
C'est le Financial Times qui l'affirme : Airbus étudie la vente de ses activités spatiales aux États-Unis, alors que le groupe franco-allemand cherche à renforcer une stratégie centrée sur la production de satellites en Europe et sur la création d'un acteur paneuropéen via une fusion à trois.
Selon des sources proches du dossier, Airbus sonde actuellement l'intérêt de potentiels acquéreurs pour ses opérations américaines. Celles-ci comprennent une usine en Floride ainsi que la gamme de petits satellites Arrow, produits en série pour des usages commerciaux, gouvernementaux et de sécurité nationale.
En 2024, Airbus a pris le contrôle total de Airbus OneWeb Satellites (AOS) en rachetant les 50 % de parts qu'il ne détenait pas encore. Créée en 2016, la coentreprise a construit plus de 600 satellites pour la première génération de la constellation OneWeb, un réseau en orbite basse destiné à fournir une couverture internet mondiale.
Le groupe relocalise progressivement sa production satellitaire des États-Unis vers l'Europe, notamment via la fabrication de 440 satellites en orbite basse dans son usine de Toulouse, une étape qualifiée par Airbus de « nouvelle étape pour la souveraineté européenne ». Ces commandes proviennent d'Eutelsat, qui a repris OneWeb après sa faillite en 2022.
Bien qu'Airbus ne publie pas de chiffres détaillés pour ses activités spatiales américaines, deux sources estiment que celles-ci ont généré plusieurs centaines de millions de dollars de ventes. Le site de Merritt Island, en Floride, employait plus de 200 personnes, à proximité du Centre spatial Kennedy et des installations de Blue Origin. À titre de comparaison, Airbus compte environ 11 000 employés dans le monde pour ses activités spatiales.
La cession envisagée s'inscrit dans les efforts du groupe pour redresser une division en difficulté, qui a enregistré 989 millions d'euros de charges en 2024. En octobre, Airbus a conclu un accord avec Leonardo et Thales pour combiner leurs activités de la fabrication de satellites aux systèmes et services spatiaux afin de mieux rivaliser avec SpaceX et les acteurs chinois.
Le projet, baptisé Bromo, doit être examiné par les autorités antitrust européennes cette année, avec l'objectif de rendre la nouvelle entité opérationnelle en 2027. Selon certaines sources, les discussions autour d'un éventuel désinvestissement aux États-Unis ne seraient pas liées aux échanges entre Bromo et la Commission européenne concernant d'éventuelles mesures correctives.
Le projet de fusion a suscité des critiques de la part d'autres acteurs européens, notamment OHB en Allemagne et Indra Space en Espagne, alors que les trois partenaires misent sur une demande croissante de capacités satellitaires en Europe.
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