
Xavier Niel, président du conseil d'administration du groupe Iliad, a déclenché une vive controverse en ne se présentant pas le 26 février devant la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public, invoquant un empêchement urgent indépendant de sa volonté.
La commission d'enquête de l'Assemblée nationale, présidée par un député Horizons et rapportée par Charles Alloncle, député de l'Hérault (UDR), examine la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public. Xavier Niel, actionnaire majeur de Mediawan via sa holding NJJ Press, était convoqué aux côtés d'autres dirigeants comme Pierre-Antoine Capton.
L'audition, déjà aménagée en visioconférence pour lui, a été annulée in extremis à trente minutes du début. Le refus de comparaître devant une telle commission est théoriquement passible de sanctions pénales, jusqu'à deux ans de prison et 7 500 euros d'amende. Des investigations indépendantes ont révélé que Niel se trouvait alors tranquillement aux sports d'hiver à Courchevel, loin des travées de l'Assemblée. Cette information, relayée par des médias comme Off Investigation, alimente les critiques sur un possible mépris des institutions.
Reportée de cinq semaines, l'audition de Niel, Matthieu Pigasse et Jérôme Nommé a tourné au vinaigre dès les premières minutes le 2 avril. Interrogé sur son absence, Niel a explosé contre Charles Alloncle, l'accusant d'avoir transformé la commission en « cirque » et de propager des mensonges via ses publications sur X. « Je ne suis pas un clown », a-t-il lancé, listant les coûts des collaborateurs d'Alloncle financés par les dotations publiques. Le président de la commission a dû suspendre la séance face aux tensions. Niel a défendu les pratiques de Mediawan, niant tout enrichissement aux dépens de France Télévisions.
Charles Alloncle, actif sur X sous @CHAlloncle, n'a pas mâché ses mots. Le 26 février, il avait déjà dénoncé un « mépris manifeste pour le travail parlementaire », soulignant l'absence de motif valable malgré la dérogation visioconférence. Après l'audition, il a commenté la « rage inquiétante » de Niel, ironisant sur le « vacarme des puissants » qui masquent leurs comptes à rendre.
Cette passe d'armes intervient dans un contexte tendu pour les télécoms français, où Iliad et Free sont impliqués dans des négociations pour racheter des actifs SFR-Altice à Bouygues Telecom et Orange. L'affaire met en lumière les tensions entre entrepreneurs et parlementaires sur la transparence des financements médiatiques. Mediawan, producteur d'émissions phares, est scruté pour ses liens avec le service public, tandis que Niel, figure des opérateurs mobiles, défend farouchement son indépendance. Les échanges houleux ont discrédité la commission aux yeux de certains, mais renforcé le rôle de contrôle du Parlement.
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