.

Finalement, fin juillet 2007, après un retard de plusieurs semaines sur la date prévue, cet émetteur passera lui aussi à la TNT.

On notera que ce centre intercalaire de TDF n'émet qu'en télévision, les stations de Radio-France étant reçues depuis le Mont-Pilat et les radios privées se partageant deux sites au nord de Mâcon (TDF La Grisière et Towercast La Roche-Vineuse) :

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L'émetteur intercalaire UHF de Mâcon - Bois-de-Cenves.
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Document © TDF




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à suivre bientôt, quelques pages plus loin : les émetteurs de Franche-Comté
Édité par kiki37 le 12/06/2022 à 16:21:10
M mw963
Très bonne mis a jour pour Dijon. Merci Colorix.

Oui, selon l'UER le canal 10 rayonnait avec 12 kW PAR nord et sud (strictement 15 et 195 degrés ETN) avec 5 kW dirigé a l'est (90 deg).

Ce que je m'en souviens c’était que ce site pour la radio FM rayonnait très très mal a l'ouest, en montant sur le A6 direction Paris en sortant de Beaune le signal FM disparaît brutalement avec les ombres des collines a l'ouest de l’émetteur; sans doute le relais d'Arnay le Duc Painblanc comblait la mème situation pour 819 lignes, mais pour la radio FM la réception était exécrable pour des dizaines de kilomètres, faible signal d'Autun, et puis faible signal de Troyes, avant l’arrivée dans le zone de couverture de Molesmes. Painblanc a été equippé avec la FM plus tard.

Je me suis souvent demandé si un meilleur site aurait pu être choisir - qui aurait couvert Dijon, mais avec un couverture additional plus aisé pour l'ouest.
Édité par mw963 le 27/02/2017 à 16:39:26
M mw963
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https://www.dropbox.com/s/oofaqbfma3rx2cc/Dijon%20Nuit%20St%20Georges%20FM.jpg?dl=0

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Confirmation de mal placement de NSJ pour couverture a l'ouest

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Édité par kiki37 le 12/06/2022 à 16:35:50
M mw963
En réfléchissante sur l'emplacement de Nuits Saint Georges, je me demande si l'ORTF/RTF a choisi ce site exprès pour limiter le rayonnement a l'ouest, simplement a cause de Neuvy Deux Clochers, les deux sites partageaient les canaux "boite a sardines" 9/10, et peut être on craignait des problèmes entre les deux, malgré le contre-polarisation....
C Colorix
Cher Martin, tu m'as devancé dans cette hypothèse qui m'est apparue à la lecture de ton premier message. Sur trois cartes, dont celle figurant ici mais aussi dans des Hors Série "Science et Vie" radio-TV de 1964 et 1968, on voit clairement que Dijon "tourne le dos" à Neuvy Deux Clochers.

Et comme tu le soulignes dans ton message ci-dessus, c'est vraisemblablement à cause de ces deux canaux "tête-bêche" (que tu appelles joliment "boîte à sardines", vu la position de ces petits poissons dans leur réduit) que la RTF a réduit les risques en limitant la hauteur du pylône de Nuits St-Georges à 150 mètres (contre 200 à 300 m pour de nombreux autres sites). Idem pour l'emplacement lui-même, qui (comme le montre la carte précitée) aurait, plus à l'ouest, diminué la "zone blanche" assez importante entre ces deux émetteurs de Dijon et Bourges.

Un autre cas "tête-bêche" existait aussi dans l'est, avec Strasbourg (canal F5) et Metz (canal F6), tous deux en polarisation horizontale. Même après transfert de Lauth à Nordheim en 1964 avec hauteur bien plus grande de son mât, Strasbourg semble avoir assez bien "cohabité" avec Luttange pendant cette période de 20 ans, jusqu'à l'arrêt du 819 lignes. Je n'ai pas connaissance d'interférences mutuelles, et pourtant la bande de fréquences vidéo était presque identique, avec pourtant des différences importantes de contenu durant les décrochages régionaux.

Concernant Nuits Saint-Georges, des précisions intéressantes m'ont été apportées par un internaute bourguignon.

Je les publierai d'ici vendredi.


Amitiés,
Édité par Colorix le 02/03/2017 à 01:20:00
C Colorix
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Pour ce faire, merci de contacter un modérateur par MP

D'avance, merci !
Édité par kiki37 le 06/03/2020 à 17:06:48
B BAISIN
Il est vrai que le canal E4 de la TSR 1 analogique, se captait bien sur un axe Chenove-Seurre( axe de la voie ferrée Dijon St Amour )

Cependant, pour le Chasseral, les canaux 59, 62, et 65 UHF, se " recoupaient " avec Nuits St Georges, du temps de l' analogique.

Pour la bande III VHF, si TF1 819 lignes se trouvait en polar verticale, sur le canal F10 pair supradyne, il faut croire que certains râteux VHF bande III étant accordés sur le canal F10( vers 185 Mhz), ne "collaient " pas avec le canal L 09( appelé 5 sur les premiers tv ayant eu la norme L' en 1979/ 1980; par exemple mon petit tv JVC CX 610 PF ), sur 200 Mhz. Alors, pour le DAB+ Suisse, sur 225 Mhz, dans ces cas, les carottes sont cuites. Cependant, les râteaux VHF Bande III vendus, durant l' époque du réseau 4 TDF( C+ analogique), était conçus comme des "passoires ", donc si le block 12 A SSR est captable depuis la Dole, ou le Chasseral, un essai s' impose avec ces râteaux, éventuellement réutilisables, en polar verticale, comme la DAB+ SSR.
C Colorix
Bonjour,

Les deux premiers émetteurs intercalaires de la région Bourgogne - Franche Comté
sont en ligne :

SENS - Gisy-les-Nobles : cliquer ici


AUXERRE - Molesmes : cliquer ici


A suivre prochainement :


AUTUN - Bois du Roi / Le Haut-Folin

LE CREUSOT - Mont Saint-Vincent

MACON - Bois de Cenves

puis les émetteurs principaux et intercalaires de Franche-Comté.
Édité par Colorix le 14/04/2017 à 22:57:06
M mw963
Colorix a écrit

. Il remplace avec une plus grande portée, un réémetteur 819 lignes de même puissance situé dans la ville de Sens, qu'il desservait sur le canal F11-V. Document © Martin Watkins[/SIZE][/FONT][/B][/COLOR]


[/CENTER]



Entrons en mode pédant, le relais 819 lignes de Sens se situait a peu près 6 kms au nord-est de la ville, lieu dit LA PLAINE D'HEURE, commune de St Clement. Aussi connu sous le nom Bois de Chamonat

ANFR no 443195.

Bon de voir ces images de nouveau. Je m'en souviens que a l’époque la LGV a été assez neuve mais la A5 - toujours une tracée sur la carte!
Édité par mw963 le 14/03/2017 à 13:49:07
C Colorix
mw963 a écrit Entrons en mode pédant, le relais 819 lignes de Sens se situait a peu près 6 kms au nord-est de la ville, lieu dit LA PLAINE D'HEURE, commune de St Clement. Aussi connu sous le nom Bois de Chamonat ANFR no 443195.


Cher Martin,


Absolument rien de pédant, mais plutôt
"en mode avancé" et je t'en remercie !

Grâce à tes précisions, j'ai pu retrouver le site
TDF du Bois de Chamonat qui maintenant, comme d'autres anciens réémetteurs 819 lignes VHF remplacés par d'autres sites pour l'UHF, diffuse des radios FM privées pour l'agglomération de Sens.

C'est, par exemple, aussi le cas à Saint-Nazaire de l'ancien site 819 VHF de La Ville-es-Blais qui n'émet plus qu'en FM (voir
ici), les émissions TV en UHF étant assurées depuis l'époque de l'analogique sur le château d'eau Océanis de "L'Etoile du Matin".

J'ai donc ajouté, au début de la rubrique de Gisy-les-Nobles (c'est ici), deux captures d'écran de
Google Street View présentant le site actuel du Bois de Chamenat.

Thank you again, dear Martin !
Image
Édité par Colorix le 15/03/2017 à 19:53:56
B BAISIN
Tous ces émetteurs VHF Bande III émettaient en polar Verticale. Hum, hum
K kiki37
Colorix a écrit [ d'autres anciens réémetteurs 819 lignes VHF remplacés par d'autres sites pour l'UHF, diffuse des radios FM privées pour l'agglomération de Sens.



Coucou, une petite aparté:
Image

La carte en grand sous ce lien
M mw963
@ BAISIN - je ne comprends pas.
C Colorix
mw963 a écrit @ BAISIN - je ne comprends pas.


Moi non plus !!!

Les émetteurs et réémetteurs VHF français se répartissaient entre les deux polarisations de façon assez équilibrée :

- principalement pour éviter des interférences avec des sites voisins ou relativement peu éloignés partageant le même canal ou la même bande de fréquences dans le cas de canaux tête-bêche : par exemple Dijon Nuits Saint-Georges sur le F10-V et Bourges Neuvy Deux Clochers sur le F9-H, ou Le Mans Mayet sur le F12-V et Vannes Moustoir'Ac sur le F12-H, Bordeaux Bouliac sur le F10-H et Bayonne La Rhune sur le F9-V, Lyon Mont Pilat sur le F12-H et Aurillac La Bastide du Haut Mont sur le F11-V.

- ou en fonction de conditions topographiques ou de mesures de champ menant à préférer une polarisation : par exemple la polarisation horizontale (universelle aux Amériques) mieux adaptée aux zones fortement urbanisées, et au contraire la verticale mieux reçue dans les vallées fluviales, à l'exception des réseaux 405 VHF de la BBC et d'ITV, mais sans doute parce qu'aux débuts de la TV en bande I dans les années 30, poser de simples dipôles filaires verticalement était plus simple et plus efficace en rayonnement sur le plan horizontal (idem avec Paris 441 lignes), les panneaux rayonnants arrivant un peu plus tard, avec la bande III (Paris 819 lignes en 1949).

D'ailleurs lors du remplacement des équipements norme E 819 lignes VHF par ceux en L' 625 SECAM pour les sites auparavant en bande I (Caen, Troyes, Nantes, Limoges) la polarisation est restée la même malgré le passage en bande III.

Pour les sites déjà en bande III, certains n'ont pas gardé la même polarisation à cause d'accords internationaux pour éviter des brouillages suite à changement de canal à cause de leur voisinage direct avec des émetteurs étrangers désormais dans les mêmes bandes de fréquences : Strasbourg Nordheim et Metz Luttange (H à V) notamment, tous deux "hors bande" ( canaux F5/F6 : 162 à 174 MHz) auparavant.

Pour d'autres, cela se justifie à cause de leur voisinage immédiat avec un site ayant changé de polarisation pour des raisons analogues : Dijon NSG et Clermont-Ferrand Puy de Dôme (V à H) par exemple.

Je ne comprends donc pas très bien cette affirmation de Baisin sur la polarisation verticale, qui me semble peu justifiée, et ce "Hum, hum..." tout aussi mystérieux !
Édité par Colorix le 17/03/2017 à 19:43:17
M mw963
Colorix a écrit

et Bourges Neuvy Deux Clochers (H à V) !



Toute les autres correctes, sauf que selon mes archives Bourges est resté en horizontale, 9H pour les 819 lignes et 8H pour C+ 625 lignes.
B BAISIN
En fait, dans les zones qui étaient arrosées par un émetteur VHF Bande III en polar verticale( TF1 819 lignes, ou C+ analogique), le " hum hum " signifie, pour moi, la possibilité, à terme, de réutiliser les râteaux VHF bande III installés en polarité VERTICALE, qui servaient à capter ces émetteurs VHF Bande III TV analogique, pour les réutiliser, pour capter les émetteurs DAB+, si les conditions le permettent( en premier lieu les Suisses, en Bourgogne, Franche Comté, Jura ), et, plus tard, les DAB+ de Dijon.
C Colorix
mw963 a écrit Toute les autres correctes, sauf que selon mes archives Bourges est resté en horizontale, 9H pour les 819 lignes et 8H pour C+ 625 lignes.


smiley
Mea culpa, dear Martin !

En fait, dans la revue Antennes de TDF (je crois), avant que Canal Plus commence à émettre, quelqu'un avait demandé quelles seraient les fréquences utilisées pour le nouvel émetteur.

Il lui avait été alors répondu que ce serait le canal 09 en polarisation verticale (mêmes caractéristiques donc, que pour Nantes Haute-Goulaine).

C'est étonnant comme certaines choses peuvent rester en mémoire des dizaines d'années plus tard (plus de 30 ans !), c'est cette réponse qui m'était restée "en cache" et qui s'est en fait révélée inexacte. Neuvy Deux Clochers a bien émis sur le canal L08-H et non le L09-V.

J'ai donc modifié mon intervention susvisée et je vais devoir "vider le cache" dans mon grenier cérébral, merci pour cet erratum ! smiley
Édité par Colorix le 17/03/2017 à 19:50:18
C Colorix
BAISIN a écrit En fait, dans les zones qui étaient arrosées par un émetteur VHF Bande III en polar verticale (...) la possibilité, à terme, de réutiliser les râteaux VHF bande III installés en polarité VERTICALE (...) pour capter les émetteurs DAB+, si les conditions le permettent (...) plus tard, les DAB+ de Dijon.


Sans vouloir jouer les rabat-joie, cher Baisin :


- Il me semble très peu probable que le DAB+ finisse par vraiment se généraliser un jour en France : la 3G/4G (et même simplement la 2G) et les forfaits mobiles illimités abordables permettent d'écouter la radio en ligne dans de nombreux endroits, les
"zones blanches" étant en cours de résorption prioritaire au niveau national.

Contrairement à la Suisse ou au Royaume-Uni, notre pays a raté le coche de la radio numérique terrestre, étant incapable de faire rapidement un choix technologique et se contentant de quelques expériences locales isolées (Paris, Marseille, Nantes...), de plus avec des normes différentes et des programmes pas toujours intéressants : à Nantes, aucune des stations de Radio-France n'y est diffusée !


- Bien que des appels à candidatures aient été lancés par le CSA, il coulera bien des litres d'eau de pluie sur les antennes VHF en polarisation verticale avant que celles-ci reçoivent des émissions DAB+ de Nuits Saint-Georges ou d'autres sites français.


Elles auront le temps de rouiller et de se dégrader, ou tout simplement de disparaître : actuellement, avec l'arrivée des nouvelles chaînes de la TNT, nombreux sont ceux qui ont changé d'antenne UHF, l'antenniste faisant alors sauter le râteau VHF et le coupleur VHF/UHF, source de perte de décibels d'autant plus importante avec le vieillissement de ses connexions, dégradées par l'humidité.


Par ailleurs, lorsqu'on regarde attentivement les programmes TV britanniques relativement récents (et pourtant, le DAB là-bas existe depuis longtemps), on voit extrêmement peu d'antennes VHF pour le DAB sur les toits dans
"Barnaby", "Sherlock" ou "Les Enquêtes de Vera"...

Et pourtant, nos amis d'outre-Manche sont bien plus enclins que nous à mettre à niveau leurs antennes : cherchez dans
Google Street View les anciens "H" et râteaux VHF pour le 405 lignes, vous ne trouverez pratiquement que des modèles UHF sur les toits car ils ont tous très rapidement retiré leurs vieilles antennes devenues inutiles. Chez nous, les gens finissent par les imiter. Il me semble donc illusoire de compter sur le maintien d'un vieil équipement obsolète pour une éventuelle réception DAB+ dans quelques années.

Et, même pour ceux qui peuvent recevoir les DAB étrangers (Suisse, Royaume-Uni...), les récepteurs appropriés sont encore rares et chers, et quasi-inconnus du grand public. Hormis quelques enthousiastes, très peu de gens dans ces régions savent qu'ils peuvent s'en procurer. C'est trop anecdotique actuellement pour que
Monsieur Tout-le-Monde soit vraiment motivé pour s'y intéresser de près.

Moi-même en banlieue nantaise, malgré la très mauvaise réception FM le long de l'estuaire de la Loire et le site d'émission très favorable (immeuble "Le Sillon de Bretagne" à Saint-Herblain haut de 111m, surmonté du pylône DAB de 30m environ), je ne me suis absolument pas motivé pour m'équiper en RNT vu le "bouquet" de programmes qui ne m'attire pas du tout (quelques radios locales de 2ème ordre et trois parisiennes itou : RFI, TSF Jazz et Radio FG) :

Image
Image
Surmonté d'un pylône haut d'une trentaine de mètres pour la RNT, le "Sillon de Bretagne"
domine de ses 111 mètres la commune de Saint-Herblain, à l'ouest de Nantes. C'est
d'ailleurs
là que j'ai eu
l'honneur (et la joie) de lancer le 7 juin 1981 la première radio locale privée de
l'Ouest,"
Radio-Atlantic", hélas disparue quelques années plus tard. Une expérience inoubliable.
Même avec un mât de quelques mètres, ses 200W étaient reçus dans toute la Loire-Atlantique.
On conseillait (avec succès) d'utiliser l'ancien "H" du canal 4V pour l'écoute à grande distance.

Document © www.bureauxdusillon.fr
Édité par kiki37 le 19/06/2022 à 15:42:52
M mw963
Oui Colorix tu as raison, la France a tardé beaucoup pour les décisions de la RNT et c'est difficile de voir sa futur.

En revanche ici au RU nous sommes encombrés pour encore des années avec notre DAB "simple" avec une parc de postes qui ne sont pas capables de passer en DAB+; (6 millions c'est la chiffre que reste dans ma tête). Avec une pénurie de fréquences nous avons donc 95% de nos radios commerciales en MONO!!! La qualité technique est lamentable - et même quelques radios de la BBC (4 Extra, 5 Live, Asian network) restent en mono. Nous ne pouvons pas avancer a la DAB+ universelle pour des années grâce a tous ces postes obsolètes... Un peu comme l'histoire de nos 405 lignes.

Donc je crois que tu as raison, DAB va durer encore quelques années chez nous mais après ça - comme la TNT - ça va disparaître en faveur soit de 4G/5G ou soit au câble très haut débit.

Je serai triste, j'aime bien mes pylônes....
C Colorix
mw963 a écrit (...) Nous ne pouvons pas avancer a la DAB+ universelle pour des années grâce a tous ces postes obsolètes... Un peu comme l'histoire de nos 405 lignes.(...)


Pas sûr, justement, cher Martin, puisque le 405 lignes a survécu plusieurs années en cohabitant avec le 625 UHF jusqu'à ce que ce dernier finisse par le remplacer.


Pourquoi cela ne serait-il pas pareil avec la RNT, un peu comme nous l'avons fait en France en faisant cohabiter la TNT en MPEG2 et la nouvelle en MPEG4 HD jusqu'à ce que celle-ci finisse par la remplacer.


J'ignore si le DAB et le DAB+ utilisent les mêmes bandes de fréquences (la bande III au Royaume-Uni pour le DAB, je crois). Si c'est le cas, cela devrait simplifier une telle "duplication" progressive, non ? Un tel plan a-t-il été déjà évoqué par les opérateurs radio britanniques ?



Citation :Je serai triste, j'aime bien mes pylônes....
Si le DAB n'avait pas existé, certains des pylônes du 405 lignes rendus superflus suite au regroupement des émetteurs TV UHF sur un seul de deux sites BBC et IBA voisins, auraient disparu
smiley depuis longtemps : Mendlesham (IBA) en Eastern Anglia, Meldrum (BBC) à Aberdeen, Mounteagle (IBA) à Inverness, Presely (IBA) à Haverfordwest, North Hessary Tor (BBC) en Devon et Cornouailles, Kirk o'Shotts (BBC) à Glasgow, etc.

Avec un peu de chance, tes "
chers smiley pylônes" devraient survivre encore quelque temps... smiley
M mw963
On ne peut pas demenager facilement en DAB+ au RU car toutes les frequences (10B -> 11D) sont deja utilisée. Il faut une decision "radicale" pour mis en service un (ou deux) nouveau reseau uniquement en DAB+ pour permettre une migration en bonne forme. Mais la/les frequences n'existe pas. Et qui va payer? Il n'y a pas d'argent, ni pour acheter les materiaux d'emission ni pour payer les charges pour une illumination double. On est coincé. Seul le gouvernment ou Ofcom (inutile et "sans dents" comme la CSA) peuvent "diriger" la basculement, et ils ont peur des réactions. Nous utilisons trois frequences pour les trois reseaux nationaux, et puis NEUF frequences pour des emissions regionales, systeme de gaspillage honteuse car la plupart des services sur les emetteurs locaux sont les memes partouts dans le pays, donc neuf frequences s'impose cote technique mais c'est une gaspillage terrible des resources radio-frequences.

Mendlesham (radios commerciales), Meldrum (BBC FM a 150 kW), Mounteagle (radio independent), Presely (UHF TV emetteur principale), NHT (BBC FM a 160 kW, petit relai TNT) sont tous toujours en service indispensable pour des autres fonctions.

Comme en France je crois que la FM va continuer ici, les avantages de DAB ne sont pas suffisantes (la qualite n'est pas meilleur, les chaines supplementaires disponibles ne sont pas vraiment attirantset ne sont guere rentables) et les deux systemes vont mourir au meme moment - 2025...? Pour la BBC c'est une casse tete car le reseau FM - renouveller pendant les annees 1980s - se trouve desormais a la fin de sa vie, donc est ce qu'il faut le refaire ou est ce qu'il faut continuer a bricoler/reparer? J'ai vu les chiffres pour Rowridge en 2015 je crois - seize pannes importantes des amplificateurs haut puissance en quelques mois.

Mais il faut dire au'il y a beaucoup de monde qui écoutent par DAB, la plupart des voitures neuves sont equippés, et coté stabilité de reception en voiture le systeme est imbattable - en comparison avec la FM, pas des distortions echos, par de mono en zone de mauvais signal (mais comme j'ai dit la plupart des radios sont deja en mono en DAB!) etc.
Édité par mw963 le 18/03/2017 à 10:04:55
C calmesnil
Bonjour,
Le 405 lignes ? J'ai connu le 405 lignes en Angleterre avec plusieurs chaînes, mais en France le 819 lignes une chaîne, la deuxième chaîne couleur 625 lignes en 1968, puis la troisième chaîne en 1973 etc.
B BAISIN
calmesnil a écrit Bonjour,
Le 405 lignes ? J'ai connu le 405 lignes en Angleterre avec plusieurs chaînes, mais en France le 819 lignes une chaîne, la deuxième chaîne couleur 625 lignes en 1968, puis la troisième chaîne en 1973 etc.


Oui, TF1 en couleur est arrivée sur Gex Montrond, et le Salève au printemps 1981, et en Juillet 1981, pour St Sigismond Croix d' Agy( Cluses )

Mais, en 1954, il y avait la TSR 1 sur la Dole, puis SRG 1 et TSI 1 dans les années 60, en 625 lignes, puis en couleur PAL.

Le Salève diffusait TF1 819 lignes en UHF, sur le canal 42. Le signal de TF1 couleur arrivait bien à Gex, dès 1975, via Mont Pilat ! Si TDF a équipé Gex, seulement en 1981, le signal 625 lignes SECAM de TF1 était bel et bien là, arrivant via faisceaux hertziens spéciaux. Alors que TF1 625 lignes n' était pas encore diffusé dans les Alpes Françaises( hormis certaines émissions, via le réseau FR3 en journée), ce signal 625 lignes SECAM, de TF1, était récupéré par la Dole Barillette, transcodé en PAL, et envoyé par les PTT Suisses, sur les réseaux câblés, et quelques réemetteurs Alpins( aujourd' hui coupés ), ce que les PTT Suisses appellaient, les LAC( Liaison vers Antennes Collectives ), par des faisceaux hertziens particuliers transportant, aussi, les chaines Allemandes, Autrichiennes, et Italiennes, vers les têtes de réseaux câblés.

Ainsi, les Suisses avaient TF1 en couleur, avant Grenoble, Chambéry, Chamonix !

Quant à la DAB, il est sur que les Britanniques, ont conservé la norme normale, et la mono, pour privilégier la quantité à la qualité.

Les Suisses, les Allemands, les Belges, les Italiens ont adopté la DAB+. Contrairement aux idées reçues, j' ai vus des radios DAB+, bon marché en vente à Genève. La Suisse abandonne la diffusion analogique FM vers 2025, pour le tout DAB+, comme le fait la Norvège. Plus d' infos:

[url]www.2222.ch[/url]
Édité par BAISIN le 18/03/2017 à 19:39:15
M mw963
calmesnil a écrit Bonjour,
Le 405 lignes ? J'ai connu le 405 lignes en Angleterre avec plusieurs chaînes, mais en France le 819 lignes une chaîne, la deuxième chaîne couleur 625 lignes en 1968, puis la troisième chaîne en 1973 etc.


Nous n'avions que deux chaines en version 405 lignes (BBC et ITV) mais tu as raison dans le sens que notre systeme ne demandait que 5 MHz largeur de bande pour chaque canal VHF, donc la BBC avait cinq canaux en Bande I et ITV avait cinq (chs 8 - 12) en Bande III. Au debut des années 60s les canaux 6 et 7 et 13 ont été partagé entre la BBC et ITV, principalement pour permettre des versions regionales (Sandale et Wenvoe pour la BBC) et pour augmenter les zones de couverture pour ITV (Sandy Heath ch 6, Belmont ch 7 et Selkirk ch 13 par example) et la BBC (Winter Hill ch 12, Belmont ch 13).

Avec une bande de 13.5 MHz demandait par les 819 lignes il n'y avait pas de place que pour une chaine en France, Bandes I et III en combinaison - comme tu sais deja!
Édité par mw963 le 18/03/2017 à 22:22:19
C Colorix
calmesnil a écrit (...) le 405 lignes en Angleterre avec plusieurs chaînes, mais en France le 819 lignes une chaîne (...)


Cher Calmesnil,

Merci à Martin pour les détails techniques. Il y a aussi les historiques :

L'explication du maintien du 405 lignes britannique après-guerre est parfaitement logique : à l'interruption des émissions de la station d'Alexandra Palace pour raisons de sécurité à la déclaration de guerre en septembre 1939, il y avait déjà 20 000 (oui, VINGT MILLE !) téléviseurs en fonctionnement dans la région de Londres.


Image
Image

Déjà vu précédemment ici, le pylône d'Alexandra Palace
rayonnait environ 60 km autour de Londres
de 1937 à 1956.
Il a été alors remplacé par le centre BBC de
Crystal Palace


Pour mémoire, le "BBC Television Service" (l'actuelle BBC One)avait seulement deux ans et demi d'existence, le 405 lignes tout électronique d'EMI-Marconi venant d'être adopté aux dépens du 240 lignes mécanique de Baird en février 1937. C'est dire le succès qu'avait su acquérir la BBC avec des programmes nombreux et attractifs malgré le blocus des distributeurs de films lui interdisant toute diffusion de longs métrages :

Image
Image


Janvier 1938 : la Télévision de la BBC n'a pas un an, et publie déjà une pleine
page de programmes chaque semaine dans l'hebdomadaire
Radio-Times.
L'imagination des programmateurs est sans limites : variétés, théâtre,
jardinage, mode, documentaires, actualités cinématographiques...
Les émissions ont lieu de 15 à 16h et de 21 à 22h du lundi au samedi.

Document © BBC Radio Times - 7 janvier 1938

Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en grande taille

Pour télécharger tous les programmes de l'année 1938
(avec nombreuses photos) PDF taille 36 Mo :
cliquer ici


Aussi, dans l'immédiate après-guerre, le Hankey Committee chargé d'étudier le devenir technique de la télévision préconisait-il le maintien du 405 lignes.

Il ne pouvait être question de revenir sur l'engagement pris avant-guerre de ne plus changer les normes, puisque vingt mille foyers avaient déjà un récepteur en état de fonctionnement malgré six ans d'interruption forcée.

Ce maintien du 405 lignes se justifiait : l'extension du réseau vers Birmingham puis le nord de l'Angleterre et l'Ecosse était déjà programmée pour les années 40 si la guerre n'était pas intervenue. Le General Post Office (les PTT) prévoyait déjà de tirer un câble coaxial de Londres à Birmingham, la vidéo de 3,5 MHz de bande passante s'y logeant très correctement même sur une telle distance tandis que l'audio serait transmis par ligne téléphonique identique à celles utilisées pour les radios de la BBC. Ce sera réalisé quelques années plus tard, en 1949, avec le lancement de l'émetteur de Sutton Coldfield, près de Birmingham.

Le 405 lignes, encore considéré comme satisfaisant (les USA venant de passer seulement depuis 1941 de 441 à 525 lignes) sur des téléviseurs à écrans encore petits (36 cm maximum de diagonale), et les constructeurs britanniques souhaitant se prémunir contre les royalties à payer aux Etats-Unis s'ils adoptaient leurs normes (son FM, polarité négative, définition 525 lignes adaptée en 625 lignes au secteur 50 périodes européen), tout concordait pour inciter
les Britanniques à maintenir ce standard encore un moment. Il permettrait même, si nécessaire, de lancer plus tard une deuxième chaîne sur la bande III encore inexplorée en Europe. La BBC n'émettait qu'en bande I, sur cinq canaux de 5 MHz de bande passante (plus tard classés en "norme A"), la bande III étant encore trop difficile à maîtriser avec les matériels de l'époque.

Le Hankey Committee avait toutefois proposé d'étudier éventuellement la création d'un réseau à haute définition de 1000 lignes si la BBC décidait de limiter son réseau 405 lignes aux six plus grosses agglomérations du pays. Cette proposition resta sans suite. D'ailleurs, le principal problème rencontré dans le développement de la télévision de l'immédiate après-guerre était très particulier : la fabrication des téléviseurs avait dû s'arrêter un moment par manque de... bois pour fabriquer leurs ébénisteries, la priorité étant donnée aux charpentiers et menuisiers pour la reconstruction des logements bombardés.

Par la suite en 1954 la loi sur la télévision (Television Act) ouvrira la porte à la télévision commerciale, celle-ci devant toutefois se plier à deux règles entre autres : émettre uniquement en bande III (ce qui lui posera de nombreux problèmes tant en émission qu'en réception, bien moins souples qu'en bande I), et régionaliser ses programmes en créant des compagnies rassemblées au sein d'un programme national
ITV auquel elles contribuaient en fonction de leurs moyens. Une station (Channel Television, toujours en activité, contrairement à nombre de nos TV locales) fonctionne même depuis 1962 dans les îles anglo-normandes (population 165 000 habitants).

En France, le problème était tout autre.
D'abord, avant-guerre, les émissions, bien qu'ayant débuté officiellement en avril 1935 en 180 lignes avec René Barthélémy, se cantonnaient à quelques essais en semaine, l'après-midi de 15h à 16h, ainsi qu'en fin d'après-midi le dimanche.

Contrairement à la BBC où les responsables nommés à la télévision avaient décidé de la gérer comme ses cousines de la radio, avec des programmes étoffés et attirants, en France c'étaient les PTT qui étaient en charge de la radio d'Etat qui souffrait de comparaisons très défavorables avec les radios privées (Poste Parisien, Radio-Cité, Radio-Luxembourg...). Même après le passage au 455 lignes en 1938 la télévision végétait avec seulement 300 (oui, TROIS CENTS) téléviseurs dans toute la région parisienne, pourtant très largement couverte par les 30 kW de la Tour Eiffel, "le plus puissant émetteur du monde"...

Nous l'avons déjà vu, c'est l'Allemand Kurt Hinzmann et son "Fernsehsender Paris", ses superbes installations et studios de Cognacq Jay, qui a donné un coup de fouet à la télévision parisienne qu'il avait sauvé du sabotage et remise à ses subordonnés français à la Libération.

Alors que les émetteurs de la BBC avaient tous échappé aux bombardements nazis, la RTF était exsangue : Allouis (inauguré début 1939) et la quasi totalité des émetteurs ondes moyennes étaient à reconstruire. Ils avaient donc la priorité, et jusqu'en 1948 la télévision française se remit doucement en route, avec son 441 lignes allemand et quelques centaines de téléviseurs capables de le capter.

En 1948, les divers chercheurs français qui avaient travaillé sur une définition plus haute (René Barthélémy et Henri de France entre autres, avec 1029 lignes) poussaient le ministre de l'information de l'époque, un certain François Mitterrand, à faire comme les Britanniques : éviter absolument le 625 lignes américain imposé via l'Allemagne, mais ne pas rester non plus limités à une définition trop juste.

La France décidait donc, et nous l'avons regretté combien de fois ici, de se lancer dans l'aventure du 819 lignes, espérant convaincre les autres pays de la suivre, on sait ce qu'il en est advenu...

Et l'on sait aussi que, là où les Britanniques et les Belges ont décidé de franchir le pas lorsqu'il a fallu se lancer dans l'UHF pour les nouvelles chaînes au début des années 60, en adoptant le son FM et la polarité vidéo négative notamment, la France s'est maintenue dans une norme L bâtarde qui empêchera plus tard bien des évolutions (la stéréo et les émissions bilingues en "Zweiton" notamment), qui ne seront possibles que bien, bien, bien plus tard avec le Nicam...

Et nous ne parlerons pas non plus de la dernière catastrophe technico-commerciale, toujours née des travaux de ce pauvre M. de France, sa couleur SECAM imaginée dès 1958 mais que nos gouvernants de l'époque ont littéralement torpillé au niveau international (Général de Gaulle en tête pour la conférence de Stockholm, puis M. Pompidou en 1972 dans la guerre des couleurs en Italie).

Comme quoi, la technique et ses enjeux considérables sont choses bien fragiles face aux décisions des politiques, qui parce qu'ils n'y connaissent souvent rien, se lancent (et nous lancent) dans des aventures désastreuses.

Ce pauvre Monsieur De France a une bien maigre consolation, l'esplanade où trône l'immeuble de France Télévisions porte désormais son nom...
Édité par kiki37 le 19/06/2022 à 15:51:35
C Colorix
La limitation de la taille du texte du (long) message précédent m'a empêché d'y inclure des liens menant vers les sujets déjà publiés sur la BBC à Alexandra Palace et sur la télévision à la RTF d'après-guerre.

Les voici :

La BBC d'avant et d'après-guerre : cliquer ici

La télévision à Paris dans les années 40-50 : cliquer ici et ici

Bon dimanche et bon début de semaine,
Édité par Colorix le 19/03/2017 à 08:41:06
B BAISIN
Il est vrai que ce protectionnisme politique, de l' époque de Charles De Gaulle, protégeait l' industrie Française, de fabrication de téléviseurs, qui faisaient travailler beaucoup de gens, entre autres, sur Grenoble, il y avait CELARD, qui a fabriqué, aussi quelques TV, dans son usine à Pont de Claix, au sud de Grenoble.

Maintenant, un tel protectionnisme politique n' a plus aucun sens, les tv " Français " sont tous fabriqués en Chine.
C Colorix
BAISIN a écrit Il est vrai que ce protectionnisme politique, de l' époque de Charles De Gaulle, protégeait l' industrie Française, de fabrication de téléviseurs, qui faisaient travailler beaucoup de gens (...)


Cher BAISIN, tu as mis le doigt, je pense, sur la véritable raison pour laquelle De Gaulle a, selon le pionnier de la télévision Marc Chauvierre dans son livre "75 ans de radio et de télévision", bloqué toute tentative de rapprochement, voire d'association entre les systèmes PAL et SECAM à la Conférence de Vienne
du CCIR en 1965 qui préparait l'arrivée de la télévision en couleurs en Europe.

M. Chauvierre y rapporte que le Général en personne avait interdit l'envoi à cette Conférence, du camion de démonstration d'un système hybride mêlant intelligemment les points positifs de chacun des deux systèmes, ce qui aurait permis une compatibilité complète entre les deux.

De même, le chef de la délégation française nommé à la dernière minute par le Gouvernement en remplacement d'un technicien de haut vol était, selon le même auteur, un politicien totalement incompétent en matière de télévision.


De son côté, dans son article
"L'Europe polychrome" (revue "Radio & Télévision" n° 153 de 1965), Eugène Aisberg révélait que "en prélude à la conférence des experts du CCIR, la signature et l'accord franco-soviétique sur l'adoption du SECAM fut un véritable coup de théâtre" (Andreas Fickers, "Politique de la grandeur versus Made in Germany").

Ceci confirme bien que la France tenait à jouer cavalier seul pour se protéger contre la concurrence étrangère,
autant dans le domaine des équipements d'émission et de production (CFTH, CSF, LGT face à Siemens, EMI, Fernseh Gmbh, etc) que des téléviseurs, notamment ouest-allemands (Telefunken, Grundig, Nordmende, Schaub-Lorenz, Blaupunkt pour ne citer que les plus connus) :


Image
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Un téléviseur couleurs Grundig T1100 63 cm 90° de 1969 superbement restauré,
comme de nombreux autres appareils (radio, TV, enregistreurs son et vidéo...) par
M. Jean-Luc Gendron.
Visitez son site en cliquant ici : Google Site "Collection Radio-TV"

Cliquer dans l'image ou ici pour l'afficher en grande taille
Document © Jean-Luc Gendron - Google Site Collection Radio-TV


La concurrence soviétique et des pays de l'Est étant inexistante dans le domaine des téléviseurs, la France s'assurait ainsi, comme tu le soulignes, un protectionnisme quasi total pour ses unités de production. N'oublions pas que tout téléviseur importé devait à l'époque, obligatoirement être équipé pour recevoir, au minimum, à la fois le 625 lignes SECAM en norme L et le 819 lignes en norme E. Cette contrainte disparaîtra quinze ans plus tard avec l'abandon du 819 lignes et l'arrivée des nouvelles normes des constructeurs (notamment la prise Péritel sur les téléviseurs couleurs).

Ceci grévait largement les coûts des constructeurs étrangers, contraints d'adapter leurs chaînes de
production en conséquence, mais finalement cela ne les empêchait pas de proposer leurs récepteurs sur le marché français.

Si l'on se souvient du prix moyen des téléviseurs couleurs dans les années 67-70, celui-ci était très élevé (au moins trois ou quatre mois de salaire d'un ouvrier), les constructeurs français "menant le bal" en vendant leurs modèles pratiquement aussi cher que les postes étrangers par ailleurs taxés à l'importation.

Le seul modèle que j'aie jamais vu en vente en provenance de l'Est était un SECAM monostandard 625 lignes UHF (norme L) d'origine soviétique, qu'on trouvait dans un petit encart d'un annonceur du mensuel "Le Haut-Parleur" dans les années 70. Si je me souviens bien, il ne captait pas les bandes VHF et était vendu environ 2300 ou 2500 Francs.

Tous les téléviseurs actuels ne sont pas fabriqués en Asie d'ailleurs, je crois que certains sont assemblés dans des pays d'Europe centrale (République Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Pologne) avec, je le concède, des composants en provenance des pays asiatiques.

Dans un tout autre domaine, je te remercie aussi pour les renseignements très intéressants que tu nous a fournis au sujet des liaisons hertziennes TF1 Couleur entre Gex Mont-Rond et les réseaux câblés suisses, avant même que les émetteurs TDF alpins soient équipés pour la duplication.

Il est vrai que, si TF1 819 lignes était déjà reprise (convertie en 625 lignes normes B/G) sur ces réseaux câblés, alors que ledit 819 lignes provenait lui-même d'une première conversion depuis le 625 lignes SECAM à Paris, le résultat sur les écrans suisses devait être plutôt piteux !
On comprend pourquoi ces câblo-opérateurs suisses ont dû, vraisemblablement, prendre à leur charge les coûts d'installation et de fonctionnement de ces faisceaux pour donner à leurs abonnés une image de bonne qualité, même convertie de SECAM en PAL. Les trois chaînes françaises avaient
à l'époque une forte audience dans les cantons de Genève et de Lausanne. Les TV privées n'existaient pas encore et la TSR n'avait, je crois, qu'une seule chaîne.
Édité par kiki37 le 19/06/2022 à 15:54:46
M marceljack
Colorix a écrit Le seul modèle que j'aie jamais vu en vente en provenance de l'Est était un SECAM monostandard 625 lignes UHF (norme L) d'origine soviétique, qu'on trouvait dans un petit encart d'un annonceur du mensuel "Le Haut-Parleur" dans les années 70. Si je me souviens bien, il ne captait pas les bandes VHF et était vendu environ 2300 ou 2500 Francs.
Bonjour Colorix,
Dès le démarrage de TF1 en SECAM UHF sur Paris, Grundig avait essayé d'importer un lot de plusieurs milliers d'appareils SECAM UHF seulement produits en Allemagne (je crois que c'était avant l'ouverture de l'usine de Creutzwald) mais il n'a pas eu le droit de les commercialiser car ils n'étaient pas conformes aux normes françaises de l'époque. Il a dû les rapatrier en Allemagne ...

Colorix a écrit Tous les téléviseurs actuels ne sont pas fabriqués en Asie d'ailleurs, je crois que certains sont assemblés dans des pays d'Europe centrale (République Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Pologne) avec, je le concède, des composants en provenance des pays asiatiques.
Ces usines ne sont que des sites d'assemblage permettant d'éviter ou de réduire les taxes à l'importation ...
C calmesnil
Bonjour,
Mes parents et moi même, nous avons eu des téléviseurs Ducrétet-Thomson et puis Thomson, ils étaient de très bonne qualité française, compte tenu de la technologie de l'époque. Depuis que Thomson a été racheté par le Chinois TCL, Thomson (TCL) fabrique du bas de gamme.
B BAISIN
Je dis bien que le signal de TF1 vers le câble Suisse, était déjà, en 625 lignes SECAM, et non pas en 819 lignes. Ce signal SECAM restait en 625 lignes, mais était transcodé de SECAM en PAL( et je crois que c'est MATRA qui fournissait les transcodeurs, entièrement "made in Romorantin " ), ainsi, il y avait TF1 en couleur, à Martigny, bien avant Grenoble, et Chamonix !smiley

Transmettre un signal 819 lignes, en CCIR B/G ? Il ne vaut mieux pas en parler !
B BAISIN
marceljack a écrit Bonjour Colorix,
Dès le démarrage de TF1 en SECAM UHF sur Paris, Grundig avait essayé d'importer un lot de plusieurs milliers d'appareils SECAM UHF seulement produits en Allemagne (je crois que c'était avant l'ouverture de l'usine de Creutzwald) mais il n'a pas eu le droit de les commercialiser car ils n'étaient pas conformes aux normes françaises de l'époque. Il a dû les rapatrier en Allemagne ...


Ces TV étaient vendus
à Genève, à Bâle, à Lausanne, et dans le Jura Suisse, à cette époque ! smileysmileysmiley

Le marché Suisse était bien plus souple, cependant, ils étaient multistandard, ils recevaient la norme L uniquement UHF, mais, aussi, la norme B/G CCIR, et avaient une chroma PAL/SECAM( je me demande si ce n' était pas la trilogie TCA 640/650/660 ) fonctionnant, déjà en identification ligne( la DDR voisine avec le SECAM B/G avec les 2 identifications, jusqu' à la chute du Rideau de Fer)

Ce qui leur permettait de recevoir le VHF 625 lignes CCIR sur le câble Suisse en Bande I et Bande III, où les chaines étaient les plus nombreuses, avec les UHF CCIR Suisses(câble et antenne hertzienne)
Et bien entendu, les émetteurs VHF mythiques, comme la Dole et son canal E4. Pour la norme L, ils captaient Gex, Salève, Montlebon, Lomont, et le Belvédère de Mulhouse depuis la Suisse, pour Antenne 2 et FR3 seulement.

A Genève, ils pouvaient capter le canal 42 UHF du Mont Salève, mais avec une image inexploitable( TF1 UHF 819 lignes), mais avec le son audible. Ils n' avaient pas de balayage 819 lignes.

D'après moultes informations, ces appareils marchaient bien, mieux que ceux faits à Creutzwald, qui avaient de mauvaises soudures.
Il ne faut pas oublier que, non seulement De Gaulle était protectionniste ( lobby Henri de France et Compagnie des Compteurs), mais, aussi François Mitterrand qui a imposé le 819 lignes, et qui a tenté de refaire une politique protectionniste, dans les années 80( scopes à Poitiers, redevance sur ces appareils, POURVUS d' un TUNER INTERNE, politique anti ASTRA, que François surnommait " satellite Coca-Cola ", norme HD MAC et D2 MAC ), il est vrai qu' Angers fabriquait bel et bien les " SPACE SYSTEM ", il y a 25 ans, au compte gouttes certes, mais ça faisait, encore travailler des gens dans la capitale Angevine.

Maintenant, à l' ère du numérique, ce type de dilemme commercial protectionniste, entre France et Allemagne, fait partie de l' histoire ancienne.
Édité par BAISIN le 20/03/2017 à 18:26:23
C Colorix
Bonjour,

L'émetteur intercalaire d'Auxerre - Molesmes est en ligne, cliquer ici

A suivre très prochainement dans le même message (les deux emplacements suivants étant destinés à la Franche-Comté) :

- Autun - Bois du Roi / Le Haut-Folin,
- Le Creusot - Mont Saint-Vincent,
- Mâcon - Bois de Cenves






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D'avance, merci !
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Édité par kiki37 le 06/03/2020 à 17:13:01
M mw963
Pour le relai VHF d'Auxerre, il me semble que le site d'origine (Cote St George - a l'ouest de la ville) a été remplacé debut annees 70s par Venoy. A cette epoque c'était le chateau d'eau lui-meme qui portait les aeriens sur un petit cantilever (*) (panneaux UHF et deux panneaux de doublets en double pour le Bande III). Je m'en souviens les avoir reperé de l'autoroute A6 a l'age de 12 ans....

(*) Si le mot cantilever ne se traduit pas bien, donc en effet un petit pylone de 10 m au sommet du chateau d'eau

Vers 1976 (mais peut etre vers 1980, je ne m'en souviens pas exactement) on a construit un nouveau chateau d'eau à coté, plus moderne, plus grand, et au prochain passage de ces fameux touristes anglais vers les Hautes-Alpes il y a avait des aeriens identiques en duplication sur les deux chateaux. Plusiers mois plus tard l'ancien chateau a disparu.....

J'imagine donc que le pylone a Venoy n'a pas été construit que dans les années 1990s avec l'arrivée d'encore des radio etc.
Édité par mw963 le 14/04/2017 à 10:39:55
B BAISIN
mw963 a écrit Pour le relai VHF d'Auxerre, il me semble que le site d'origine (Cote St George - a l'ouest de la ville) a été remplacé debut annees 70s par Venoy. A cette epoque c'était le chateau d'eau lui-meme qui portait les aeriens sur un petit cantilever (*) (panneaux UHF et deux panneaux de doublets en double pour le Bande III). Je m'en souviens les avoir reperé de l'autoroute A6 a l'age de 12 ans....

(*) Si le mot cantilever ne se traduit pas bien, donc en effet un petit pylone de 10 m au sommet du chateau d'eau

Vers 1976 (mais peut etre vers 1980, je ne m'en souviens pas exactement) on a construit un nouveau chateau d'eau à coté, plus moderne, plus grand, et au prochain passage de ces fameux touristes anglais vers les Hautes-Alpes il y a avait des aeriens identiques en duplication sur les deux chateaux. Plusiers mois plus tard l'ancien chateau a disparu.....

J'imagine donc que le pylone a Venoy n'a pas été construit que dans les années 1990s avec l'arrivée d'encore des radio etc.


Tu peux aussi y appeler un relais de faible portée, un " GAP-FILLER "
M mw963
Oui, mais ce n'est pas un mot dans le lexicon de la BBC meme si c'est un mot anglo-saxon bien-sur. Pour nous c'est "relay" ou "relay-station". Mais je vois que ca n'est pas vraiment correcte en francais - je m'excuse! Equipemente Secondaire? (selon TDF)
B BAISIN
mw963 a écrit Oui, mais ce n'est pas un mot dans le lexicon de la BBC meme si c'est un mot anglo-saxon bien-sur. Pour nous c'est "relay" ou "relay-station". Mais je vois que ca n'est pas vraiment correcte en francais - je m'excuse! Equipemente Secondaire? (selon TDF)


Si ça se trouve, les Québécois utilisent un autre mot !
C Colorix
mw963 a écrit Pour le relai VHF d'Auxerre, il me semble que le site d'origine (Cote St George - a l'ouest de la ville) a été remplacé debut annees 70s par Venoy.


Merci pour ces détails très utiles, cher Martin.


En effet, hormis la mention du site de la
"Côte Saint-Georges" dans la revue Le Haut-Parleur en 1961, on ne peut trouver d'autres citations de cette "Côte" que dans un texte consacré à la paléontologie dans les environs d'Auxerre au milieu du XIXème siècle ! Et en effet, cette "Côte Saint-Georges" doit correspondre, sur la rive gauche de l'Yonne dominant Auxerre, à la déclivité entre la commune de Saint-Georges sur Baulche, à l'ouest, et Auxerre qu'elle domine largement. Le service des eaux et une station de Météo France s'y trouvent d'ailleurs, avec des petits pylônes, dont l'un a peut-être supporté les antennes du premier réémetteur de 3 watts à cette époque :

Image
Image

Cliquer sur l'image ou sur le lien ci-dessous pour ouvrir la page
Google Street View
Déformée en montrant ensemble les deux pylônes, une capture d'écran de
l'actuelle
Rue de la Tour à son point culminant à Saint-Georges-sur-Baulche.
C'est sans doute l'ancienne
"Côte Saint-Georges" dominant l'ouest d'Auxerre.
Au fond à gauche, le pylône de téléphonie mobile près du réservoir d'eau.
A droite, celui de
Météo France qui servait peut-être au réémetteur de la RTF.
Capture d'écran © Google Street View


Citation :A cette epoque c'était le chateau d'eau lui-meme qui portait les aeriens sur un petit cantilever (*) (panneaux UHF et deux panneaux de doublets en double pour le Bande III). Je m'en souviens les avoir reperé de l'autoroute A6 a l'age de 12 ans....
Ce cher Martin !... En voyant son intérêt pour les antennes remonter à l'âge de 12 ans, ce n'est plus une passion, c'est une vocation !!!

Citation :Vers 1976 (mais peut etre vers 1980, je ne m'en souviens pas exactement) on a construit un nouveau chateau d'eau à coté, plus moderne, plus grand, et au prochain passage de ces fameux touristes anglais vers les Hautes-Alpes il y a avait des aeriens identiques en duplication sur les deux chateaux. Plusiers mois plus tard l'ancien chateau a disparu.....
Les châteaux d'eau ont été très souvent utilisés par la RTF pour ses émetteurs de très faible puissance : ils avaient l'avantage de la hauteur déjà existante, tout en évitant les formalités administratives, les délais et les coûts de construction d'un mât et d'un abri pour héberger les équipements.


S'y ajoutaient l'avantage de pouvoir ériger assez facilement un
pylônet ("cantilever") améliorant le rayonnement en ayant assez de surface au sommet pour le haubanage, ainsi que l'avantage de disposer d'une installation électrique déjà existante.

C'est ainsi qu'à Amiens par exemple, le château d'eau du village de Coisy, construit en 1958, fut utilisé pour l'émetteur provisoire de 40 W en attendant l'achèvement de la construction de l'émetteur de Bouvigny :

Image
Image

Cliquer sur l'image ou sur le lien ci-dessous
pour ouvrir la page
Google Street View
Le château d'eau de Coisy, construit en 1958 et aussitôt
utilisé par la RTF jusqu'à la mise en service de l'émetteur
de Bouvigny sur le même canal F11-V en décembre 1959.
Modernisé, il est désormais utilisé pour la téléphonie
mobile avec un
pylônet et surnommé "La Tour Bleue".
Capture d'écran © Google Street View


Citation :J'imagine donc que le pylone a Venoy n'a pas été construit que dans les années 1990s avec l'arrivée d'encore des radio etc.
C'est en effet l'impression que cela donne en voyant ce pylône autoporteur : il est visiblement de construction assez récente. Dans les années 60-70, la plupart des pylônes étaient haubanés, y compris pour les réémetteurs.


On pouvait supposer qu'un tel pylône haubané pouvait avoir précédé l'actuel, d'autant plus qu'à l'évidence le château d'eau voisin est lui aussi de construction récente et ne pouvait donc exister à cette époque.
Mais grâce au témoignage "sur le tard" de ce jeune Britannique de douze ans, on en sait désormais bien plus sur la façon dont fonctionnait Venoy à cette époque.

A nouveau un grand merci à Martin, donc, pour ces éclaircissements !

Vos témoignages personnels contribuent à mieux connaître l'histoire de notre réseau de télévision, n'hésitez pas à intervenir pour corriger d'éventuelles erreurs ou pour nous apprendre, comme ci-dessus, comment sont nés et se sont développés des sites, si modestes soient-ils.

Profitons-en pour signaler des détails complémentaires reçus de notre visiteur bourguignon au sujet de la régionalisation France 3 sur Nuits Saint-Georges, qui viennent d'être ajoutés en complément aux éléments qu'il avait déjà fournis.

Vous les trouverez ici, en fin de rubrique, sous la ligne
"Et pour ne rien oublier..."

A très bientôt pour la suite des émetteurs intercalaires bourguignons.


D'ici là, pour répondre à l'échange entre Martin et Baisin concernant les appellations des relais de radiodiffusion FM et de télévision, on trouve les appellations suivantes :

1) en français : réémetteur

Dès les années 60, ainsi qu'en atteste la revue technique Le Haut Parleur listant les divers sites chaque année dans ses numéros "Spécial Salon de la Radio-Télévision", ce terme "réémetteur" a remplacé l'ancienne appellation "émetteur satellite" en usage à la RTF dans les années 50 pour désigner les équipements de très faible puissance pilotés par les émetteurs principaux. C'est d'ailleurs le terme officiel dans tous les documents administratifs et techniques s'y rapportant (CSA, etc).

2) en anglais (britannique) : relay station

En usage dans toutes les documentations techniques officielles de la BBC (notices techniques à l'usage du public et rapports annuels "BBC Handbook" en particulier), mais aussi de l'IBA. C'est la "station-relais" ou, pour être plus francophone, le "poste-relais" (on disait avant-guerre "un poste émetteur", comme le "Poste Parisien" par exemple).

3) en anglais américain, australien etc : gap filler ou transposer

Le premier, que l'on peut traduire littéralement par "combleur de trou" (donc "bouche-trou"), et le second par "transposeur [de fréquence]".

Si l'un désigne de façon assez triviale la fonction qu'on attend de lui, l'autre expliquait à lui seul le fonctionnement basé sur la transposition du signal sur un autre canal que celui sur lequel émettait la station pilote du temps de l'analogique.

Avec la télévision numérique terrestre, il est désormais possible d'émettre sur un même canal sur une même zone à partir de deux sites différents, à condition bien sûr que des précautions soient prises à la source pour éviter les interférences mutuelles à la réception. La "transposition de fréquence" n'est donc plus systématique désormais, mais même malgré cela, les "transposers" risquent de continuer à exister dans le langage courant là ou ce terme est utilisé.

Et, connaissant l'élégance de nos amis britanniques y compris dans leur langage par rapport à celui d'outre-Atlantique, on comprend aisément qu'ils préfèrent des "postes-relais" à des "bouche-trous" !

smiley Amicalement vôtre,

Édité par kiki37 le 19/06/2022 à 16:00:29
B BAISIN
@Colorix, bonjour,

Merci pour ces précisions sur le vocabulaire. Donc, " GAP Filler " est bien utilisé outre Atlantique, et au Canada, Anglopohone. Il faut voir quel terme utilisent les Québecois ?

Car ils ont leur propre vocabulaire et leur propres expressions, tout comme les autres pays d' Europe Francophones, pour dire 80, les Suisses Romands disent " huitante ", les Belges Wallons disent " écolage " au lieu de "formation ", etc........
Vive la Francophonie ! Ca me rappelle l' excellente émission de Jacques Antoine et Jacques Solness: " Le Francophonissime ", présenté par Georges de Caunes, avec Ambroise Lafortune( pour le Quebec), Paule Herremann( pour la Wallonie ), et Michel Déneriaz( pour la Suisse Romande ), Jean Valton( pour Monte Carlo ), et, bien sur c' était une émission qui n' engendrait, en aucun cas, la mélancolie, entre Jean Valton, et ses imitations et jeux de mots, les histoires Belges de Paule Herremann, et les histoires de Oin-Oin, racontées par Michel Denériaz, ils avaient vraiment le sens de l' autodérision. Et 1
fois plus de cervelle que les candidats de téléréalité !smiley
C Colorix
BAISIN a écrit (...) " GAP Filler " est bien utilisé outre Atlantique, et au Canada, Anglopohone. Il faut voir quel terme utilisent les Québecois ?


Bonjour Baisin,


Eh bien à en croire l'Office Québecois de la langue française, le mot "réémetteur" est également en usage chez nos amis de la "Belle Province", il ne semble pas y avoir de terme propre au Québec : voir
ici

A noter toutefois que cet Office précise qu'en anglais chez eux (et donc aussi aux Etats-Unis) existe l'appellation "TV translator", qui est une variante du "transposer" évoqué précédemment.


Citation :Vive la Francophonie ! Ca me rappelle l' excellente émission de Jacques Antoine et Jacques Solness: " Le Francophonissime ", présenté par Georges de Caunes, avec Ambroise Lafortune( pour le Quebec), Paule Herremann( pour la Wallonie ), et Michel Déneriaz( pour la Suisse Romande ), Jean Valton( pour Monte Carlo ), et, bien sur c' était une émission qui n' engendrait, en aucun cas, la mélancolie (...)
Félicitations pour ta belle mémoire ! Oui, on adorait tous ce jeu si drôle, souvent programmé pendant les vacances d'été. Une légère compensation bien agréable pour ceux qui devaient rester chez eux.


Petites (et hélas bien trop courtes) pépites dénichées sur le site de l'INA :


1 - L'une date de la Première Chaîne ORTF en 1969, on distingue Jean Valton pour TMC, Léon Zitrone pour l'ORTF, Anne-Marie Carrière pour Télé-Luxembourg, Michel Dénériaz pour la SSR, Le Père Ambroise Lafortune pour Radio-Canada (oui, il était aussi prêtre, comme l'ancien journaliste d'Antenne 2, Daniel Duigou) et très fugacement en fin de générique apparaît notre regretté Pierre Tchernia qui s'apprête à lancer l'émission :


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2 - L'autre, en effet présentée par Georges de Caunes, est en couleur et date de 1976, avec Stéphane Collaro représentant TF1. Un peu plus longue (4 mn environ), elle nous permet de (re)découvrir l'humour de Jean Valton qui provoquait parfois des moments d'hilarité mémorables. La réponse qu'il donne ici en est un petit exemple :

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Document © INA

Si votre navigateur n'affiche pas la vidéo, faire un clic droit ici
(choix "Enregistrer la cible...") pour la visionner sur votre disque dur (taille 16 Mo)



En effet, à côté de tous ces "The Voice", "Star Accademy", "Loft Story", "Punchline", "Actuality" et autres "Super Nanny" ou "Redesign" qui envahissent les programmes TV depuis belle lurette, notre pauvre langue française est bien mise à mal par des gens qui, la plupart du temps, se gargarisent de ces anglicismes sans même aligner correctement trois mots d'anglais !

"O Tempora, O Mores !" smiley

smiley Eeuhhh...
smiley Pardon !..."Autres temps, autres mœurs" !




Édité par kiki37 le 19/06/2022 à 16:04:47
K kiki37
Colorix a écrit

Oui, on adorait tous ce jeu si drôle, souvent programmé pendant les vacances d'été. Une légère compensation bien agréable pour ceux qui devaient rester chez eux.



eh non, bonjour, c'était diffusé tous les dimanches à 12 h 30 sur la première chaîne, juste avant le journal , et n'oublions pas l'arbitre , Jacques Capelovici dit Maître Capelo qui officiera plus tard dans les jeux de 20 heures sur FR3.
Je me souviens très bien de ce jeu où on rigolait bien, et les improbables cadeaux que se faisaient les participants en fin d'émission et qui étaient toujours les mêmes Image
B BAISIN
Pour les émissions de téléréalités, qui ont pignon sur rue, les candidats, n' ont rien dans le cerveau, par rapport aux participants du " Francophonissime " ! Participants que l' on retrouvait, parfois dans "les jeux de 20 heures ".

Quelques perles des candidats de téléréalité:
-Il ne faut pas tuer la peau de l' ours avant de l' avoir vendu
-Comment s' appelle la nouvelle région formée par le jumelage de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon ? Reponse: La Normandie !
-Quel grand fleuve traverse le Lac Léman: Réponse: La Seine !
-L' aiguille du Midi se trouve au dessus de Grenoble, dans les Pyrenées !
-Genève se trouve entre Rouen et le Havre !
-La capitale de l' Argentine s' appelle Buenos Dias !
-La capitale de Taïwan s' appelle MEDIN( Made In )
-Le Mont Blanc culmine à 4807 m au dessus de la mer, sauf si cette derniere monte !

Sans parler des perles de Franck Ribéry:
-J' espère que la routourne va tourner.
-Le Touquet, c' est une ville que j' aime bien venir
C Colorix
Rappel des mises en ligne récentes :

- LE CREUSOT Mont-Saint-Vincent et MÂCON Bois-de-Cenves : cliquer ici

- AUTUN Bois-du-Roi / Le Haut-Folin : cliquer ici


- Photographies et détails fournis par notre ami bourguignon sur l'arrivée de la Troisième Chaîne ORTF en mai 1974 à Nuits-Saint-Georges :
cliquer ici

Édité par Colorix le 21/06/2017 à 16:50:32
C Colorix
Les antennes d'émission TV en France dans les années 50-60 :
la Bourgogne Franche-Comté

A) La Bourgogne : cliquer ici

B) La Franche-Comté

1) Besançon-Brégille

La télévision est arrivée dès mai 1957 dans la ville de Besançon grâce à un petit émetteur installé au fort de Brégille et piloté par Dijon Mont-Afrique puis Nuits-Saint-Georges :

Image
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Le petit émetteur du Fort Brégille à Besançon (canal F5-H),
piloté par Dijon Mont-Afrique puis Nuits-St-Georges (canal 10V)

Noter la double antenne en nappe au trombone typique de l'époque,
servant à la réception avant transposition du canal en "ballempfang"

Capture d'écran document © INA


Comme cela se pratiquait souvent à cette époque de "vaches maigres" pour la R.T.F., les Chambres de Commerce de villes se trouvant sur le parcours, ou à proximité des faisceaux hertziens distribuant le signal de télévision vers la province, acceptaient de participer aux coûts d'installation d'un émetteur dans leur secteur.

Nous avons vu que cela avait été le cas à Marseille en 1954, nous verrons bientôt que cela se répéta à Bourges en 1956, et il en fut donc de même
le 22 mai 1957 à l'occasion de la 31ème Foire Commerciale de Besançon.

Cependant, les conditions d'installation immédiate d'un émetteur régional de grande puissance étaient loin d'être remplies, le chef-lieu du Doubs dut se contenter d'un petit "émetteur-satellite" (un réémetteur) de 3 Watts sur le canal F5-H, n'émettant que sur la ville elle-même :

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Le minuscule bâtiment abritant l'émetteur et son petit
mât supportant les deux panneaux dirigés vers la ville

Capture d'écran document © INA


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Détail des deux jeux de panneaux rayonnants.
Comme sur tous les émetteurs de faible puissance à cette
époque, une antenne Yagi "classique" surmonte chacun...

Capture d'écran document © INA


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... ou l'inverse, comme ici à Ajaccio - La Punta en 1958.
Le rôle exact de ces antennes "Yagi" n'est pas bien défini.
Servaient-elles à remplacer les panneaux en cas de travaux,
où à contrôler leur "retour" sur un écran, le mystère demeure...

Capture d'écran document © INA


Le reste de la région de Franche-Comté devra attendre bien plus longtemps
: l'émetteur régional n'arrivera que plusieurs années plus tard. En attendant, officiels et vendeurs de téléviseurs affichent leur satisfaction :




Image
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Cliquez sur l'image pour voir la vidéo
Si votre navigateur n'affiche pas la vidéo, faire un clic droit ici
(choix "Enregistrer la cible...") pour la voir sur votre disque dur (taille 11 Mo)
Document © INA



Depuis, ce site existe toujours et son aspect et ses équipements ont bien évolué : après avoir diffusé (fait rare dans l'Est frontalier) les six chaînes analogiques dans l'agglomération, Besançon-Brégille émet aussi de nombreuses radio FM privées et bien sûr maintenant, toutes les chaînes de la TNT :

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Document © TDF
Cliquer sur l'image ou ici pour l'afficher en grande taille



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Document © TDF
Cliquer sur l'image ou ici pour l'afficher en grande taille



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Document © TDF



2) Besançon-Lomont

Paradoxalement, alors que, rappelons-le, dans toutes les autres zones frontalières la R.T.F. s'est empressée de contrecarrer les émissions étrangères en y implantant le plus vite possible des émetteurs 819 lignes, la Franche-Comté sera l'une des dernières régions raccordées au réseau national de télévision : son émetteur régional ne sera mis en service qu'au premier trimestre 1961 !

Implanté sur le massif du Lomont, sur le territoire de la commune de Vellerot-lès-Belvoir, mais officiellement dénommé "Besançon-Lomont" par l'ORTF, il se voit affligé du canal F4-V en bande I, sujette à de nombreuses interférences dues à la propagation à longue distance de la B.B.C. et d'émetteurs germaniques ou est-européens. Qui plus est, les fréquences de ce canal (image 65,55 MHz - son 54,40 MHz) se chevauchent avec celles du canal E4-H (62,25 - 67,75 MHz) de la puissante station suisse de La Dôle, en bordure de sa limite de zone de servitude.

L'émetteur franc-comtois n'est pas très puissant : 3 kW crête-image, soit 60 kW de P.A.R.), son pylône haut de 110 mètres bénéficie toutefois des 835 mètres du Mont du Lomont sur lequel il est construit.

Toutefois, sa zone précise de réception n'est pas très claire, ainsi que l'atteste cette carte reçue de l'ORTF par la Commission des Affaires Culturelles du Sénat en 1967, et qu'une "coloration" rend ici un peu plus lisible :

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La partie en jaune pâle semble appartenir à la zone "Lomont"... sans
toutefois qu'on en soit certain à 100%. Les techniciens de l'ORTF
eux-mêmes n'en sont pas sûrs, les limites de zone sont imprécises.
Pour voir toute la carte du réseau 1re Chaîne en 1967 cliquer ici
Pour voir celle de la Deuxième Chaîne, cliquer ici
Documents © Sénat Français



Comme pour celui de Nuits Saint-Georges, aucune photographie ancienne du pylône d'origine du Lomont n'a pu être trouvée.

Les seuls documents qui nous permettent de le découvrir sont les très belles photographies de M. Yves BERNASCONI, prises en 2003 lors du remplacement de ce mât par celui désormais actuellement en service, et publiées sur l'excellent (et ô combien utile) site de M. Thierry VIGNAUD (cliquer ici pour le Lomont, et ici pour l'accueil du site).

On y voit en particulier cette photographie où voisinent les deux pylônes avant ce remplacement :

Image
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Le remplacement du pylône TDF du Lomont en 2003
Photographie © M. Yves BERNASCONI juillet 2003
Document original © Site de M. Thierry VIGNAUD



Ce que nous nous obstinerons à continuer d'appeler ici la retouche ou le photomontage (abusivement anglicisé du nom d'un célèbre logiciel anglo-saxon que nous ne nommerons pas), est une plaie des temps modernes, en particulier sur internet où l'on y a souvent recours pour n'importe quoi.

Il permet parfois, cependant, de restituer à des documents anciens très abîmés par le temps, un aspect aussi proche que possible de celui d'origine.

Il permet aussi
parfois, lorsqu'aucun document original n'existe, de "recréer" ce à quoi pouvait ressembler un lieu autrefois, ou avant qu'il ne disparaisse définitivement. C'est pourquoi il était indispensable de publier d'abord ci-dessus le cliché original de M. Yves BERNASCONI avant de montrer ci-dessous à partir de sa photo, retouchée, ce à quoi pouvait ressembler le centre émetteur du Lomont du temps de l'ORTF :

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- PHOTOMONTAGE -
Reconstitution du centre ORTF de Besançon-Lomont
par photomontage du cliché original de M. Yves BERNASCONI
(effacement du nouveau pylône et de celui du faisceau hertzien
)


Il est évident que si quelqu'un dispose de photographies authentiques de cet ancien pylône du Lomont et veut bien les envoyer par mail à l'adresse archives.televisionfree.fr (retirer les ), elles prendront aussitôt la place de ce photomontage.

Pour en revenir au centre du Lomont, il allait également accueillir en plus de l'émetteur 819 lignes, trois émetteurs radio FM de 2 kW, les deux premiers (R.T.F. Haute-Fidélité, future France-Musique, et R.T.F. National, future France-Culture) étant activés dès 1962.

Courant 1966, la Deuxième Chaîne était mise en service avec un émetteur de 10 kW (soit 250 kW de P.A.R.) sur le canal 41-H, suivie de FR3 Franche-Comté en 1976 sur le canal 44-H et à l'été 82 par TF1 Couleur sur le canal 47-H.

Par contre, le voisinage direct de la Suisse et, un peu plus loin, de l'Allemagne ont empêché l'abandon de la bande I au profit de la bande III, ou même de l'UHF pour Canal Plus. L'ancien canal F4-V reconverti en L03-V (vidéo 60,50 Mhz - audio 54, 00 MHz) donnait une telle instabilité dans la réception des émissions cryptées, que très rapidement les abonnés à Canal Plus se sont tournés vers la réception sur satellite.

Quant aux réseaux UHF 5 et 6, ils étaient, comme à Nuits Saint-Georges, totalement absents par manque de fréquences disponibles, obligeant également les téléspectateurs à se tourner vers la réception sur satellite.

La TNT, quant à elle, est arrivée avec beaucoup de retard sur les émetteurs du Lomont et de l'intercalaire de Montfaucon. Initialement annoncée pour 2008 puis fin 2009, elle ne sera finalement mise en service qu'à la mi-mai 2010, soit plus de cinq ans après son lancement dans les premières villes françaises.

A noter que sur le Lomont, TDF n'est plus opérateur des divers multiplex de la TNT. Un pylône autoporteur de 146 mètres de hauteur est exploité à une très courte distance par son concurrent Towercast pour diffuser tous les multiplex, à l'exception du R7 (chaînes HD 20 à 25) que ce même opérateur diffuse depuis le site TDF. Ce dernier, hormis des services de téléphonie mobile, le Wimax etc, ne diffuse pus que quatre programmes de Radio-France avec une puissance de 20 kW P.A.R.

Il n'existe d'ailleurs plus aucune photo du Lomont sur le site internet de TDF.


Image
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Haut de 150 mètres comme le mât haubané de TDF,
le pylône autoporteur de
Towercast, se trouve à
400 mètres à vol d'oiseau de celui-ci et diffuse
actuellement les multiplex R1 à R6 de la TNT.

Document © Towercast


Heureusement toutefois, un amateur passionné par ce site de TDF, M. Mehdi BOUTEILLER, en a pris de nombreuses photographies qu'il a mis en ligne ici et ici, et entre autres celles-ci :


Image
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Le pylône TDF du Lomont ne diffuse plus que le multiplex R7 de la TNT, quatre
stations de
Radio-France en FM et des services de communication mobile.

Document © M. Mehdi BOUTEILLER



Image
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Document © M. Mehdi BOUTEILLER



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Document © M. Mehdi BOUTEILLER



A suivre : les intercalaires ORTF de Franche-Comté

Besançon - Montfaucon

Morteau - Montlebon

Champagnole - Foncine le Haut



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Édité par kiki37 le 19/06/2022 à 16:29:59
B BAISIN
Pour la diffusion en Bande I VHF, sur e Lomont, d' abord de TF1 819 lignes, puis de C+ analogique, il est évident que cet émetteur, malgré la polarisation Verticale, était brouillé par la Dole, Uetliberg( Zurich ), et Bantiger( Bern ), ainsi que Gotelbronner Sarbrucken, Raichbergn en bande I VHF.

Si je comprends bien, TDF a conservé la Bande I VHF pour le 4 eme réseau( C+ analogique), du fait, à l' époque d' une bande III VHF totalement occupée:
- Feldberg, canal E8
-Les Ordons, canal E7, même canal sur Säntis( arrété en 2002)
-Rigi: Canal E6
- Pfänder Bregenz, canal E5
-Mont Cornu Chaux de fonds: canal E9
-Bantiger Romand: canal E 10
-St Criscona et Mont Pèlerin: Canal E 11( coupés en 2002 )
-Niederhorn Interlaken : Canal E 12, coupé en 2002
La plupart des émetteurs hertziens terrestres analogiques VHF Bande III Suisses, ont été coupés dès 2002, afin de libérer les fréquences, pour la radio DAB+

On voit le résultat !

Si les discret marchaient à peu près, ainsi que les plages FTA, étaient encore regardables, en revanche, le fait d' avoir basculé le signal SYSTER en bande I VHF, est une opération qui a été une perte de temps et d' argent: Le SYSTER decrochait sans arrêt. Et TDF savait parfaitement que ça marcherait très mal ! Les antennistes locaux ont vite laissé tomber ces fréquences, pour le satellite ! Y compris pour les antennes collectives, devenues paraboliques.