Intelligence artificielle (IA)
 

IA : l'Allemagne et les Pays-Bas sont les principaux pôles européens de talents

Carlos PIRES
4 mai 2026 à 17h12

Une nouvelle analyse des données de Revelio Labs, couvrant 616 millions de profils professionnels dans le monde en septembre 2025, montre que l'Europe renforce sa position dans la compétition mondiale pour les talents en intelligence artificielle.

Mais cette progression s'accompagne d'un recul marqué de la diversité, notamment en matière de parité.

Les données indiquent que l'Allemagne et les Pays-Bas concentrent désormais une part importante des chercheurs et ingénieurs en IA au sein de l'Union européenne. L'Irlande et Singapour apparaissent également comme des pôles mondiaux de forte densité.

En volume absolu, les États-Unis et l'Inde restent en tête, même si les données chinoises sont incomplètes. Un mouvement notable apparaît toutefois : la part des travailleurs américains choisissant un emploi à l'étranger est passée de 3 % en 2021 à près de 6 % en 2025.

L'accord de libre-échange UE-Inde, qui facilite la mobilité des talents technologiques, devrait par ailleurs accroître la présence de professionnels formés en Inde au sein de l'UE.

Plusieurs pays européens voient progresser la part de professionnels de l'IA formés localement : l'Allemagne, la Finlande et la Suisse.

Mais cette dynamique reste inégale. En France, le nombre de visas de travail salariés a chuté de près de 16 % en un an, réduisant l'apport de talents internationaux. L'analyse souligne que le développement des compétences locales ne peut se substituer à l'attraction de talents étrangers : affaiblir l'un fragilise l'autre.

Malgré l'expansion rapide des effectifs en IA, la représentation des femmes diminue dans plusieurs pays européens.

En Allemagne, l'écart entre hommes et femmes dans les métiers de l'IA s'est creusé de 4 points en un an.

Aux Pays-Bas, la proportion de femmes développeuses ou ingénieures recule également.

Plus un poste est spécialisé en IA, moins les femmes y sont représentées. L'Europe risque ainsi de développer ses capacités en s'appuyant sur un vivier trop restreint.

L'étude rappelle, en outre, que les flux de talents évoluent sous l'effet des politiques migratoires. Pour la première fois depuis des années, plus de talents en IA quittent les États-Unis pour l'Europe que l'inverse. La part des professionnels formés en Chine diminue dans plusieurs grands pôles d'accueil, Pékin renforçant ses stratégies de rétention. Les talents formés en Inde gagnent en importance dans les écosystèmes occidentaux, comme le soulignent les leaders européens en matière d'IA.

L'analyse conclut que les politiques publiques doivent aborder simultanément le développement des compétences locales, l'attraction internationale, la fidélisation et la diversité.

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