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Par Frédéric SCHMITT, le

Dan Bloch : la Super Ligue est-elle une solution de sortie de crise pour la dette des grands clubs de foot ?

Si vous suivez l'actualité sportive de près ou de loin, vous avez certainement eu écho du tollé qu'a soulevé la tentative de 12 grands clubs de foot européen de créer leur propre ligue : la Super League.

Raison invoquée : l'inadaptabilité du modèle économique de l'UEFA, face aux dettes colossales des gros clubs d'Europe, des difficultés financières accentuées par la crise sanitaire. « On sera tous morts en 2024 », tel fut, en substance, le message de Florentino Perez, le tout puissant président du Real Madrid et patron de la Super Ligue, qui n'a de cesse de tirer la sonnette d'alarme. La Super League sera-t-elle la solution pour que les grands clubs épongent leurs dettes ? Le point sur le sujet avec Dan Bloch.

Que se cache derrière la Super League ?

L'annonce a fait l'effet d'une véritable bombe dans le monde du football : douze grands clubs de foot européens (six anglais, trois italiens et trois espagnols) ont annoncé leur volonté de créer une Super Ligue, dirigée par eux, pour faire concurrence à la Ligue des Champions organisée par l'UEFA. Tout de suite, des voies se sont élevées en défense des valeurs du football, au premier rayon desquelles la méritocratie. Alexander Severin, président de l'UEFA, a été particulièrement virulent dans sa critique de la création de la Super Ligue, allant jusqu'à brandir des menaces d'exclusion des clubs concernés des compétitions organisées par l'instance du foot européen. Une question se pose avec insistance : qu'est-ce qui a motivé la volonté de ces douze clubs à sortir des normes du football européen ? Pour Dan Bloch, la réponse tient en un mot : la dette ! Il suffit en effet de se pencher sur la situation économique des clubs en question pour comprendre leur volonté de créer une ligue en vase clos, qu'ils dirigent et dont ils se portent garants. « Si on ne fait rien, en 2024, on sera tous morts ». Cette déclaration est celle de Florentino Perez, le puissant président du Real Madrid et patron de la Super League. Pour le président merengue, la Super League est le seul moyen d'éviter la disparition inéluctable des géants du foot européen, qui croulent sous les dettes. Le constat est sans appel. Mais qu'en est-il réellement ? Dan Bloch nous éclaire sur le sujet.

Dan Bloch : la dette grands clubs d’Europe est colossale

Au lendemain de l’annonce de la création de la Super League, le journal italien la Gazetta Dello Sport a fait état de l’endettement des clubs engagés dans la compétition fermée. Les chiffres sont, vous le verrez, effrayants. Au Royaume-Uni, les dettes de Chelsea et Tottenham ont dépassé la barre du milliard d’euros. Chelsea, tout particulièrement, affiche une dette record estimée à 1,510 milliard d’euro, suivi de son voisin londonien, Tottenham, avec 1,28 milliard d’euros. Les choses ne sont guère meilleures en Espagne, les deux plus grands clubs du pays, le FC Barcelone et le Real Madrid, affichant respectivement une dette de 1,173 milliard et 901 millions d’euros. Idem en Italie, avec 630,1 millions d’euros de dette à l’Inter Milan et 458 millions d’euros du côté de la Juventus de Turin. Pour Dan Bloch, il est somme toute normal que les grands clubs européens cherchent à combler le gouffre financier auquel ils font face via la création de la Super League. Mais est-ce réellement une solution de sortie de crise, ou y-a-t-il d’autres motivations cachées ? On ne saurait le dire pour le moment. Ce qui est sûr, c’est que les 3,5 milliards d’euros que souhaitent se partager les 12 clubs (soit 350 millions d’euros chacun) dans le cadre de la Super League sont bien supérieurs aux primes de performance de l’UEFA. A titre de comparaison, sachez que le Real Madrid et d’autres clubs similaires ont touché près de 90 millions d’euros en moyenne de primes cette saison.

L’après Super League

Face au tollé provoqué par l’annonce de création de la Super League, les six clubs anglais ont vite fait de sortir du projet, notamment sous les pressions énormes de leurs supporters. Le projet de Super League est mort-né, à la grande satisfaction de l’UEFA et de ses différents détracteurs. Mais pour Dan Bloch, cela ne veut pas dire que les problèmes du foot européen sont résolus, notamment les dettes. L’autre question à poser est relative à l’avenir du jeu, dans un contexte où le patron de la Super League continue de parler de celle-ci comme l’unique moyen de sortie de crise pour les grands clubs européens. Pour certains observateurs du foot européen, les déclarations de Florentino Perez tiennent plus de l’intox que de la réalité objective de la situation économique et financière des clubs. Ils sont certes fortement endettés, mais la crise a aussi permis à certains d’entre eux de profiter d’aides étatiques, sous forme de prêts à taux bas, en plus de réduire les salaires des joueurs. Selon ces observateurs, il existerait donc d’autres solutions de sortie de crise, notamment en travaillant sur les coûts de fonctionnement des clubs, et non seulement sur les recettes. Dans les grands clubs, Dan Bloch rapporte que les salaires des joueurs peuvent représenter jusqu’à trois quarts des dépenses. Réduire le train de vie s’impose donc comme une nécessité, que ce soit au niveau des salaires ou des indemnités de transfert.

Un fonds de secours de l’UEFA pour sauver les clubs endettés ?

Selon les informations révélées par le New York Times ce 18 août, l’UEFA compte mettre en place un fonds de secours de 6 milliards d’euros pour aider les clubs européens en difficultés financières, et notamment pour redynamiser le marché des transferts particulièrement stagnant en Espagne par exemple. Si la Premier League anglaise peut toujours compter sur les redevances télé élevées pour acheter des joueurs pour plus de 100 millions d’euros, l’Espagne a été impactée de plein fouet par la crise, ce qui se ressent sur la discrétion de ses clubs sur le marché des transferts. Rien n’est encore sûr, mais si elle venait à être appliquée, cette aide pourrait aider les clubs de foot européens à restructurer leurs dettes à des taux d’intérêt bas.

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