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Procès Musk contre OpenAI : Elon Musk à la barre pour défendre la mission originelle de l'IA

Frédéric SCHMITT
30 avril 2026 à 09h59

Elon Musk a témoigné avec passion lors de la deuxième journée du procès intenté contre OpenAI, accusant ses anciens associés de trahison au nom de l'humanité.

Le duel judiciaire opposant l'homme le plus riche du monde au très riche Sam Altman, PDG d'OpenAI, a démarré lundi à Oakland, en Californie. Dès l'ouverture, la juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers a réprimandé les deux parties pour leurs échanges houleux sur les réseaux sociaux, soulignant la nécessité d'un débat serein. Musk réclame plus de 130 milliards de dollars de dommages et intérêts, arguant que OpenAI a abandonné sa mission fondatrice de développer une intelligence artificielle bénéfique pour tous, au profit d'intérêts commerciaux, notamment avec Microsoft.

Les origines du conflit

Cofondateur d'OpenAI en 2015 avec Sam Altman et Greg Brockman, Elon Musk a investi massivement dans l'entreprise naissante, convaincu par l'idée d'une IA open source et non lucrative. Mais en 2018, des divergences stratégiques l'ont poussé à quitter le navire. Musk reproche à ses ex-partenaires d'avoir transformé l'organisation en une entité à but lucratif, fermant le code source de modèles comme GPT-4 et nouant un partenariat exclusif avec Microsoft, évalué à des milliards. Pour illustrer ses griefs, il a qualifié Sam Altman de "Scam Altman" lors de son témoignage, affirmant avoir été "un fool" d'avoir financé l'aventure.

Un témoignage explosif

Mardi, Musk s'est présenté à la barre pour la première fois, sous les yeux d'Altman présent dans la salle. Interrogé par ses avocats, il a défendu farouchement la mission philanthropique d'OpenAI : "On ne peut pas voler une œuvre caritative impunément." Il a évoqué les risques existentiels de l'IA, déclarant que "l'IA pourrait tous nous tuer" si mal contrôlée, et accusé OpenAI de prioriser les profits sur la sécurité. Les échanges ont été tendus, Musk n'hésitant pas à railler les avocats adverses, provoquant des moments de tension palpable dans la salle d'audience.

De son côté, la défense d'OpenAI argue que Musk cherchait à contrôler l'entreprise et avait proposé un rachat en 2025, rejeté par le conseil. Altman dénonce l'hypocrisie de Musk, dont la société xAI concurrence directement OpenAI sur le marché de l'intelligence artificielle.

Enjeux pour l'avenir de l'IA

La juge Gonzalez Rogers doit trancher d'ici mi-mai sur trois points cruciaux : OpenAI a-t-elle violé sa charte fondatrice ? L'accord oral avec Musk est-il contraignant ? Le partenariat avec Microsoft est-il légitime ? Un verdict pourrait redéfinir les contours légaux des entreprises d'IA, entre open source et commercialisation.

Comme l'indique notre article récent sur le duel OpenAI-Musk, cette affaire s'annonce comme un révélateur des tensions autour de l'IA. Au-delà des attaques personnelles, Musk positionne son combat comme une défense de l'intérêt général face à une IA "juggernaut" conduit pour une profitabilité maximale. OpenAI, valorisée à plus de 150 milliards, voit sa restructuration et son éventuelle introduction en bourse sous le feu des critiques.

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