Royaume-Uni
 

Starmer impose un ultimatum aux géants du numérique

Frédéric SCHMITT
9 juin 2026 à 17h58

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a donné trois mois aux entreprises technologiques pour déployer des protections directement sur les appareils et empêcher les mineurs d'accéder, partager ou visionner du contenu sexuellement explicite, sous peine de sanctions légales sévères.

Apple (iOS) et Google (Android) se retrouvent directement visés par cette offensive. Si les protections ne sont pas intégrées aux smartphones et tablettes vendus au Royaume-Uni, le gouvernement promet une législation très contraignante. Les contrevenants risquent des amendes colossales et une responsabilité pénale personnelle pour les dirigeants.

Les déclarations du Premier ministre britannique soulignent l'ampleur du problème : les prédateurs sexuels continuent d'exploiter les appareils pour abuser de victimes, tandis que les enfants accèdent trop facilement à la pornographie. Toutefois, plutôt que de rechercher et arrêter les prédateurs sexuels, Starmer préfère se concentrer sur les riches géants de la tech. Les députés travaillistes (gauche) vont plus loin, qualifiant les dirigeants des réseaux sociaux de "sociopathes" indifférents au bien-être des enfants et exigeant une régulation obligatoire plutôt que des appels répétés à la responsabilité.

L'incertitude plane sur la capacité réelle des firmes à implémenter ces contrôles au niveau des appareils sans compromettre l'expérience utilisateur ou soulever des questions de vie privée. Le refus d'agir pourrait transformer les appareils en outils vulnérables, amplifiant les dangers pour des générations entières. Cette mesure s'ajoute à l'Online Safety Act existante, mais le ton monte d'un cran avec des obligations concrètes et des pénalités personnelles. En quelques sortes, le gouvernement britannique réclame à Apple et Google de filtrer le Net.

Apple et Google sont explicitement visés, tout comme d'autres acteurs du secteur. Les précédentes initiatives britanniques sur la sécurité en ligne et la protection des mineurs montrent une escalade constante des exigences. Des articles récents sur Apple et Google dans le collimateur de Londres ou les actions des régulateurs britanniques rappellent que les firmes ont déjà été interpellées à plusieurs reprises sur ces enjeux.

Le délai expire en septembre : tout retard expose à des conséquences légales directes. Les plateformes devront mettre en place des solutions rapidement ou affronter un cadre législatif bien plus contraignant.

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