Politique
 

Rapport Alloncle : et après ?

Frédéric SCHMITT
5 mai 2026 à 13h00

Adopté de justesse le 27 avril dernier par la commission d'enquête, le rapport de Charles Alloncle entre dans une phase active de suivi politique et législatif.

Le gouvernement, par la voix du Premier ministre Sébastien Lecornu, a déjà qualifié le rapport d'« occasion manquée ». Dans l'immédiat, les opérateurs (France Télévisions, Radio France) et Arcom vont analyser les recommandations et éventuellement commencer à mettre en œuvre celles qui relèvent de leur compétence directe : audits, registres d'intérêts, indice de pluralisme ou plans d'économies internes.

Rappelons que France Télévisions et Arcom n'ont aucune obligation légale de mettre en œuvre ces recommandations. Et quand bien même une loi serait votée, son application serait sujette au bon vouloir des intéressés, comme le démontre ce rapport qui a révélé de nombreuses irrégularités.

L'étape la plus concrète est fixée au 25 juin 2026. Le groupe Union des droites pour la République (UDR) utilisera sa niche parlementaire pour déposer une proposition de loi reprenant les mesures phares du rapport. Ce texte sera le principal véhicule législatif pour tenter de transformer en loi les préconisations sur la gouvernance, les nominations ou les obligations de neutralité.

Quel avenir pour ce rapport ?

Malgré son adoption, ce rapport très polarisant a peu de chances d'aboutir dans son intégralité. Les groupes d'opposition préparent déjà des contre-documents et la majorité présidentielle reste réservée. Les mesures techniques (audits, transparence, ratio d'encadrement) ont une probabilité raisonnable d'être appliquées. En revanche, les réformes structurelles les plus ambitieuses (fusions de chaînes, changement du mode de nomination des dirigeants ou plafonnement des dépenses) risquent fort de se heurter à un manque de consensus et de rester lettre morte.

L'avenir du rapport dépendra donc moins de son contenu que de la capacité de l'UDR à mobiliser au-delà de son camp et de la volonté réelle du gouvernement d'engager une réforme profonde de l'audiovisuel public. Sans ce double soutien, les 69 recommandations risquent de nourrir le débat médiatique plus qu'elles ne transformeront durablement le secteur.

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