Europe
 

Iris², le "Starlink européen" a déjà du plomb dans l'aile

Frédéric SCHMITT
30 décembre 2025 à 13h13  
13

Le projet européen IRIS², constellation multi-orbites de satellites pour des communications sécurisées, fait face à des réserves persistantes de l'Allemagne.

Bien que Berlin reste le principal contributeur via les deniers des citoyens européens, son ministère de la Défense envisage déjà un système national concurrent à IRIS², avec un investissement de 35 milliards d'euros d'ici 2030 pour des programmes spatiaux militaires.

IRIS² vise à fournir une connectivité souveraine haut débit et sécurisée aux gouvernements, armées et entreprises européennes. Le contrat de concession, signé en décembre 2024 avec le consortium SpaceRISE (SES, Eutelsat, Hispasat), prévoit un coût total d'environ 10,6 milliards d'euros, dont 6 milliards publics. Le déploiement complet est attendu pour 2030-2031.

Lors de la réunion ministérielle de l'ESA à Brême en novembre 2025, les États membres, y compris l'Allemagne, ont soutenu les contributions techniques à IRIS². Cependant, des tensions subsistent depuis 2024, Berlin critiquant les coûts élevés et un déséquilibre perçu en faveur d'industriels français.

L'Allemagne explore une constellation dédiée aux communications et à l'observation militaire, potentiellement compatible mais priorisant les besoins nationaux. Ce projet, soutenu par la Bundeswehr, reflète des préoccupations budgétaires et une volonté d'autonomie stratégique. Malgré cela, Berlin semble pour l'instant maintenir son financement européen, évitant un refus formel d'augmenter sa participation.

Ces divergences risquent de fragmenter les efforts spatiaux européens, affaiblissant la concurrence face à Starlink ou à des acteurs géopolitiques. La Commission européenne appelle à une interopérabilité renforcée pour préserver l'unité du projet.

!

Pour lire les commentaires et participer, vous devez vous identifier.

Connectez-vous ou devenez membre pour participer et profiter d'autres avantages.