
Dans un billet publié aujourd'hui sur son site, Martin Ajdari, président de l'Arcom, assume pleinement la défense de son institution face à des critiques simultanées et contradictoires.
Accusée tantôt de laxisme, tantôt de censure, l'autorité indépendante de régulation de l'audiovisuel et du numérique se voit contrainte de justifier publiquement sa méthodologie, dans un texte qui constitue avant tout une riposte institutionnelle aux assauts récents.
Le président évoque deux actualités précises. D'abord, la requête en référé-liberté rejetée par le Conseil d'État le 10 mars, qui reprochait à l'Arcom une prétendue « carence » dans le contrôle du pluralisme sur CNews et Europe 1, en application de la jurisprudence de 2024 sur l'absence de « déséquilibre manifeste et durable » des courants de pensée. M. Ajdari rappelle que l'institution instruit avec rigueur la saisine de Reporters sans frontières (RSF) (organisation accusée par ses détracteurs de militantisme de gauche radicale) tout en privilégiant les saisines externes pour préserver son impartialité. Avec une dizaine d'agents seulement, une surveillance permanente de toutes les antennes serait, selon lui, irréaliste et intrusive.
Ensuite, il justifie les sanctions prononcées contre CNews pour défaut de maîtrise de l'antenne, notamment à la suite de propos jugés incitateurs à la haine. Répondant à une tribune critique parue dans Le Figaro, il insiste : ces décisions visent exclusivement les éditeurs responsables, après procédure contradictoire, et ne constituent pas une atteinte à la liberté d'expression des intervenants.
Ce plaidoyer en faveur de l'équilibre et de l'indépendance de l'Arcom sonne comme une défense légitime d'une institution régulièrement prise entre deux feux. Pourtant, le timing interroge... Publié 4 jours après le premier tour des élections municipales et 3 jours avant le second, le billet intervient en pleine période électorale, alors que l'Arcom suit précisément l'équilibre des temps de parole. Même si la campagne officielle est close, ce timing pourrait être perçu comme inopportun, risquant d'alimenter les soupçons de partialité dans un paysage médiatique déjà assez polarisé comme ça.
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