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Artemis II : les astronautes NASA filent vers la Lune après un décollage triomphal

Frédéric SCHMITT
2 avril 2026 à 23h01

Le lancement réussi de la mission Artemis II hier, 1er avril, marque le retour des humains en direction de la Lune après plus de 50 ans d'absence, avec quatre astronautes à bord de la capsule Orion propulsée par la fusée SLS.

Un équipage expérimenté aux commandes

Reid Wiseman, commandant de la mission, pilote cette odyssée aux côtés de Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen, ce dernier représentant l'Agence spatiale canadienne. Tous ont déjà une expérience significative en orbite terrestre, notamment sur la Station spatiale internationale, ce qui renforce la confiance dans cette première mission habitée du programme Artemis. La capsule Orion, développée par Lockheed Martin, et la fusée super lourde SLS, construite par Boeing, ont décollé sans accroc du centre spatial Kennedy en Floride, sous les yeux de millions de spectateurs.

Premières manœuvres orbitales réussies

Moins de 24 heures après le décollage, l'équipage a accompli plusieurs étapes critiques. Le burn (ou poussée, en français) de relèvement du périgée, effectué tôt ce 2 avril, a placé Orion en orbite terrestre haute stable, alignée sur la trajectoire lunaire. Les opérations de proximité, démontrant les capacités de pilotage manuel de la capsule, ont été bouclées avec succès, suivies d'un bref repos pour l'équipage avant le prochain burn d'apogée. Selon les dernières mises à jour de la NASA, la trajectoire est nominale, avec une arrivée prévue en vue de la Lune autour du 6 avril pour un survol rapproché.

Des défis techniques mineurs, vite résolus

Malgré ce parcours fluide, deux incidents mineurs ont ponctué les premières heures de vol, rappelant que même à des centaines de kilomètres de la Terre, les aléas quotidiens persistent. D'abord, un problème avec le Universal Waste Management System, le système de gestion des déchets d'Orion communément appelé "toilettes spatiales". Un ventilateur défaillant a causé un clignotement d'alerte peu après le lancement, perturbant temporairement la succion nécessaire en apesanteur pour éviter la dispersion des déchets. L'équipage et les équipes au sol ont rapidement diagnostiqué et corrigé la panne, restaurant les opérations normales. Ce système innovant, testé lors d'Artemis I, représente un bond en avant par rapport aux solutions primitives des missions Apollo.

Puis, dans un clin d'œil savoureux aux tracas terrestres, le commandant Wiseman a signalé un bug avec Microsoft Outlook : deux boîtes mail intrusives et un dysfonctionnement de la boîte de réception, obligeant la NASA à jouer l'assistance informatique à distance. Les WC et Microsoft Outlook ont désormais un point commun supplémentaire.

Préparatifs longs et méticuleux

Le chemin vers ce lancement n'a pas été de tout repos. Initialement prévue pour fin 2024, la mission a accumulé les reports en raison de soucis techniques sur SLS et Orion, comme un problème d'hélium dans la fusée qui a décalé le tir à avril 2026. Des tests de remplissage cryogénique et des répétitions générales ont validé la stack finale au pas de tir 39B.

Objectifs scientifiques et exploration

Au-delà du vol de démonstration, Artemis II testera les systèmes vitaux pour les missions futures : navigation, communications en deep space, et opérations en apesanteur prolongée. Les astronautes réaliseront des expériences sur la radiation lunaire et la photographie haute résolution de la face cachée. Cette mission pave la voie pour Artemis III, prévue atterrir près du pôle sud lunaire en 2027.

L'équipage communique régulièrement avec Houston, partageant des vues époustouflantes de la Terre et des premières images stellaires. Prochain jalon majeur : le burn d'apogée qui les propulsera définitivement hors de l'orbite terrestre. À ce jour, tous les paramètres vitaux d'Orion sont verts, et l'enthousiasme est palpable au contrôle de mission.

Vers un nouveau chapitre lunaire

Avec ces avancées, Artemis II confirme la viabilité du duo SLS-Orion pour l'exploration humaine au-delà de l'orbite basse. Les ingénieurs surveillent de près les performances des moteurs principaux et des panneaux solaires déployés. L'arrivée lunaire offrira des données inestimables pour les futures bases permanentes.

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